11 décembre 2016 / 17:33 / dans un an

Villeroy met en garde contre l'"illusion" budgétaire

PARIS (Reuters) - L‘accélération de la croissance française ne pourra pas venir d‘une relance budgétaire, déclare dans Les Echos le gouverneur de la Banque de France, qui met en garde contre une telle “illusion” dans la campagne pour la présidentielle de 2017.

L'accélération de la croissance française ne pourra pas venir d'une relance budgétaire, déclare dans Les Echos le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, qui met en garde contre une telle "illusion" dans la campagne pour la présidentielle de 2017. /Photo d'archives/REUTERS/Axel Schmidt

“La France ne sera légitime pour demander aux Allemands une relance que si elle-même est crédible sur l‘accélération de ses réformes et sur ses engagements budgétaires”, souligne François Villeroy de Galhau dans un entretien à paraître lundi dans le quotidien économique.

“S’agissant des comptes publics, on n‘écoutera la France en Europe que si on la croit. Nous devons respecter notre engagement d‘un déficit à moins de 3% du PIB en 2017”, poursuit-il.

Dans ses prévisions semestrielles publiées vendredi, la banque centrale française table sur un déficit public à 3,1% du PIB l‘an prochain, alors que le gouvernement prévoit toujours de le ramener sous le seuil des 3%, comme la France s‘y est engagée auprès de ses partenaires européens, avec un objectif maintenu à 2,7% pour 2017.

“Revenir sous les 3% supposerait un effort d‘économies de 4 milliards d‘euros soit 0,3% des dépenses publiques : c‘est accessible! Mais personne ne devrait créer d‘illusion dans le débat électoral: l’accélération de la croissance française ne peut pas venir d’une relance budgétaire”, déclare le gouverneur de la Banque de France, qui défend l’“indépendance” de l‘institution dans la campagne qui s‘ouvre.

A la question de savoir si le programme de François Fillon, candidat de la droite et du centre qui entend économiser 110 milliards d‘euros en cinq ans, il répond : “Notre rôle n‘est sûrement pas de distribuer les bons et les mauvais points politiques.”

François Villeroy de Galhau précise toutefois : “Notre dépense publique atteint 56% du PIB, alors que le même modèle social ne coûte en Suède que 51% ou 47% en moyenne de la zone euro. Nous avons donc entre 100 et 200 milliards d’euros de dépenses publiques de plus que nos voisins européens. Je crois profondément au service public mais il faut activer nos marges d‘efficacité.”

La Commission européenne, l‘OCDE et le FMI ont préconisé ces derniers mois de profiter du contexte de taux bas pour recourir au levier budgétaire afin de dynamiser la croissance par une relance de l’investissement.

Concrètement, cette invitation à dépenser davantage concerne les pays disposant d‘une marge de manoeuvre budgétaire, soit dans le cas de la zone euro, l‘Allemagne, les Pays-Bas et le Luxembourg.

Mais l’Eurogroupe a rejeté la semaine dernière la proposition de la Commission européenne et a refusé de fixer un objectif d’expansion budgétaire pour 2017.

L’initiative de la Commission avait reçu le soutien du ministre français des Finances Michel Sapin mais ses homologues allemand et néerlandais s’y étaient opposés.

Sophie Louet et Myriam Rivet

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below