16 mars 2017 / 16:42 / il y a 6 mois

La Bank of England vote le statu quo, mais pas à l'unanimité

La Banque d'Angleterre (BoE) a laissé jeudi sa politique monétaire inchangée mais contrairement à ce qui était attendu, ce vote n'a pas été unanime pour la première fois depuis juillet, signe que les divisions pourraient s'accentuer. /Photo prise le 14 février 2017/REUTERS/Hannah McKay

LONDRES (Reuters) - La Banque d‘Angleterre (BoE) a laissé jeudi sa politique monétaire inchangée mais contrairement à ce qui était attendu, ce vote n‘a pas été unanime pour la première fois depuis juillet, signe que les divisions pourraient s‘accentuer.

Huit des neuf membres du comité de politique monétaire (MPC) de l‘institution ont voté le maintien du taux directeur à 0,25%, son plus bas niveau historique; Kristin Forbes, qui quittera la banque centrale en juin, s‘est prononcée pour un relèvement à 0,5%.

Il y a eu en revanche unanimité pour ne pas modifier le programme d‘achats d‘obligations d‘Etat et d‘entreprises, comme s‘y attendaient les économistes interrogés par Reuters.

Kristin Forbes, qui reprendra sa carrière universitaire aux Etats-Unis après son départ de la BoE, avait déjà laissé entendre qu‘elle commençait à être en désaccord avec le maintien des taux à leur plus bas niveau historique.

Dans un communiqué, la Banque d‘Angleterre ajoute qu‘il ne faudrait pas grand-chose pour que d‘autres membres du MPC suivent le même chemin que Kristin Forbes.

“Certains membres ont noté qu‘il ne leur faudrait que quelques données positives supplémentaires en matière de perspectives d‘activité ou d‘inflation pour les amener à envisager qu‘une politique monétaire moins accommodante puisse être justifiée dans l‘immédiat”, précise la BoE.

La livre sterling a gagné un demi-point de pourcentage face au dollar après ces annonces et a atteint son plus haut niveau depuis deux semaines tandis que le prix des obligations souveraines britanniques ont baissé face au risque que d‘autres membres du MPC vote bientôt en faveur d‘une hausse de taux.

VIRAGE

“On est clairement à un tournant”, dit Ross Walker, économiste chez RBS. “Cela nous amène au point où il y aura probablement plus de dissensions (entre les membres du MPC) plus tôt que prévu, à moins bien sûr que l‘économie se détériore plus rapidement que ce que la Banque d‘Angleterre a prévu en février.”

Les économistes interrogés par Reuters s‘attendaient à ce que les neuf membres du MPC votent pour un statu quo sur les taux.

La banque centrale britannique ajoute qu‘elle s‘attend à voir l‘inflation grimper à environ 2% au cours des prochains mois, ce qui correspond à son objectif en la matière.

Sur la croissance, la BoE anticipe désormais une hausse de 0,6% du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre, contre une précédente estimation de +0,5%.

La plupart des économistes ont fait savoir qu‘ils ne s‘attendaient pas à une hausse des taux avant 2019 au plus tôt.

Lors de leur réunion, les responsables de la politique monétaire ont surtout détecté des signes indiquant que les consommateurs devenaient plus prudents avec le ralentissement de la croissance des salaires et de la hausse de l‘inflation en raison de la baisse de la livre après le vote en faveur d‘un “Brexit”.

La Banque d‘Angleterre ne semble donc pas pressée dans l‘immédiat de suivre l‘exemple de la Réserve fédérale américaine qui a relevé ses taux directeurs mercredi, pour la troisième fois depuis la crise financière mondiale.

“La croissance des salaires reste faible, ce qui est cohérent avec le point de vue du comité selon lequel il reste quelques capacités excédentaires sur le marché du travail et il y avait eu quelques signes montrant que le coup de frein à la croissance du revenu réel des ménages commençait à se faire sentir au niveau des dépenses, comme prévu”, écrit la banque centrale dans les “minutes” de sa réunion de jeudi.

Des indicateurs sur le marché de l‘emploi publiés mercredi ont montré une croissance plus faible que prévu des salaires au Royaume-Uni, à 2,2% sur la période novembre-janvier, alors que la BoE attend une croissance de 3% sur l‘année 2017.

William Schomberg et Andy Bruce, Benoit Van Overstraeten et Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand

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