17 janvier 2017 / 18:50 / il y a 10 mois

La City privée de passeport européen

PARIS (Reuters) - L‘annonce de la Première ministre Theresa May que le Royaume-Uni va sortir du marché intérieur européen signifie que les banques britanniques ne bénéficieront plus du passeport européen et que les échanges seront plus coûteux, a déclaré mardi un diplomate français.

L'annonce de la Première ministre Theresa May que le Royaume-Uni va sortir du marché intérieur européen signifie que les banques britanniques ne bénéficieront plus du passeport européen et que les échanges seront plus coûteux, a déclaré mardi un diplomate français. /Photo d'archives/REUTERS/Cathal McNaughton

Ce choix des Britanniques “va amener à des redistributions d‘investissements. Les secteurs qui exportent dans un sens ou dans l‘autre vont rencontrer plus d‘obstacles, et les chaînes de valeurs qui se sont organisées autour du Royaume-Uni vont se réorganiser”, a-t-il dit à Reuters.

Les futures relations commerciales entre l‘Union européenne et le Royaume-Uni seront négociées en s‘appuyant sur les règles de l‘Organisation mondiale du commerce, qui pourront être améliorées, a-t-il souligné.

“Mais même si dans un domaine particulier, disons l’automobile, on arrivait à dire qu’on ne mettrait pas de droits de douane par exemple ou très peu, le fait que le Royaume-Uni soit un pays tiers, qu’on soit dans une simple relation commerciale, impose un certain nombre d’obstacles aux échanges”, a-t-il dit. “Les biens ne circulent pas librement, il faudra mettre des douanes, vérifier la qualité des produits, vérifier leur origine, etc. Et ça, évidemment, ça a un coût qui est très significatif.”

“Pour les services, c‘est encore plus clair parce que – sauf à faire partie du marché intérieur comme la Norvège – ça suppose des harmonisations encore plus profondes”, a ajouté le diplomate. “Par exemple, le passeport financier pour la City, c‘est incompatible avec une sortie du marché intérieur, ça c‘est sûr. C‘est certain : le passeport est vraiment lié au marché intérieur puisqu‘il suppose une application des règles uniforme et la Cour de justice.”

Le passeport européen permet actuellement aux banques immatriculées au Royaume-Uni d‘opérer dans tous les pays de l‘UE sans devoir être enregistrées dans chaque Etat membre.

“Il faudra mettre d‘autres instruments pour pouvoir maintenir des relations financières mais ce sera de nature très différente”, a encore déclaré le diplomate.

Prié de commenter la phrase de Theresa May selon laquelle elle préfèrerait pas d‘accord avec l‘Union plutôt qu‘un mauvais accord, le diplomate a répondu : “on entre dans une négociation classique et l‘on retrouve les réflexes des négociateurs, dire : ‘je préfère pas d‘accord qu‘un mauvais accord’, ‘je ne suis demandeur de rien’ etc. Il y a des jeux classiques qui permettent de positionner les acteurs d‘une négociation.”

En fonction des mesures réglementaires que le gouvernement britannique pourrait prendre pendant les négociations, “on va devoir aussi, à 27, renforcer la manière dont nous nous protégeons contre des concurrences déloyales”, a-t-il ajouté.

Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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