17 janvier 2017 / 18:50 / il y a 7 mois

Toshiba envisage de céder ses semi-conducteurs à Western Digital

Toshiba envisage de scinder sa filiale de semi-conducteurs et d'en vendre une partie à l'américain Western Digital. /Photo d'archives/Yuya Shino

(Reuters) - Toshiba envisage de vendre à Western Digital une participation minoritaire dans sa filiale de semi-conducteurs, a déclaré une source proche du dossier mercredi, de façon à amortir l'impact d'une grosse provision à venir sur une acquisition dans le nucléaire aux Etats-Unis.

Le conglomérat japonais avait annoncé en décembre qu'il prévoyait une provision pour dépréciation de plusieurs milliards de dollars liée à cette acquisition datant de 2015, qui pourrait se traduire à présent par une charge dépassant les quatre milliards de dollars (3,7 milliards d'euros).

Toshiba n'a pas beaucoup de possibilités pour compenser les répercussions de cette dépréciation susceptible d'absorber la totalité de ses fonds propres. Dans la mesure où il est placé sous surveillance par la Bourse de Tokyo, il lui est impossible de procéder à une levée de fonds sur le marché.

La scission de la filiale semi-conducteurs, qui dégage l'essentiel du bénéfice d'exploitation mais est gourmande en trésorerie, et la vente d'une participation sont peut-être la seule solution envisageable.

"Il est vrai que nous discutons d'une scission de notre filiale mémoires mais rien n'a encore été décidé", explique Toshiba dans un communiqué, réagissant à l'information qui avait été donnée au préalable par le quotidien financier Nikkei.

Le Nikkei ajoute que Toshiba doit vendre 20% à peu près du capital de la filiale au groupe américain Western Digital pour 200 à 300 milliards de yens (1,65 à 2,5 milliards d'euros), ce que n'a pas confirmé Toshiba mais, selon la source, les deux parties discutent de la vente d'une "participation minoritaire".

"Toshiba n'a pas d'autre choix; j'ai l'impression que cette opération est son dernier recours", commente Yasuo Sakuma, gérant chez Bayview Asset Management.

Le groupe japonais pourrait aussi demander à des fonds d'investir dans sa filiale qui pourrait être valorisée dans les 1.000 milliards de yens (8,3 milliards d'euros), ont dit des sources à Reuters.

"Il y a plusieurs candidats pour un investissement", a dit l'une d'elles, sans autre précision.

Toshiba compte avoir réalisé la scission d'ici la fin mars et pourrait en outre introduire en Bourse cette filiale dont il conserverait une participation majoritaire car elle est pratiquement sa seule source de croissance, ont expliqué les sources.

Selon le consultant IHS, Toshiba avait une part de marché de 20,4% dans les mémoires flash NAND au deuxième trimestre 2016 en termes de chiffre d'affaires, se situant au second rang mondial derrière Samsung Electronics qui détenait 34,9%.

Une opération avec Western Digital, co-propriétaire avec Toshiba d'une usine de mémoires flash à Yokkaichi (préfecture de Mie), donnerait naissance à un nouveau poids lourd du secteur.

Le groupe américain spécialisé dans le stockage de données n'a pas répondu aux sollicitations de commentaires dans l'immédiat.

Toshiba, qui ne s'est pas encore totalement remis d'un scandale comptable de 1,3 milliard de dollars en 2015, a dégagé un bénéfice d'exploitation de 78,3 milliards de yens sur les semi-conducteurs durant la période avril-septembre 2016, soit 81% de son résultat opérationnel total.

L'action a gagné 2,38% mercredi en Bourse de Tokyo, dont l'indice Nikkei a avancé de 0,43%.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison

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