24 février 2017 / 06:21 / il y a 9 mois

L'augmentation de capital d'UniCredit massivement souscrite

MILAN (Reuters) - UniCredit a annoncé jeudi que son augmentation de capital de 13 milliards d‘euros avait été souscrite pratiquement en totalité, un signe fort pour la stratégie de redressement voulue par son administrateur délégué Jean-Pierre Mustier.

UniCredit a annoncé jeudi que son augmentation de capital de 13 milliards d'euros avait été souscrite pratiquement en totalité, un signe fort pour la stratégie de redressement voulue par son administrateur délégué Jean-Pierre Mustier. /Photo d'archives/REUTERS/Stefano Rellandini

Dans un communiqué, la première banque italienne a fait état d‘un taux de souscription de 99,8% pour cette opération d‘un montant inédit dans le pays. L‘offre restera ouverte à la Bourse de Milan jusqu‘au 27 février pour les droits non exercés.

Ce succès marque également une étape importante pour les efforts du gouvernement italien qui tente de remettre sur pied un secteur bancaire mis à mal par une montagne de créances douteuses de 356 milliards d‘euros, l‘équivalent d‘un cinquième du produit intérieur brut national.

L‘argent ainsi levé permettra à UniCredit de reconstituer son capital après un nettoyage de bilan ayant conduit à une perte de 13,6 milliards d‘euros au quatrième trimestre.

Le groupe a provisionné 10 milliards d‘euros pour couvrir des pertes sur prêts avant la cession prévue de 17,7 milliards d‘euros de créances douteuses.

Seule banque italienne considérée d‘importance systémique au niveau mondial, UniCredit affiche des ratios de solvabilité inférieurs à ses concurrentes bien qu‘ayant levé 14,5 milliards d‘euros lors de trois augmentations de capital depuis le début de la crise financière en 2008.

Engagé en juillet pour redresser la banque, Jean-Pierre Mustier a dans un premier temps cédé des actifs comme la filiale de banque en ligne FinecoBank, la banque polonaise Pekao ou le gestionnaire d‘actifs Pioneer, ce qui lui a permis de récupérer plus de huit milliards d‘euros.

Le banquier d‘investissement français a ensuite présenté le 13 décembre un nouveau plan stratégique prévoyant l‘augmentation de capital et une restructuration qui passera par la suppression de 14.000 emplois d‘ici 2019, lui-même s‘imposant une baisse de rémunération de 40%.

Grâce à des économies annuelles de 1,7 milliard d‘euros, le plan vise un bénéfice net de 4,7 milliards d‘euros en 2019, en dépit d‘une croissance des revenus limitée à 0,6% par an.

“Autrefois les stratégies d‘UniCredit reposaient sur la taille et la croissance mais maintenant c‘est différent. L‘accent est mis sur la réduction des coûts et des risques, la croissance étant un objectif secondaire (...) Nous applaudissons cette approche (...)” ont écrit cette semaine les analystes de Berenberg en relevant leur conseil à “achat” sur le titre.

Valentina Za, Véronique Tison pour le service français

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