17 janvier 2017 / 18:25 / il y a 7 mois

Brainard (Fed) souligne les risques d'un budget inflationniste

La Réserve fédérale est susceptible de relever les taux d'intérêt plus énergiquement si les dépenses budgétaires de l'administration Trump se traduisaient par un prompt coup de fouet à la croissance, a déclaré Lael Brainard mardi (photo), un des gouverneurs les plus attachés à une politique des taux bas. /Photo d'archives/Yuri Gripas

WASHINGTON (Reuters) - La Réserve fédérale est susceptible de relever les taux d'intérêt plus énergiquement si les dépenses budgétaires de l'administration Trump se traduisaient par un prompt coup de fouet à la croissance, a déclaré mardi l'un des gouverneurs les plus attachés à une politique des taux bas.

"Si les variations de la politique budgétaire débouchent sur une élimination plus rapide des capacités inemployées, l'ajustement monétaire sera sans doute plus rapide aussi, toutes choses égales par ailleurs", a déclaré Lael Brainard, lors d'une conférence parrainée par la Brookings Institution.

Brainard, qui fut haut fonctionnaire du Trésor sous l'administration Obama, recommande la prudence pour ce qui est de resserrer la politique monétaire depuis qu'elle a rejoint le Conseil des gouverneurs en 2014.

Mais, à l'instar d'un nombre croissant de ses collègues, elle estime à présent qu'un creusement régulier du déficit budgétaire pourrait alimenter l'inflation dans une économie américaine qui tourne presque à plein régime.

"Le plein emploi est à portée de main et il pourrait être durable avec la bonne combinaison des politiques", a-t-elle observé, ajoutant que l'"approche progressive" de la Fed en matière de hausse des taux pourrait changer suivant la manière dont évoluera la politique budgétaire.

Après avoir pratiqué une politique de taux quasi nuls sept années durant, pour aider l'économie américaine à émerger de la récession de 2007-2009, la Fed a opéré une hausse des taux en 2015 puis une autre en 2016 et en anticipe trois autres rien que cette année.

Mais le président Donald Trump, qui prendra ses fonctions vendredi, a brouillé les cartes en s'engageant à poursuivre une politique de grands travaux et de hausse des dépenses militaires.

Plusieurs responsables de la Fed craignent l'effet de surchauffe d'une telle politique économique, qui nécessiterait un tour de vis monétaire bien plus énergique, au risque de déclencher une nouvelle récession.

Dans le même temps, William Dudley, président de la Fed de New York, s'est fait l'écho d'une autre opinion qui circule dans les cercles de la banque centrale et voulant qu'une politique réglementaire plus favorable aux entreprises serait du meilleur effet pour la productivité.

Brainard estime elle aussi que toute orientation budgétaire qui doperait la productivité des salariés américains assurerait une croissance économique plus dynamique à l'avenir, ce qui aiderait à maîtriser les déficits.

Avec Richard Leong à New York, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison

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