3 février 2017 / 14:13 / il y a 10 mois

Aux USA, les créations d'emplois accélèrent, les salaires à la traîne

WASHINGTON (Reuters) - Les créations d‘emplois ont été plus nombreuses que prévu en janvier aux Etats-Unis, les entreprises du bâtiment et les distributeurs ayant embauché davantage, ce qui permet à l‘administration Trump de partir d‘un bon pied dans sa politique de relance de la croissance et du marché du travail.

Les créations d'emplois ont été plus nombreuses que prévu en janvier aux Etats-Unis, les entreprises du bâtiment et les distributeurs ayant embauché davantage, ce qui permet à l'administration Trump de partir d'un bon pied dans sa politique de relance de la croissance et du marché du travail. /Photo d'archives/REUTERS/Lucy Nicholson

Le département du Travail a fait état vendredi de 227.000 emplois non-agricoles créés le mois dernier, un plus haut de quatre mois. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un chiffre nettement inférieur, de 175.000.

Toutefois, le taux de chômage est en légère hausse et les salaires ont faiblement augmenté, ce qui suggère qu‘il reste un peu de ressources inutilisées.

Les statistiques de novembre et de décembre ont été révisées pour montrer que l‘économie américaine avait créé au cours de ces deux mois 39.000 emplois de moins qu‘estimé précédemment.

Mais le marché du travail continue à se tendre, ce qui pourrait accélérer la croissance des salaires. La Réserve fédérale considère que le marché américain est à ou près du plein emploi.

“La poursuite des créations d‘emplois à un rythme soutenu est tempérée par la faiblesse persistante de la progression des salaires, ce qui soulève une fois de plus des questions sur l‘évolution du mode de fonctionnement du marché du travail”, a dit Mohamed El-Erian, chef économiste d‘Allianz.

Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un chiffre de créations d‘emplois nettement inférieur, à 175.000, et un taux de chômage stable à 4,7%.

Les rendements des obligations du Trésor américains ont reculé après la publication de ces chiffres, les investisseurs se focalisant sur la faiblesse de la croissance des salaires. Le dollar a peu réagi tandis que Wall Street a ouvert en nette hausse.

Le nouveau président américain Donald Trump s‘est engagé pendant sa campagne électorale à atteindre un taux de croissance de l‘économie de 4% l‘an grâce à un plan de relance budgétaire massif, et à renégocier les accords commerciaux signés par Washington afin de les rendre plus favorables aux intérêts des Etats-Unis.

En dépit des incertitudes entourant les mesures de politiques économiques que Donald Trump mettra en oeuvre, le climat des affaires et la confiance des ménages se sont améliorés depuis son élection le 8 novembre.

Dans le contexte d‘une économie proche du plein emploi, certains économistes doutent toutefois de la possibilité de réaliser l‘objectif d‘une croissance de 4% l‘an, d‘autant que le produit intérieur brut (PIB) n‘a pogressé que de 2,6% par an en moyenne depuis la récession de 2007-2008.

CROISSANCE DES SALAIRES DÉCEVANTE

Le salaire horaire moyen a progressé en janvier de trois cents seulement, soit 0,1%. La hausse du salaire moyen de décembre a été revue en baisse à 0,2% contre 0,4% initialement.

La faiblesse de la progression du salaire horaire moyen le mois dernier a d‘autant plus surpris que le mois de janvier a coïncidé avec l‘instauration d‘un salaire minimum dans au moins 19 Etats. Elle a contribué à abaisser la progression du salaire horaire moyen sur un an à 2,5% contre 2,8% en décembre.

Si cette faiblesse de la croissance des salaires se confirme, le rythme de resserrement de la politique monétaire par la Réserve fédérale pourrait s‘en ressentir. La Fed, qui a procédé à une hausse des taux en décembre et opté pour le statu quo mercredi, prévoit jusqu‘à trois relèvements cette année.

Elle a dit mercredi s‘attendre à ce que les conditions sur le marché du travail se tendent “encore quelque peu”.

A l‘occasion de la publication du rapport sur l‘emploi du mois de janvier, le gouvernement a révisé les chiffres de référence du niveau de l‘emploi et son mode de calcul des corrections des variations saisonnières. Il a aussi pris en compte les nouvelles estimations d‘évolution de la population.

Le niveau d‘emploi de référence en mars de l‘année dernière a été abaissé de 60.000 personnes. En conséquence, les chiffres de janvier ne sont pas directement comparables avec ceux de décembre, notamment en ce qui concerne le taux de chômage.

Le taux de participation, qui rapporte le nombre de personnes ayant un emploi ou à la recherche d‘un emploi à la population active, est ressorti à 62,9% en janvier, au plus haut depuis septembre.

Une mesure plus large du taux de chômage qui prend en compte les personnes qui souhaitent travailler mais qui ont renoncé à chercher un emploi et les personnes à temps partiel qui souhaiteraient travailler à temps plein a progressé de 0,2 point de pourcentage à 9,4% le mois dernier.

Pratiquement tous les secteurs d‘activité ont contribué aux créations d‘emplois en janvier. Le secteur manufacturier a notamment créé 5.000 postes, créant des emplois pour le deuxième mois consécutif grâce notamment à une réduction de l‘impact négatif du secteur pétrolier.

“Il y a là beaucoup de grain à moudre pour Donald Trump qui a mis l‘accent sur les emplois industriel” a commenté Alan Ruskin, stratégiste changes chez Deutsche Bank à New York.

Juliette Rouillon et Marc Joanny pour le service français

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