15 décembre 2016 / 20:53 / il y a 8 mois

La Grèce résistera à ses créanciers sur la prime de Noël

Le gouvernement grec ne cédera pas aux pressions visant à le faire renoncer au versement d'une prime de Noël aux retraités les plus pauvres, a déclaré jeudi le ministre des Finances Euclid Tsakalotos (photo), disant qu'il y allait de la crédibilité de l'équipe au pouvoir. /Photo prise le 5 décembre 2016/Francois Lenoir

BERLIN/PARIS/ATHENES (Reuters) - Le gouvernement grec ne cédera pas aux pressions visant à le faire renoncer au versement d'une prime de Noël aux retraités les plus pauvres, a déclaré jeudi le ministre des Finances Euclid Tsakalotos, disant qu'il y allait de la crédibilité de l'équipe au pouvoir.

Le Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds d'aide financière de la zone euro a suspendu mercredi la mise en oeuvre des mesures à court terme d'allègement du fardeau de la dette de la Grèce après l'annonce par le gouvernement grec de son intention de distribuer cette prime de Noël en décembre.

Le coût de cette mesure s'élève à 617 millions d'euros.

S'exprimant lors d'une visite à Berlin, Euclid Tsakalotos a déclaré que les Etats européens devaient pouvoir montrer qu'ils étaient capable de résoudre leurs problèmes dans un contexte de montée des populismes dans nombre de pays.

"(Le peuple) grec doit pouvoir constater que des sacrifices consentis pendant six, sept ans commencent enfin à porter leurs fruits", a-t-il dit.

"Si ceux qui n'ont pas d'emploi, si les retraités ne voient pas quel rôle ils peuvent jouer dans la croissance post-crise, alors l'Europe est dans une situation très inquiétante."

La prime de Noël a fortement agacé certains responsables politiques allemands et le MES a enfoncé le clou jeudi en disant que cette prime ainsi que les mesures envisagées par le gouvernement grec en matière de TVA soulevaient de graves interrogations sur les engagements d'Athènes vis-à-vis de ses bailleurs de fonds de la zone euro.

Mais d'autres dirigeants européens ont volé au secours de la Grèce, à l'image du président français François Hollande qui a estimé qu'il ne pouvait être question de l'empêcher de "prendre un certain nombre de décisions souveraines qui respectent les engagements", appelant à ce que le pays soit traité "dignement".

Le ministre des Finances français Sapin a également apporté son soutien au gouvernement grec, tout comme Pierre Moscovici, le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, qui a déclaré dans la journée que, aux yeux de la Commission européenne, la zone euro n'avait aucune raison de remettre en cause l'accord sur l'aménagement de la dette grecque.

Les ministres des Finances de la zone euro avaient entériné le 5 décembre cet accord. Mais, trois jours plus tard, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a annoncé la prime de Noël, sans avoir consulté les créanciers du pays.

Avec la contribution de Jan Strupczewski, de Jean-Baptiste Vey, de Francesco Guarascio et de Marc Joanny à Paris, Benoît Van Overstraeten pour le service français

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