8 mars 2017 / 17:43 / il y a 5 mois

Suez rachète GE Water pour doper son exposition aux industriels

Le Directeur Général de Suez Environnement Jean-Louis Chaussade. La société a annoncé mercredi le rachat, avec la Caisse de dépôt et placement du Québec, de GE Water, la filiale de l'américain GE spécialisée dans le traitement de l'eau industriel, pour 3,2 milliards d'euros. /Photo d'archives/Christian Hartmann

PARIS (Reuters) - Suez a annoncé mercredi le rachat pour 3,2 milliards d'euros de GE Water, filiale de l'américain GE spécialisée dans le traitement de l'eau des industriels, en partenariat avec la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).

Cette opération permettra au n°2 mondial de la gestion de l'eau et des déchets derrière Veolia de doper son exposition à l'international et auprès des industriels, segment qu'il juge parmi les plus prometteurs de son portefeuille d'activités.

L'acquisition de GE Water, dont la finalisation est prévue pour l'été, sera payée en numéraire par l'intermédiaire d'un financement relais, lui-même ensuite refinancé à travers notamment une augmentation de capital de 750 millions d'euros.

Les principaux actionnaires de Suez, à savoir Engie (32,6% du capital), CriteriaCaixa (5,7%) et Caltagirone (3,5%), se sont d'ores et déjà engagés à souscrire à cet appel au marché à hauteur de leurs participations respectives.

Suez estime le marché mondial de l'eau industrielle à 95 milliards d'euros, avec une croissance attendue de 5% par an, soutenue par les réglementations et les objectifs de performances économiques et environnementales.

Sur ce marché, GE Water réalise notamment 50% de son chiffre d'affaires aux Etats-Unis, 20% en Europe, 7% en Chine et 6% en Amérique latine.

Les ventes de l'entreprise, qui emploie 7.500 personnes, ont atteint quelque 2,1 milliards de dollars en 2016 (2 milliards d'euros environ), à comparer avec les 500 millions d'euros de chiffre d'affaires que Suez réalise aujourd'hui auprès des industriels (avec 2.500 salariés).

Le rachat de GE Water permettra à Suez d'augmenter nettement la part de son chiffre d'affaires à l'international, à quelque 39% contre 32,5% en 2016.

UN MOUVEMENT "QUASIMENT HISTORIQUE"

"Stratégiquement c'est un mouvement très important, quasiment historique pour Suez", a estimé son directeur général, Jean-Louis Chaussade, lors d'une conférence téléphonique.

Le dirigeant a également souligné que GE Water apporterait à son groupe une forte composante technologique et numérique lui permettant de se développer dans la maintenance prédictive ou encore la gestion en temps réel de ses activités.

Jean-Louis Chaussade a en outre déclaré que GE Water permettrait aussi à Suez de proposer des offres combinées de gestion de l'eau et des déchets aux grands clients industriels, et donc d'accélérer sa croissance dans le recyclage et la valorisation.

"De plus en plus de clients souhaitent que nous leur vendions des services qui concernent l'empreinte écologique, et donc à la fois l'eau et les déchets."

Suez a chiffré à 65 millions d'euros ses synergies de coûts avec GE Water sur une base annualisée, dont 80% seront réalisés au terme de la troisième année, les synergies de revenus étant quant à elles estimées à 200 millions par an.

L'opération aura un impact relutif sur le bénéfice net par action de Suez et sur son free cash-flow dès la première année , puis un effet relutif à deux chiffres sur son bénéfice net par action grâce aux synergies de coûts en année pleine.

L'acquisition de GE Water se fera à travers un partenariat à 70%-30% avec CDPQ, Suez devant par ailleurs apporter ses activités similaires à celles de la société américaine à une nouvelle entité dédiée aux activités d'eau industrielle.

Le prix d'acquisition de GE Water - pour laquelle le fonds Clayton, Dubilier & Ricer était également en lice - représente 10 fois l'Ebitda 2016 de la société, incluant les synergies de coûts, et 12,8 fois le cash-flow opérationnel incluant ces mêmes synergies.

Pour cette opération, Suez a été conseillé par Morgan Stanley et Société générale tandis que GE l'a été par Citi et Goldman Sachs.

Engie, que la presse disait ces derniers mois désireux de reprendre le contrôle de Suez après avoir laissé expirer un pacte d'actionnaires en 2013, a salué le rachat de GE Water, précisant que sa participation à l'augmentation de capital prévue atteindrait environ 240 millions d'euros.

"A l'occasion de cette opération et afin d'approfondir leur coopération industrielle et commerciale, Engie et Suez développeront de nouvelles synergies (et) mettront par ailleurs en place un dispositif de collaboration renforcée, notamment dans les services aux industriels", a précisé le groupe dans un communiqué.

Veolia avait pour sa part indiqué en février avoir étudié un rachat de GE Water mais ne pas avoir jugé ses actifs intéressants.

Avec Geert De Clercq, édité par Matthieu Protard

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