12 décembre 2016 / 16:46 / il y a un an

Trump dénonce le coût du programme F-35

WASHINGTON (Reuters) - Donald Trump a dénoncé lundi les coûts du programme de l‘avion de combat F-35 de Lockheed Martin et promis de s‘attaquer au problème dès son entrée en fonction, entraînant la baisse du titre du groupe d‘armement à Wall Street.

Le F-35B de Lockheed Martin. "Le programme et le coût du F-35 sont hors de contrôle", lit-on sur le compte Twitter de Donald Trump qui a dénoncé lundi les coûts du programme de l'avion de combat F-35 de Lockheed Martin et promis de s'attaquer au problème dès son entrée en fonction. /Photo d'archives/REUTERS/Peter Nicholls

“Le programme et le coût du F-35 sont hors de contrôle”, lit-on sur le compte Twitter du futur président des Etats-Unis. “Des milliards de dollars peuvent être et seront économisés sur les achats militaires (et autres) après le 20 janvier.”

Interrogée à propos du tweet de Donald Trump, son équipe de transition a déclaré que le message signifiait que le président élu allait se battre pour les contribuables, comme il l‘avait promis pendant sa campagne.

Le patron du programme F-35 chez Lockheed Martin, Jeff Babione, a déclaré pour sa part que son groupe comprenait les inquiétudes concernant le coût du programme et avait investi des millions de dollars pour faire baisser le prix de l‘avion.

De son côté, le président de la commission des Forces armées au Sénat, John McCain, a déclaré à Reuters approuver les critiques de Donald Trump, en précisant que le président ne pouvait pas annuler le programme F-35 mais qu‘il pouvait revoir le nombre d‘appareils commandés.

“Il peut réduire les achats au fil du temps, l‘an prochain, quand nous étudierons la question”, a dit John McCain. “Mais pour l‘instant, l‘acquisition (...) d‘un grand nombre d‘exemplaires est en route et, je suis heureux de le dire, à un prix contractuel fixe. Le président, j‘en suis sûr, pourra étudier la question.”

Avec ses partenaires Northrop Grumman, Pratt & Whitney et BAE Systems, Lockheed Martin développe et construit trois variantes du F-35, rival du Rafale de Dassault Aviation, pour l‘armée américaine et dix autres pays -- le Royaume-Uni, l‘Australie, la Norvège, le Danemark, les Pays-Bas, l‘Italie, la Turquie, Israël, le Japon et la Corée du Sud.

LE PENTAGONE DÉBOURSE PLUS DE $100 MILLIONS PAR AVION

Une semaine avant la victoire de Donald Trump à l‘élection présidentielle du 8 novembre, le Pentagone et Lockheed Martin ont bouclé les négociations sur un neuvième contrat de F-35, portant sur 90 avions pour 7,18 milliards de dollars (6,8 milliards d‘euros).

Le Pentagone débourse environ 102 millions de dollars pour chaque exemplaire du F-35 à décollage conventionnel, selon des sources proches du dossier. Ce prix correspond à une économie de plus de 50% par rapport au prix des tout premiers exemplaires livrés.

Jeff Babione a expliqué que Lockheed Martin s‘était fixé pour objectif de réduire de 60% le prix unitaire de l‘action par rapport aux estimations initiales. “Nous prévoyons qu‘il sera d‘environ 85 millions de dollars à l‘horizon 2019 ou 2020”, a-t-il dit à des journalistes en Israël, à l‘occasion de la livraison du premier exemplaire du F-35 acheté par Tsahal.

La critique de Donald Trump visant Lockheed Martin, après celle ciblant Boeing la semaine dernière à propos du coût de l‘avion présidentiel, Air Force One, font craindre à certains des années difficiles pour les industriels de la défense.

“Démanteler un programme comme celui-là, qui concerne des sous-traitants dans pratiquement tous les Etats et huit pays partenaires, est pratiquement impossible”, estime Peter Arment, analyste financier de Baird Equity Research, dans une note publiée lundi.

“Mais il est probable (...) que le message consiste à dire au secteur que les risques en matière de coûts peuvent être davantage partagés. Cela augure d‘un possible changement de paradigme pour le secteur.”

A Wall Street, le titre Lockheed Martin perdait plus de 2,5% à 252,95 dollars vers 19h50 GMT, entraînant avec lui l‘indice du secteur de l‘armement, dont presque toutes les composantes étaient dans le rouge. A Londres, l‘action BAE Systems a reculé de 2,42%.

Doina Chiacu et Susan Heavey; Patrick Vignal pour le service français, édité par Véronique Tison

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