10 février 2017 / 11:29 / il y a 9 mois

L'alliance Renault-Nissan ne changera pas avec l'Etat au capital

PARIS (Reuters) - Renault et Nissan sont prêts à renforcer leur structure capitalistique mais celle-ci ne changera pas tant que l‘Etat français restera au capital de Renault, a déclaré vendredi Carlos Ghosn.

La structure capitalistique de l'alliance de Renault avec Nissan ne changera pas tant que l'Etat français restera au capital de Renault. /Photo prise le 9 février 2017/REUTERS/Toru Hanai

“Suite au ‘soap opera’ des droits de vote doubles et à la discussion avec l‘Etat français, Nissan a dit très clairement durant ces discussions qu‘il n‘acceptera aucune évolution de la structure du capital tant que l‘Etat français demeurera actionnaire de Renault”, a répondu le PDG de Renault et de Nissan, interrogé en conférence de presse sur d‘éventuels changements dans la structure de l‘alliance entre les deux constructeurs automobiles.

“Donc, le jour où l‘Etat français décide de sortir, tout est ouvert, et je peux vous dire que ça ne traînera pas. Mais tant qu‘il veut rester un actionnaire de Renault, l‘alliance continuera comme elle est”, a-t-il poursuivi.

Renault et son principal actionnaire, avec lequel Carlos Ghosn juge aujourd‘hui encore la relation “compliquée mais constructive”, se sont livrés en 2015 à un bras de fer après la décision de l‘Etat de porter sa participation dans le capital du groupe de 15% à 20% environ pour s‘assurer les droits de vote doubles prévus par la loi Florange.

Vécue chez Nissan comme une rupture de l‘équilibre entre les deux partenaires, alors que le constructeur japonais ne détient aucun droit de vote dans Renault, cette décision a entraîné plusieurs mois de crise, dénouée en décembre 2015 grâce à un compromis.

Celui-ci a entériné un nouveau statu quo : l‘Etat, qui a promis de céder les titres acquis pour l‘occasion, conserve le bénéfice des droits de vote doubles mais seulement pour les sujets stratégiques et pas pour les questions opérationnelles, tandis que Nissan a obtenu des engagements sur l‘influence future de la partie française.

Mais les tensions ont refait surface fin janvier à travers un courrier cinglant de Renault annexé à un rapport de la Cour des comptes sur l‘Etat actionnaire.

La Cour a souligné que l‘Etat cumule plusieurs fonctions “porteuses de contradiction et de conflits d‘intérêt”, relève le groupe dans ce courrier, en ajoutant que la montée de l‘Etat au capital de Renault en 2015 s‘est effectuée “en situation d‘initié”.

Le commissaire de l‘Agence des participations de l‘Etat (APE), mercredi sur BFM Business, a demandé que Renault revienne sur ses accusations. “Ce sont des allégations fausses (qui) devront être rectifiées”, a dit Martin Vial.

Carlos Ghosn a dit vendredi avoir demandé à ses services de se pencher sur cette question. “Tout ce qui est inexact ou (qui) ne correspond pas aux faits sera rectifié. Par contre, tout ce qui est exact sera maintenu”, a-t-il déclaré.

Le ministère de l‘Economie n‘était pas disponible dans l‘immédiat pour un commentaire.

Gilles Guillaume et Laurence Frost, édité par Dominique Rodriguez

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