16 février 2017 / 13:07 / il y a 6 mois

L'Opep pourrait accentuer les réductions de production

Le quartier général de l'Opep à Vienne. L'Organisation des pays exportateurs de pétrole pourrait prolonger son accord de réduction de la production avec les pays producteurs non-membres voire mettre en oeuvre des baisses plus importantes à partir du mois de juillet si les stocks de brut ne parviennent pas à descendre au niveau ciblé, ont dit des sources internes au cartel. /Photo prise le 29 novembre 2016/Heinz-Peter Bader

RIYADH (Reuters) - L'Opep pourrait prolonger son accord de réduction de la production avec les pays producteurs non-membres voire mettre en oeuvre des baisses plus importantes à partir du mois de juillet si les stocks de brut ne parviennent pas à descendre au niveau ciblé, ont dit des sources internes au cartel.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ainsi qu'un certain nombre de pays extérieurs comme la Russie ont conclu un accord en novembre pour réduire leur production de 1,8 million de barils par jour (bpj) afin de désengorger le marché et de faire remonter les cours. L'accord est entré en vigueur le 1er janvier pour une durée de six mois.

Pour que les stocks mondiaux de brut diminuent d'environ 300 millions de barils et retrouvent leur niveau moyen sur les cinq dernières années, les pays producteurs doivent respecter à 100% leurs engagements de réduction de leur production et la croissance de la demande doit demeurer soutenue, ont dit les sources.

"Si tout le monde tient ses engagements complètement, les stocks baisseront. A un moment, au milieu de l'année, ils pourraient s'approcher de la moyenne sur cinq ans", a dit l'une des sources.

"La question est de savoir de combien ils vont baisser. Pour cela, il n'y a qu'à attendre, et voir",

La prochaine réunion de l'OPEP sur sa politique de l'offre aura lieu le 25 mai et des pays non-membres pourraient y être invités.

Grâce notamment aux efforts de l'Arabie saoudite, l'Opep a réalisé en janvier plus de 90% des baisses de production auxquelles elle s'est engagée, selon des chiffres publiés lundi par le cartel. [nL8N1FY4Z6]

Des représetants des 13 pays membres de l'OPEP, dont le ministre saoudien de l'Energie, Khalid al-Falih, ont dit que les stocks de brut devaient revenir à leur niveau moyen des cinq dernières années pour que l'Organisation considère que le marché a renoué avec un certain équilibre.

Une réduction de la production de 1,8 million de bpj pendant une période de six mois devrait permettre de réduire l'offre d'environ 300 millions de barils sur la période, selon des sources du secteur pétrolier et de l'OPEP.

Du fait des délais nécessaires à l'obtention de données fiables sur le niveau des stocks, il est peu probable que l'ampleur de la réduction soit connue avec précision lors de la réunion de l'OPEP en mai.

"Si les pays se tiennent (à leurs engagements), cela sera certainement encourageant", a dit une autre source interne à l'OPEP, ajoutant que l'accord sur la réduction de l'offre pourrait être prolongé d'ici mai si tous les grands producteurs font preuve d'une "réelle coopération".

Les stocks mondiaux de brut étaient repassés en dessous de la barre des trois milliards de barils à la fin décembre mais ils demeuraient alors supérieurs de 286 millions de barils à leur niveau moyen sur cinq ans, a dit l'Agence internationale de l'énergie (AIE) la semaine dernière.

Sur ces 286 millions de barils, environ la moitié correspondait à du pétrole brut et à du gaz naturel liquéfié (GNL) et l'autre moitié à des produits dérivés du pétrole.

"En tant que producteur de pétrole, il faut d'abord réduire le brut. Les produits dérivés baisseront ensuite", a dit une troisième source interne à l'OPEP.

Les réductions de l'OPEP ont principalement concerné des pétroles lourds et moyens. Les Etats-Unis, qui ne sont pas partie prenante de l'accord et produisent principalement du pétrole léger, pourraient augmenter leurs exportations, ce qui entraînerait une baisse de leurs stocks de brut comme de produits raffinés.

Mais cela pourrait prendre plus de six mois, surtout si la période de maintenance des raffineries aux Etats-Unis au cours du premier trimestre se traduit par une augmentation des stocks de brut.

"Même si les choses vont dans la bonne direction, que l'accord a été bien respecté, il y a de fortes chances et une probabilité élevée que l'OPEP décide de poursuivre ce processus", a dit Richard Mallison, analyste chez Energy Aspects.

avec Ahmad Ghadar à Londres, Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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