30 janvier 2017 / 22:22 / il y a 7 mois

Des entreprises US rejettent le décret anti-immigration de Trump

La frontière américano-mexicaine. Plusieurs grands patrons américains, dont les dirigeants de la Silicon Valley mais aussi de la banque Goldman Sachs et du constructeur automobile Ford, se sont joints lundi au concert de protestations et de condamnations provoquées par le décret anti-immigration signé vendredi soir par Donald Trump. /Photo prise le 28 janvier 2017/Jorge Duenes

NEW YORK (Reuters) - Plusieurs grands patrons américains, dont les dirigeants de la Silicon Valley mais aussi de la banque Goldman Sachs et du constructeur automobile Ford, se sont joints lundi au concert de protestations et de condamnations provoquées par le décret anti-immigration signé vendredi soir par Donald Trump.

Des groupes comme Boeing, qui a déjà eu maille à partir avec le 45e président et jouera beaucoup dans des décisions politiques à venir en matière de fiscalité, de commerce ou encore de régulation, sont en revanche restés discrets.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu auprès de la direction du groupe pétrolier Exxon Mobil, dont l'ancien PDG Rex Tillerson a été choisi par Trump pour prendre la tête du département d'Etat.

Des 19 patrons et chefs d'entreprises regroupés par Trump au sein d'un "conseil consultatif des dirigeants d'entreprise", qui se réuniront pour la première fois la semaine prochaine, deux seulement, Elon Musk, le fondateur de Tesla Motors et de SpaceX, et Travis Kalanick, PDG d'Uber Technologies, ont pris position contre la mesure.

Au terme d'un week-end marqué par la plus grande confusion dans les aéroports américains, les dirigeants d'Apple, Google et Facebook, poids lourds des nouvelles technologies, ont en revanche affiché leur rejet de ce décret.

Signé vendredi par Donald Trump, il interdit pendant 90 jours l'accès du territoire américain aux ressortissants en provenance d'Iran, d'Irak, de Libye, de Somalie, de Syrie, du Soudan et du Yémen, pendant 120 jours l'accueil de tout réfugié aux Etats-Unis, et suspend sine die l'accueil de tous les réfugiés syriens.

Amazon, dont le siège social est à Seattle, s'est associé à la plainte que les autorités de l'Etat de Washington, dans le nord-ouest des Etats-Unis, entendent déposer contre le décret.

A Wall Street, Lloyd Blankfein, PDG de la banque Goldman Sachs, a été le premier patron du secteur américain de la finance à exprimer son opposition au décret pris par le président des Etats-Unis.

"Il ne s'agit pas là d'une politique que nous soutenons, et je ferais observer qu'elle a déjà fait l'objet de plaintes devant la justice fédérale", dit-il dans un message vocal envoyé dimanche aux employés de la banque d'affaire et dont Reuters a pu lire la transcription.

WALL STREET REPASSE SOUS LES 20.000 POINTS

Dans le secteur automobile, le président exécutif de Ford, Bill Ford Jr., et le directeur général Mark Fields ont également affiché leur opposition à ce décret. "Nous ne soutenons pas cette politique ou tout autre politique allant à l'encontre des valeurs de notre entreprise", écrivent-ils dans un communiqué adressé aux salariés du groupe.

Dans un mémo, le DRH de General Motors indique que seuls quelques salariés du constructeur automobile viennent d'un des sept pays musulmans du Moyen-Orient et d'Afrique frappés par cette interdiction et ajoute: "A General Motors, nous valorisons et nous respectons les différences individuelles."

Le groupe américain Starbucks a annoncé lui qu'il prévoyait d'embaucher 10.000 réfugiés sur cinq ans dans 75 pays et dans une lettre aux salariés, son PDG, Howard Schultz, déclare qu'il fera tout ce qui est son pouvoir pour venir en aide aux salariés concernés par le décret présidentiel.

"Nike croit dans un monde où chacun célèbre la puissance de la diversité", a commenté de son côté le PDG de la marque sportive, Mark Parker, dans un communiqué. "Ces valeurs, ajoute-t-il, sont menacées par le récent 'executive order' interdisant les réfugiés autant que les visiteurs de sept pays à majorité musulmane."

Tout en disant comprendre les impératifs de protection de la sécurité nationale, la compagnie de messagerie United Parcel Service (UPS) a réaffirmé son "soutien aux politiques qui permettent la circulation légale des personnes à travers les frontières".

Dans le climat d'incertitude créé par ce décret, Wall Street a vécu lundi sa pire séance depuis le début de l'année en raison. L'indice Dow Jones a perdu 0,61%, repassant sous la barre des 20.000 points à 19.971,13 points, et le Nasdaq Composite a cédé 0,83% à 5.613,71 points.

Olivia Oran et David Shepardson avec Ross Keber à Boston; Marc Angrand et Henri-Pierre André pour le service français

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