22 février 2017 / 15:20 / il y a 9 mois

ThyssenKrupp met fin à sa coûteuse aventure dans les Amériques

SAO PAULO/ESSEN (Reuters) - Avec la vente de son aciérie brésilienne CSA au groupe Ternium pour 1,26 milliard d‘euros, ThyssenKrupp met un terme à ses velléités d‘expansion outre-Atlantique qui lui auront coûté des milliards d‘euros.

Dette comprise, l‘accord annoncé mardi soir par les deux groupes confère une valorisation de 1,5 milliard d‘euros à CSA, le plus important projet d‘investissement étranger au Brésil.

C‘est bien moins que les trois milliards de dollars (2,85 milliards d‘euros) initialement espérés par certains analystes mais cela permet au groupe industriel allemand de refermer le douloureux chapitre de sa filiale Steel Americas.

Steel Americas, qui comprenait aussi une aciérie dans l‘Alabama vendue dès 2014, a accumulé quelque huit milliards d‘euros de pertes sur les dernières années.

Guido Kerkhoff, le directeur financier de Thyssenkrupp, a affirmé que la cession de CSA constituait “clairement un signal positif” pour les discussions en cours entre le groupe allemand et l‘indien Tata Steel en vue d‘une possible fusion de leurs activités sidérurgiques en Europe.

ThyssenKrupp devra comptabiliser une charge de dépréciation de 900 millions d‘euros liée à CSA, ce qui devrait pousser ses comptes dans le rouge pour cette année, mais il s‘attend à une nette baisse de son endettement quand la cession sera finalisée d‘ici la fin septembre.

La nouvelle a été bien accueillie à la Bourse de Francfort où le titre ThyssenKrupp s‘adjuge 4,68% à 24,26 euros vers 15h00 GMT, la plus forte hausse du Dax-30 et de l‘indice paneuropéen Stoxx 600.

“Avec cette vente, une étape importante de la transformation du groupe peut être franchie et cela permettra de refermer le chapitre très négatif de Steel Americas”, écrit Dirk Schlamp, analyste de DZ Bank, dans une note.

L‘opération permet aussi au groupe de réduire son exposition aux taux de change et au risque d‘un regain de protectionnisme aux Etats-Unis, relèvent les analystes.

Depuis plusieurs années, Thyssenkrupp se détourne de la sidérurgie pour se focaliser sur des activités plus rentables comme les ascenseurs, sous-marins et composants automobiles. Parallèlement, le groupe se recentre sur l‘Europe où il accroît ses investissements.

La vente de CSA ramène la part de l‘acier dans son chiffre d‘affaires à moins de 25%.

Reuters avait fait état en octobre de discussions avancées entre Thyssenkrupp et Ternium, qui est la filiale sidérurgique du groupe italo-argentin Techint.

Patrick Vignal et Véronique Tison pour le service français

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