18 janvier 2017 / 16:26 / dans 10 mois

Le protectionnisme de Trump, risque n°1 pour l'économie américaine

(Reuters) - Le principal risque auquel est exposée la croissance américaine est celui de voir Donald Trump tenir ses promesses en matière de protectionnisme, montre mercredi une enquête de Reuters, qui suggère que les économistes sont loin d‘être gagnés par l‘exubérance qui a porté les marchés financiers en novembre et décembre.

Le principal risque auquel est exposée la croissance américaine est celui de voir Donald Trump tenir ses promesses en matière de protectionnisme, montre mercredi une enquête de Reuters, qui suggère que les économistes sont loin d'être gagnés par l'exubérance qui a porté les marchés financiers en novembre et décembre. /Photo prise le 17 janvier 2017/REUTERS/Jonathan Ernst

Pendant sa campagne et après son élection, le milliardaire républicain s‘est engagé à modifier en profondeur la politique commerciale et d‘immigration des Etats-Unis, a menacé d‘imposer des droits de douane élevés sur les importations depuis la Chine et proposé des réductions massives d‘impôts.

Si les marchés financiers se sont repliés ces derniers jours, le rendement des bons du Trésor à dix ans est encore en hausse de plus de 25% depuis les élections du 8 novembre et les actions américaines ont inscrit des records fin décembre.

Pourtant, plus de deux tiers des économistes interrogés au cours de la semaine écoulée ont jugé que la politique protectionniste promise par Donald Trump constituait pour l‘économie américaine la principale menace en 2017.

“Il ne fait aucun doute que dans le haut de la liste des risques à la baisse figure la possibilité de voir mise en application la rhétorique anti-libre-échange”, explique Jim O‘Sullivan, de High Frequency Economics. “Je pars du principe que l‘administration (Trump) sera pragmatique en la matière”.

LE DOLLAR FORT, RISQUE SUPPLÉMENTAIRE

La vigueur du dollar, qui a touché au début du mois son plus haut niveau depuis 14 ans face à un panier d‘autres devises de référence et s‘est apprécié de près de 6% depuis l‘élection, constitue un risque supplémentaire à court terme.

La perspective d‘allègements fiscaux massifs pour les entreprises et les particuliers, comme celle de dépenses publiques d‘infrastructures, n‘améliorent en rien les perspectives de croissance des Etats-Unis, estiment en outre les économistes, alors même que Donald Trump a dit vouloir porter la croissance du pays à 3,5% par an.

Plus de 80% des économistes qui se sont prononcés sur ce point ont jugé que le moment n‘était pas opportun pour de tels allègements de la fiscalité, l‘économie étant proche du plein emploi.

L‘enquête montre que la croissance américaine devrait avoir ralenti à 2,2% en rythme annualisé au quatrième trimestre, après 3,5% au troisième.

Pour 2017, les économistes prévoient en moyenne une croissance annualisée de 2,1% à 2,5% pour chaque trimestre, soit seulement 0,1 point de plus que dans l‘enquête précédente. La médiane des prévisions pour l‘ensemble de cette année est à 2,3%.

DEUX HAUSSES DE TAUX ATTENDUES CETTE ANNÉE

Un peu moins d‘un tiers des experts interrogés ont revu en hausse leurs prévisions pour 2017, pour la plupart en se fondant sur l‘hypothèse que Donald Trump ne tiendra pas ses promesses en matière de commerce international et qu‘il privilégiera le soutien à l‘activité.

Si la croissance attendue peut être considérée comme relativement solide pour une économie qui arrive en fin de cycle de reprise, elle pourrait ne pas suffire à porter durablement l‘inflation au-dessus de l‘objectif de 2% que s‘est fixé la Réserve fédérale.

Les prévisions des économistes donnent un indice d‘inflation “core PCE”, principale référence de la Fed, à 1,8% en moyenne en 2017 et 2,0% en 2018, des estimations inchangées par rapport à l‘enquête précédente.

Des responsables de la banque centrale ont toutefois souligné récemment que dans un contexte de quasi-plein emploi, une politique budgétaire expansionniste pourrait conduire à une remontée des taux d‘intérêt plus rapide qu‘anticipé pour l‘instant, ce qui ferait monter le dollar.

“Si le taux de chômage baisse encore, cela va accroître la pression à la hausse sur les salaires et l‘inflation, et renforcer les arguments en faveur d‘un resserrement de la politique de la Fed”, explique Jim O‘Sullivan.

Les économistes interrogés tablent en majorité sur un taux des “fed funds” inchangé jusqu‘au deuxième trimestre, avant une probable hausse d‘un quart de point, puis une deuxième au quatrième trimestre, qui porterait la fourchette de la Fed à 1,00%-1,25%.

Quatorze économistes prévoient toutefois une hausse de taux d‘ici fin mars.

Marc Angrand pour le service français, édité par Juliette Rouillon

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