6 mars 2017 / 17:54 / dans 8 mois

Peugeot Scooters renoue avec la croissance

STRASBOURG/GENEVE (Reuters) - Peugeot Scooters, qui fut il y a plus de cent ans le premier constructeur au monde d‘un deux-roues motorisé, a renoué avec la croissance et réduit ses pertes deux ans après la vente par PSA de 51% du capital au groupe indien Mahindra.

Peugeot Scooters, qui fut il y a plus de cent ans le premier constructeur au monde d'un deux-roues motorisé, a renoué avec la croissance et réduit ses pertes deux ans après la vente par PSA de 51% du capital au groupe indien Mahindra. /Photo d'archives/REUTERS/Jacky Naegelen

Fruit des restructurations menées depuis une dizaine d‘années, dont le transfert des produits d‘entrée de gamme dans une coentreprise créée avec Qinjqi en Chine, cette embellie résulte aussi d‘une stratégie de montée en gamme et d‘internationalisation, explique le directeur général du fabricant de deux roues, Frédéric Fabre, dans un entretien à Reuters.

Les volumes sont en hausse de 6% en 2016, avec 65.500 scooters vendus, tandis que le chiffre d‘affaires - qui n‘est pas publié mais tourne autour de 100 millions d‘euros, selon des sources syndicales – est en progression de 10%.

“Nous continuons à tabler sur une croissance de 5% à 10% en volume pour 2017”, poursuit Frédéric Fabre. “Notre part de marché en Europe sur le segment haut de gamme, celui de 125 cc et plus, est passée de 4,8% à 5,2% entre 2015 et 2016. C‘est un niveau historique pour Peugeot Scooters.”

Sur les petites cylindrées de 50 cc, la part de marché en Europe est restée stable à 14,1%. Du coup, le poids de ces modèles, qui constituaient traditionnellement 80% des ventes de Peugeot Scooters, a continué de baisser et ne représentait plus que 63% l‘an dernier.

“Nous devrions être à environ 55% en 2017 et à l‘horizon 2018, nous aurons inversé le rapport, c‘est-à-dire que nous prévoyons de vendre davantage de fortes cylindrées”, ajoute Frédéric Fabre, à la tête de l‘entreprise depuis 2013.

MANDEURE REPASSERAIT LA BARRE DES 10.000 UNITÉS

Cette révolution, qui s‘inscrit dans le plan stratégique 2016-2018 défini avec Mahindra, doit contribuer à rétablir l‘équilibre financier de l‘entreprise qui perd de l‘argent chaque année depuis 2000.

“Nous avons stoppé l‘hémorragie en 2013-2014 et les pertes ont été divisées par plus que deux”, poursuit le DG de Peugeot Scooters. Le plan fixe un Ebitda à l‘équilibre pour 2018.

La montée en gamme doit aussi assurer le plan de charge de l‘usine de Mandeure, dans le Doubs. Elle ne produit plus qu‘environ 10% des volumes, mais concentre, avec 400 salariés, la Recherche & Développement et la production des gros modèles: Satelis, Citystar et l‘imposant Metropolis de 400 cc.

La production du site, où pas moins de 1.500 personnes travaillaient encore il y a quinze ans, devrait effacer en 2017 la baisse de 7% enregistrée l‘an dernier, pour atteindre 10.900 engins contre 9.744 unités produites en 2016.

Ces prévisions laissent dubitatifs Dorian Chognard, secrétaire du syndicat CGT. “L‘an dernier, on nous avait annoncé 14.500 unités, puis c‘était revenu à 11.000”, observe-t-il.

Le marché du deux roues a explosé dans les années 2000 en France et en Europe grâce à une demande de clients urbains voulant s‘affranchir de la congestion automobile, mais n‘a ensuite cessé de baisser à partir de 2008. Toujours trusté par les Japonais, l‘allemand BMW et l‘italien Piaggio, il reprend depuis quelques années des couleurs mais reste très concurrentiel.

Pour tenter de faire la différence, Peugeot Scooters présentera à Genève plusieurs nouveautés: un Métropolis à freinage ABS et warning automatique lors des freinages d‘urgence et un scooter premium à grandes roues, le Belville, en partie conçu en France mais produit en Chine. Suivra un nouveau GT (Grand tourisme) l‘an prochain à Mandeure.

La stratégie d‘internationalisation a été marquée par le retour de la marque sur le marché vietnamien avec un millier de scooters écoulés sur les deux derniers mois de 2016. Peugeot espère en vendre 5.000 en 2017, sur un marché premium de 300.000 véhicules. A terme, l‘Europe ne devrait plus peser que 50% des ventes, contre 80% jusqu‘en 2015.

Aux syndicats qui regrettent de ne pas voir davantage de retombées du partenariat avec Mahindra, Frédéric Fabre répond que le groupe indien a confié à Peugeot Scooters le design de ses deux roues, jusqu‘ici sous-traité en Italie, et la commercialisation en Europe des scooters électriques GenZe - troisième nouveauté à partir de mardi sur le stand Peugeot à Genève - produits actuellement par Mahindra aux Etats-Unis.

Edité par Jean-Michel Bélot

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