25 janvier 2017 / 14:23 / dans 10 mois

Des banques invitées à Francfort pour parler de l'après-Brexit

FRANCFORT/LONDRES (Reuters) - L‘autorité du secteur financier allemand va réunir lundi prochain plus de 20 banques étrangères pour leur exposer ses conditions à une éventuelle relocalisation d‘activités à Francfort, a-t-on appris de sources proches du dossier, l‘Allemagne redoublant d‘efforts pour profiter des retombées du Brexit sur le secteur.

L'autorité du secteur financier allemand va réunir lundi prochain plus de 20 banques pour leur exposer ses conditions à une éventuelle relocalisation d'activités à Francfort, a-t-on appris de sources proches du dossier, l'Allemagne redoublant d'efforts pour profiter des retombées du Brexit sur le secteur. Cette réunion, la première du genre en Allemagne, est organisée par la BaFin. /Photo d'archives/REUTERS/Wolfgang Rattay

Cette réunion, la première du genre en Allemagne, est organisée par la BaFin pour répondre à la multiplication des demandes détaillées d‘information émanant de banques qui se préparent à la sortie du Royaume-Uni de l‘Union européenne, ont expliqué ces sources.

“La BaFin veut présenter aux participants une vue générale des principaux sujets pour ceux qui veulent déménager des activités en Allemagne après le Brexit”, a dit l‘une d‘elles.

L‘autorité fédérale du secteur des services financiers devrait clairement dire qu‘elle n‘acceptera pas d‘implantation de “boîtes postales” à Francfort et qu‘elle obligera les banques concernées à prendre des dispositions solides en matière de gestion des risques ainsi qu‘à baser à Francfort les dirigeants des activités concernées, ont précisé les sources.

D‘autres sources ont dit que la Bundesbank, la banque centrale allemande, et la Banque centrale européenne (BCE) participeraient à cette réunion.

La BaFin, qui a des liens étroits avec le ministère des Finances, a confirmé la tenue d‘une réunion mais a refusé d‘en préciser l‘ordre du jour. La Bundesbank et la BCE ont refusé de commenter l‘information.

Au total, une quarantaine de représentants d‘établissements financiers devraient assister aux débats de lundi selon des sources proches des réflexions en cours à Berlin.

Francfort semble bien placée pour être l‘une des principales villes bénéficiaires de l‘exode attendu de Londres, plusieurs grandes banques d‘investissement ayant déjà déclaré envisager d‘y transférer une partie de leurs équipes.

CONCURRENCE

Mais la concurrence est déjà rude avec, entre autres, Paris et Dublin. La semaine dernière, HSBC a par exemple annoncé son intention de transférer un millier de postes vers la capitale française. [nL5N1F81V1]

Certaines banques américaines penchent quant à elles pour un rapatriement de certains postes à New York.

Des responsables - notamment ceux chargés des questions de réglementation - de banques incluant Morgan Stanley, Goldman Sachs et Citigroup devraient participer à la réunion de Francfort, dans les locaux de la BaFin, ont précisé les sources. Les trois banques américaines ont refusé de commenter l‘information.

Hubertus Vaeth, le président de Frankfurt Main Finance, un organisme de promotion de la ville financé par les collectivités locales, a déclaré s‘attendre à ce que 10.000 emplois au total soient transférés à Francfort sur cinq ans.

“La demande des banques est si importante que les autorités de régulation ont dû être créatives pour suivre le rythme”, a-t-il ajouté. “C‘est la raison pour laquelle nous tenons cette réunion.”

Stefan Winter, président de l‘Association des banques étrangères en Allemagne, note pour sa part que les responsables politiques allemands sont de plus en plus accueillants envers les banques.

“Les politiciens à Berlin sont ouverts à l‘idée qu‘il y ait plus de banques à Francfort, à condition qu‘elles soient correctement contrôlées. La donne a changé par rapport à ce qu‘elle était il y a un an”, dit-il.

Dans la compétition pour attirer les futurs transfuges de la City, Francfort doit aussi surmonter plusieurs handicaps, comme le manque de logements et de places dans les établissements scolaires internationaux de la ville.

La vie nocturne, notoirement bien moins animée que celle de Londres, est aussi susceptible de rebuter certains banquiers habitués aux pubs et aux boîtes de nuit de la capitale britannique.

“Cela tient à la mentalité allemande. Elle est un peu conservatrice. Nous n‘avons pas l‘habitude d‘aller boire un verre en sortant du travail. Cela peut changer si des gens arrivent du Royaume-Uni”, estime toutefois Madjid Djamegari, propriétaire d‘une discothèque à Francfort qui a fait le déplacement de Londres fin 2016 pour faire la promotion de sa ville.

John O'Donnell, Anjuli Davies et Andreas Kröner; Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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