2 février 2017 / 12:59 / il y a 7 mois

La Banque d'Angleterre optimiste sur la croissance, divisée sur l'inflation

La Banque d'Angleterre (BoE) a de nouveau revu en hausse jeudi sa prévision de croissance 2017 et déclaré que certains de ses responsables commençaient à surveiller attentivement l'évolution de l'inflation, sans pour autant laisser entendre qu'elle se rapprochait d'une hausse de taux. /Photo d'archives/Peter Nicholls

LONDRES (Reuters) - La Banque d'Angleterre (BoE) a encore relevé jeudi sa prévision de croissance de 2017 tout en expliquant que certains de ses responsables étaient plus préoccupés qu'auparavant par l'inflation, sans pour autant laisser entendre qu'elle se rapprochait d'une hausse de taux.

Dans le communiqué publié à l'issue de la réunion du Comité de politique monétaire (MPC), l'institution explique que certains membres de celui-ci s'étaient "un peu rapprochés" de leurs limites en matière de tolérance à un dépassement de l'objectif de 2% d'inflation, sur fond de baisse de la livre sterling depuis le vote du Brexit en juin dernier.

Mais le reste du texte suggère que la banque centrale reste satisfaite du niveau historiquement bas des taux d'intérêt. La BoE a notamment revu en baisse, à 2,75% contre 2,83%, sa prévision d'inflation à un horizon de deux ans par rapport à celle de novembre. De nombreux économistes s'attendent toutefois à ce que l'inflation dépasse 3%.

Certains membres du MPC estiment en outre que le taux de chômage pourrait tomber à 4,5%, contre 5% prévu auparavant, sans pour autant favoriser l'accélération de l'inflation.

Ce scénario pourrait donner à la BoE une marge de manoeuvre supplémentaire pour maintenir plus longtemps son taux directeur à son niveau actuel de 0,25%, un plus bas historique.

Le gouverneur de la banque centrale, Mark Carney, a déclaré que le relèvement de la prévision de croissance ne devait pas conduire à conclure que le vote du 23 juin pour la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne n'aurait aucune conséquence économique.

"Nous n'en sommes qu'au début du périple du Brexit. Si la direction est claire, il y aura des virages et des revirements tout au long du chemin", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Après une hausse initiale en réaction au communiqué de la BoE et à ses nouvelles prévisions, la livre sterling s'est ensuite orientée à la baisse tandis que les obligations d'Etat britanniques s'appréciaient, ce qui suggère que les investisseurs repoussent leurs anticipations de relèvement de taux.

CROISSANCE ENCORE SOLIDE EN 2017 AVANT DE RALENTIR

"Dans l'ensemble, le Comité ne semble pas du tout enclin à modifier sa politique", a commenté Philip Shaw, économiste d'Investec.

Mark Carney et les autres responsables de la banque centrale ont été pris à contre-pied l'an dernier par la résistance de l'économie britannique au vote du Brexit. La Grande-Bretagne a enregistré en 2016 une croissance de 2%, la plus élevée des pays du G7.

"L'élément que nous avons manqué, c'est la vigueur des dépenses de consommation et la confiance du consommateur, qui ont été présentes tout au long du processus", a reconnu Mark Carney.

Pour 2017, la BoE prévoit désormais une croissance de 2% également, supérieure au consensus des prévisions d'économistes, contre 1,4% prévu jusqu'à présent, un relèvement qui prend en compte le soutien budgétaire annoncé à l'automne par le gouvernement.

Les prévisions de croissance 2018 et 2019 ont été relevées de 0,1 point chacune.

La banque centrale précise que l'accélération de la hausse des prix devrait conduire à un début de stagnation du niveau de vie à la fin de cette année.

Certains membres du MPC ont semblé plus préoccupés qu'auparavant par la montée des pressions inflationnistes.

"Pour certains membres, les risques entourant le compromis que représente la projection centrale signifient qu'ils se sont un peu rapprochés de ces limites", explique le compte rendu des débats.

Si le maintien du taux directeur à 0,25% a été voté par les neuf membres du MPC, Mark Carney a précisé que cette unanimité ne perdurerait pas forcément lors des prochaines réunions.

Le MPC a aussi décidé à l'unanimité de laisser son programme de rachats d'obligations d'Etat britanniques de 60 milliards de livres (69,7 milliards d'euros) arriver à son terme ce mois-ci. Le programme de rachats de dette d'entreprise est lui aussi inchangé.

Avant les annonces de jeudi, les marchés estimaient à 50% la probabilité d'une hausse de taux cette année même si la plupart des économistes ne prévoient pas de resserrement de la politique monétaire avant mi-2019, époque à laquelle le Royaume-Uni est censé être sorti de l'Union européenne.

William Schomberg et David Milliken; Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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