24 janvier 2017 / 16:38 / dans 10 mois

Trump relance les projets Keystone XL et Dakota Access

WASHINGTON (Reuters) - Donald Trump a signé mardi deux nouvelles ordonnances présidentielles qui relancent les très contestés projets d‘oléoducs Keystone XL et Dakota Access, stoppés sous Barack Obama.

Donald Trump s'apprête à signer mardi deux nouvelles ordonnances présidentielles pour relancer les projets d'oléoducs contestés Keystone XL et Dakota Access. Ces deux décisions s'inscrivent dans une remise en cause des décisions prises en matière environnementale sous Barack Obama. /Photo prise le 23 janvier 2017/REUTERS/Jonathan Ernst

Sa décision est conforme aux promesses du nouveau président des Etats-Unis qui s‘était engagé à soutenir et favoriser le secteur national de l‘énergie.

Les chantiers des oléoducs Keystone XL et Dakota Access, rejetés par des militants écologistes et des tribus amérindiennes, avaient été bloqués ou freinés par l‘administration de l‘ex-président démocrate.

La conduite Dakota Access, pilotée par la compagnie texane Energy Transfer Partners pour un coût estimé à 3,8 milliards de dollars doit relier les sous-sols riches en hydrocarbures de Bakken, une formation géologique dans le Dakota du Nord proche de la frontière canadienne, aux installations de l‘Illinois, passant notamment sous le fleuve Missouri.

Son tracé inquiète les Indiens sioux de la tribu de Standing Rock, qui redoutent une contamination de sources d‘eau potable et une violation de leurs terres sacrées. Au plus fort de la mobilisation, le campement des contestataires a compté jusqu‘à 5.000 occupants cet automne.

La tribu a aussitôt dénoncé une décision “irresponsable et prise à la hâte” et ajouté qu‘elle allait la contester en justice.

A l‘inverse, le North Dakota Petroleum Council, regroupement professionnel des producteurs de pétrole de l‘Etat, s‘est félicité de “ce grand pas en avant pour la sécurité énergétique de l‘Amérique”, a dit son président, Ron Ness.

Pour l‘essentiel, la construction du Dakota Access est achevée depuis l‘été dernier, mais une dernière section, passant sous le lac Oahe, sur le bassin du Missouri, reste à construire.

Le mois dernier, les experts militaires du Corps of Engineers ont rendu un avis défavorable sur le tracé présenté par la compagnie ETP. A ce stade, on ignore si l‘ordonnance signée par Trump se substitue à eux.

D‘après des données financières, Trump a détenu au moins jusqu‘à la mi-2016 des actions d‘ETP dont le directeur général, Kelcy Warren, a versé 100.000 dollars sur son compte de campagne. Quant à l‘ex-gouverneur du Texas Rick Perry, choisi par Trump pour diriger le département de l‘Energie, il siégeait récemment encore au conseil d‘administration du groupe.

“LES TUYAUX DEVRONT ÊTRE FABRIQUÉS AUX ETATS-UNIS”

Estimé à 8 milliards de dollars, le projet Keystone XL est développé par le groupe canadien TransCanada. Il doit permettre pour sa part l‘acheminement sur près de 1.900 km du pétrole extraits des gisements canadiens de sables bitumineux de l‘Alberta vers le Nebraska, où il serait connecté au réseau existant vers les raffineries du golfe du Mexique.

En novembre 2015, Obama avait opposé son veto au projet soutenu en revanche par le Premier ministre canadien, Justin Trudeau.

Son rétablissement par Trump serait une nouvelle “très positive” pour le Canada, commentait mardi le ministre canadien des Ressources naturelles, Jim Carr, avant que Trump n‘ait apposé sa signature sur l’“executive order” relançant le projet contesté depuis 2008 par des associations de protection de l‘environnement.

En signant l‘ordonnance, Trump a souligné que son administration allait renégocier certains des termes du contrat. “Nous sommes très insistants pour dire que si nous allons construire les pipelines aux Etats-Unis, les tuyaux devront être fabriqués aux Etats-Unis”, a-t-il dit, ajoutant que ces projets étaient porteurs de promesses d‘emplois, notamment pour les métallurgistes.

“Beaucoup d‘emplois, 28.000 emplois, de beaux emplois dans la construction”, a-t-il dit.

La Maison blanche a parallèlement ordonné mardi le gel temporaire de tous les contrats, crédits et accords passés par l‘Agence de protection de l‘environnement (EPA) le temps d‘un audit sur cet organisme dans le collimateur du 45e président des Etats-Unis et de son équipe.

“En schématisant, il ne pourra plus y avoir de transferts d‘argent tant qu‘ils n‘auront pas pu regarder les choses”, a déclaré à Reuters un employé de l‘EPA.

Steve Holland avec Valerie Volcovici, David Gaffen et Richard Valdmanis à Washington et Ernest Scheyder à Houston; Henri-Pierre André pour le service français

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