14 décembre 2016 / 06:12 / dans 9 mois

Actelion discute avec Sanofi après le retrait de J&J

Actelion discute d'une possible transaction avec Sanofi, a-t-on appris de plusieurs sources mercredi, après la décision du groupe de santé américain Johnson & Johnson de renoncer à mettre la main sur la biotechnologique suisse. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer

NEW YORK/ZURICH (Reuters) - Actelion discute d‘une possible transaction avec Sanofi, a-t-on appris de plusieurs sources mercredi, après la décision du groupe de santé américain Johnson & Johnson de renoncer à mettre la main sur la biotechnologique suisse.

Sanofi s‘est refusé à tout commentaire.

L‘action Actelion perdait près de 10% en Bourse de Zurich vers 12h30 GMT, la plus forte baisse des indices Stoxx 600 et FTSEurofirst 300, les investisseurs craignant que le retrait de J&J n‘altère sensiblement la possibilité d‘un accord favorable aux actionnaires du groupe suisse. Au même moment à Paris, Sanofi cédait 2,22%.

Sanofi, qui avait dû abandonner le spécialiste de l‘oncologie Medivation à Pfizer en août, reste à l‘affût de toute opération susceptible d‘élargir sa gamme de produits. Et des analystes soulignent que son directeur général, Olivier Brandicourt, ne peut pas se permettre un nouvel échec en la matière.

Johnson & Johnson avait déclaré en novembre qu‘il avait entamé des discussions en vue d‘acquérir Actelion pour un montant alors évalué à 20 milliards de dollars (18,8 milliards d‘euros).

Actelion l‘a informé qu‘il était confiant dans sa capacité à obtenir une proposition bien supérieure à son offre d‘environ 250 francs suisses par action, selon une source proche du dossier, qui évoque aussi des désaccords avec J&J sur les modalités d‘un éventuel rachat.

L‘action Actelion avait terminé à 208,50 francs mardi en Bourse de Zurich, lui donnant une capitalisation de 22,5 milliards de francs (environ 21 milliards d‘euros), en hausse de 25% depuis l‘annonce par J&J de l‘ouverture des discussions.

“Je présume que ces interlocuteurs sont disposées à faire des propositions plus attrayantes que celles envisagées par J&J”, dit Eleanor Taylor Jolidon, gérante chez Union Bancaire Privée, l‘un des 40 premiers actionnaires d‘Actelion.

“Si ce n‘était pas le cas, le conseil d‘administration n‘aurait pas agi au mieux des intérêts des actionnaires en créant une situation aboutissant au retrait de J&J”.

CLOZEL NE VOULAIT PAS VENDRE

Actelion a confirmé tenir des discussions sur une “éventuelle transaction stratégique” sans dire avec qui.

Un porte-parole s‘est refusé à tout commentaire mais des sources proches du dossier ont identifié Sanofi.

Des analystes avaient auparavant noté que la gamme de produits d‘Actelion se marierait bien avec ceux de Genzyme, la filiale de Sanofi spécialisée dans les maladies rares.

Mais même dans ces conditions, une bataille d‘offres pourrait porter le prix à des niveaux irréalistes. “Remporter une bataille d‘offres lorsqu‘il s‘agit d‘acheter une biopharmaceutique aboutit presque toujours à la surpayer fortement”, constate Tim Anderson, analyste de Bernstein.

“Si Actelion partait pour une trentaine de milliards de dollars, cela équivaudrait à 13 fois le chiffre d‘affaires environ et à 30 fois le bénéfice d‘exploitation, donc à des niveaux élevés”.

Selon une source proche de J&J, Jean-Paul Clozel, le directeur général fondateur d‘Actelion, ne voulait pas vendre. “Cela n‘avait rien à voir avec le prix; il ne veut tout simplement pas lâcher le contrôle”, a-t-elle expliqué.

Jean-Paul Clozel et son épouse Martine, responsable du département scientifique, ont fait de leur société le leader européen des médicaments issus des biotechnologies.

Leur ambition est se développer Actelion dans les traitements de la sclérose en plaques et les infections à clostridium difficile, mais il faudra des années avant de voir des médicaments homologués.

Le groupe suisse compte aussi sur l‘Opsumit et l‘Uptravi, des traitements de l‘hypertension de l‘artère pulmonaire (HAP), qui pourraient représenter un chiffre d‘affaires annuel combiné de près de 4,5 milliards de francs suisses d‘ici 2020 selon des données de Reuters.

Si les négociations en cours n‘aboutissaient pas, certains actionnaires pourraient bien repartir à l‘offensive. Clozel avait résisté victorieusement voici cinq ans à l‘assaut du fonds spéculatif Elliott Management, qui déjà voulait mettre le groupe en vente et remettait en cause sa stratégie.

Avec Pamela Barbaglia, Sophie Sassard et Ben Hirschler à Londres, John Miller à Zurich, Ismail Shakil et Diptendu Lahiri à Bangalore et Matthias Blamont à Paris; Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand

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