12 décembre 2016 / 15:21 / il y a un an

La Fed risque de bousculer l'agenda de Donald Trump

WASHINGTON (Reuters) - La Réserve fédérale ouvrira cette semaine l‘ère Trump avec une hausse quasi certaine de ses taux d‘intérêt et des prévisions économiques qui donneront un premier aperçu de l‘impact du résultat de l‘élection présidentielle américaine sur la politique monétaire des Etats-Unis.

La Réserve fédérale ouvrira cette semaine l'ère Trump avec une hausse quasi certaine de ses taux d'intérêt et des prévisions économiques qui donneront un premier aperçu de l'impact du résultat de l'élection présidentielle américaine sur la politique monétaire des Etats-Unis. /Photo d'archives/REUTERS/Joshua Roberts

Les contrats à terme montrent une probabilité de 97% d‘un relèvement des taux directeurs de la Fed d‘un quart de point au terme de la réunion mardi et mercredi de son comité de politique monétaire (FOMC), selon CME Group.

La totalité des 120 économistes interrogés par Reuters la semaine dernière anticipent un relèvement des taux d‘intérêt dans le sillage des bons chiffres de l‘économie américaine.

Plus révélateur sera de voir si le rally boursier et la hausse des rendements obligataires portés par l‘élection à la présidence de Trump le 8 novembre conduiront la Fed à accélérer la cadence des hausses de taux en 2017 et au-delà.

Le président élu hérite d‘une économie solide, qui a affiché un taux de croissance de 3,2% au troisième trimestre, le plus élevé depuis deux ans. Mais ses promesses de réduire les impôts, de desserrer l‘étau réglementaire et d‘augmenter les dépenses d‘infrastructures pourraient ne pas seulement doper l‘économie, mais également alimenter l‘inflation.

Depuis leur première publication en 2012, les “dot plot” de la Fed, qui rassemblent les projections du niveau futur des taux de chacun des membres du FOMC (Federal Open Market Committee), ont toujours évolué dans la même direction -- à la baisse -- et leurs niveaux de cette semaine feront figure de test.

En septembre, la probabilité médiane des responsables de la Fed était de deux hausses d‘intérêt l‘an prochain et la moyenne se situait à 2,6. Une hausse de ses taux directeurs cette semaine serait la première depuis décembre dernier et seulement la deuxième depuis la crise financière de 2007-2009.

“Leur rythme va s‘accélérer et intervenir un peu plus tôt”, a expliqué Steve Rick, économiste en chef de CUNA Mutual Group, une société d‘assurance et de services financiers. Il a ajouté que l‘économie fonctionnait à hauteur de son potentiel et que c‘était le signal pour la Fed de “passer à une autre étape” pour normaliser sa politique monétaire.

La Fed souhaite depuis longtemps voir la politique budgétaire prendre le relais de sa politique monétaire accommodante, dont l‘efficacité s‘est atténuée avec le temps.

Mais des responsables de la banque centrale ont souligné ces dernières semaines que toute nouvelle dépense budgétaire devrait spécifiquement cibler l‘accroissement de la productivité d‘une économie proche déjà du plein emploi et confrontée à une dette publique élevée.

Les nouvelles prévisions de la Fed montreront si elle partage l‘enthousiasme des marchés pour le programme de Trump ou si elle lui laisse davantage de temps pour détailler ses projets.

La présidente de la Fed, Janet Yellen, tiendra une conférence de presse à 19h30 GMT mercredi pour expliquer la décision de la banque centrale et ses prévisions économiques.

Trump a régulièrement attaqué Yellen durant la campagne électorale, l‘accusant de maintenir des taux bas pour aider le camp démocrate et promettant de ne pas la reconduire à l‘issue de son mandat en 2018.

Depuis son élection, il s‘en est pris aussi à certains choix de l‘administration Obama, comme le remplacement de l‘avion présidentiel Air Force One construit par Boeing qu‘il juge trop coûteux.

Sa réaction après la réunion de la Fed sera également scrutée dans l‘espoir d‘y lire des indices sur ses futures relations avec l‘institut d‘émission.

“Il y a un réel risque qu‘il critique ouvertement la décision d‘augmenter les taux”, déclare Paul Ashworth, économiste chez Capital Economics.

Cela pourrait contrarier les marchés en faisant craindre un interventionnisme de la Maison blanche dans la politique monétaire américaine et une remise en cause de l‘indépendance de la Fed.

“S‘il ne dit rien après l‘annonce, alors nous pouvons supposer que ce sera ‘business as usual’ pour la Fed”, conclut Ashworth.

Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité par Véronique Tison

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