22 décembre 2016 / 08:09 / il y a un an

Swatch peine à convaincre que les batteries auto le relanceront

ZURICH (Reuters) - Il y a trois ans, Swatch Group, numéro un mondial de l‘horlogerie, publiait des ventes record et annonçait son intention de se diversifier dans les batteries pour véhicules électriques.

Le chiffre d'affaires 2016 de Swatch Group devrait être en baisse par rapport à celui de 2015 (8,45 milliards de francs, soit 7,89 milliards d'euros), ses stocks s'accumulent et la part du CA consacrée à la recherche et au développement diminue. Certains investisseurs se posent donc des questions sur la pertinence de ses choix. /Photo d'archives/REUTERS/Arnd Wiegmann

Mais les temps ont changé: le chiffre d‘affaires 2016 du groupe suisse devrait être en baisse par rapport à celui de 2015 (8,45 milliards de francs, soit 7,89 milliards d‘euros), ses stocks s‘accumulent et la part du CA consacrée à la recherche et au développement diminue. Certains investisseurs se posent donc des questions sur la pertinence de ses choix.

Nick Hayek, le directeur général de Swatch Group depuis 2003, s‘est pour l‘instant refusé à réduire les coûts, en arguant de la nécessité de disposer des compétences nécessaires pour faire face à une reprise de la demande lorsqu‘elle se manifestera.

Le patron de Swatch a en outre perdu de la crédibilité auprès des investisseurs en avançant des prévisions par trop optimistes.

“Quand il dit 10, vous savez que ça peut être 5,” dit Urs Beck, gérant de fonds chez EFG Asset Management.

“Il y a peu d‘informations sur les batteries,” ajoute-t-il. “Hayek est connu pour donner des prévisions alléchantes qui, souvent, ne se concrétisent pas sur le long terme.”

Un porte-parole de Swatch a refusé de s‘exprimer sur les critiques de la stratégie du groupe mais il a dit qu‘il n‘était pas prévu de réduire la capacité de production.

L‘attentisme reproché à Nick Hayek pèse sur le cours de Bourse de Swatch, en baisse de 12% depuis le début de l‘année après un recul de 21% en 2015, des contre-performances à comparer aux replis de 6% et 19% respectivement affichés par Richemont. Le titre Swatch accuse une décote de 15% sur Richemont en terme de rapport cours/bénéfice à 12 mois.

PROBLÈME DE CRÉDIBILITÉ

L‘an dernier, Nick Hayek a annoncé que Swatch allait lancer une batterie pour véhicules électriques révolutionnaire, développée en collaboration avec Belenos Clean Power (dont Swatch possède 51%) et l‘Institut fédéral de technologie (ETH) de Zurich.

Les batteries automobiles semblent promises à une croissance soutenue au cours des années à venir si le marché des véhicules électriques répond aux attentes placées en lui. Mais ce marché est déjà très concurrentiel, certains spécialistes comme l‘américain Tesla ou le japonais Panasonic investissant des milliards pour augmenter leurs capacités et réduire leurs coûts de production.

Nick Hayek, qui a refusé de s‘exprimer lors de la préparation de cet article, a déclaré publiquement que la batterie en développement, qui pourrait équiper des voitures, des vélos, des scooters et des drones, serait en mesure de générer un chiffre d‘affaires de 10 à 15 milliards de dollars (9,4 à 14,1 milliards d‘euros) d‘ici 2020. Mais il n‘a présenté que très peu d‘éléments à l‘appui de cette prévision.

Renata, filiale de Swatch basée près de Bâle, produit actuellement des prototypes de batteries mais ceux-ci n‘ont pas encore été présentés aux investisseurs, pourtant impatients.

UN CALENDRIER JUGÉ IRRÉALISTE

“Le calendrier me semble irréaliste. Il est impossible, en partant de zéro, d‘arriver à dix milliards de ventes en trois ans seulement”, estime Paul Wyser, propriétaire du fabricant suisse de batteries Wyon et ancien cadre de Swatch Group.

“Développer des batteries prend du temps à cause des tests de sécurité. Il faut aussi vérifier que cela fonctionne sur le long terme.”

Certains observateurs remettent en cause les coûts du projet. “Il faut investir beaucoup avant que cela commence à générer un retour sur investissement”, dit Rene Weber, analyste de Vontobel.

Swatch explique avoir noué en mai un partenariat avec le constructeur automobile chinois Geely permettant à ce dernier d‘utiliser sa technologie lorsqu‘elle sera opérationnelle.

Mais Geely est plus prudent: “C‘est un projet parmi d‘autres, nous travaillons avec de nombreux fournisseurs”, a dit un porte-parole à Reuters.

“Il est beaucoup trop tôt pour dire si nous le développerons ensemble ou si nous investirons dans le projet”, a-t-il ajouté.

Urs Beck dit pour sa part apprécier l‘approche à long terme de l‘entreprise tout comme le niveau élevé des stocks.

“C‘est en bas de cycle qu‘on peut gagner des parts de marché et Swatch Group est bien placé pour le faire”, explique-t-il.

Avec Laurence Frost à Paris et Eric Auchard à Francfort; Marc Angrand et Patrick Vignal pour le service français

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