25 janvier 2017 / 13:37 / il y a 7 mois

Les créanciers de Vivarte renonceront à 800 millions d'euros de dette

Un magasin "La Halle aux chaussures", du groupe Vivarte, à Strasbourg. Vivarte devrait parvenir d'ici à la fin février à un accord aux termes duquel les fonds créanciers du groupe en pleine restructuration devraient renoncer à 800 millions d'euros de dette. /Photo prise le 24 janvier 2017/Vincent Kessler

PARIS (Reuters) - Vivarte devrait parvenir d'ici à la fin février à un accord aux termes duquel les fonds créanciers du groupe en pleine restructuration devraient renoncer à 800 millions d'euros de dette.

Après avoir décidé la mise en vente d'André et Naf Naf et la fermeture de 142 magasins La Halle aux chaussures, le nouveau PDG du groupe, Patrick Puy, a déclaré à la presse mercredi qu'un accord avec les fonds créanciers serait prochainement bouclé.

"La dette va être restructurée et à la fin du mois de février on annoncera un accord historique dans lequel les créanciers abandonneront 800 millions de dette", a-t-il dit sur RTL. La dette du groupe sera alors ramenée à 570 millions d'euros.

"Vivarte a un avenir. A la fin 2017, il sera sur les bons rails", a-t-il assuré, estimant que le groupe aurait alors surmonté ses trois maux : sa dette, les difficultés de la Halle aux Chaussures et un trop grand nombre de marques.

L'accord sur la dette prévoit aussi que le fruit des cessions sera, "jusqu'à 95 millions d'euros, intégralement conservé pour financer le développement du groupe et sa restructuration", a par ailleurs indiqué le PDG au Figaro.

Interrogée sur le sujet lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée, la ministre du Travail Myriam El Khomri a dénoncé la stratégie du groupe qui, selon elle, "vise exclusivement à protéger les intérêts financiers des actionnaires sans proposer de projet industriel viable."

LE GOUVERNEMENT MET EN GARDE

"L'Etat usera de tous ses leviers d'action pour contraindre l'entreprise à assumer ses obligations économiques et ses responsabilités sociales" a-t-elle ajouté, en prévenant que "l'Etat n'homologuera pas un PSE (plan de sauvegarde de l'emploi, ndlr) qui ne respecte pas les dispositions prévues par la loi, tant en termes de dialogue social que de conformité des mesures d'accompagnement."

Premier groupe français d'habillement et de chaussures avec ses enseignes La Halle, André, Minelli ou Caroll, Vivarte est plombé par une lourde dette héritée de LBO (rachats avec effet de levier) successifs.

Il connaît des difficultés structurelles, enchaînant cessions d'actifs, réductions d'effectifs, stratégie erratique et changements de dirigeants.

Après avoir déjà fermé près de 300 magasins et supprimé plus de 1.600 emplois en mai 2015, Vivarte a mis en vente en septembre 2016 ses marques Kookaï, Chevignon et Pataugas, sous la présidence de l'ancien PDG Stéphane Macquaire, limogé en octobre 2016 par les fonds actionnaires (Oaktree, Alcentra, Babson et GLG Partners) soucieux d'accélérer le rythme des cessions.

La vente de Kookaï, Chevignon et Pataugas devrait, selon Patrick Puy, être bouclée d'ici l'été.

Le chiffre d'affaires du groupe, qui emploie au total environ 16.000 salariés, a reculé à 2,2 milliards d'euros au cours de l'exercice 2015-2016 clos en août (contre 2,4 milliards en 2014-2015) et l'excédent brut d'exploitation (Ebit) a chuté à 54 millions d'euros (contre 75 millions).

Après ses cessions, Vivarte devrait compter cinq marques de chaussures (La Halle aux chaussures, Besson, Minelli, San Marina et Cosmoparis) et deux enseignes de mode (Caroll et La Halle aux vêtements).

Pascale Denis, édité par Dominique Rodriguez

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