22 novembre 2016 / 15:12 / il y a un an

L'Opep débattra d'une baisse chiffrée, Iran et Irak hésitent

VIENNE/DUBAI (Reuters) - Les ministres de l‘Opep débattront la semaine prochaine d‘une réduction de 4% à 4,5% de la production de la plupart des pays membres de l‘organisation, Libye et Nigeria exclus, mais le soutien de l‘Irak et de l‘Iran à cette proposition est loin d‘être acquis.

Les ministres de l'Opep débattront la semaine prochaine d'une réduction de 4% à 4,5% de la production de la plupart des pays membres de l'organisation, Libye et Nigeria exclus, mais le soutien de l'Irak et de l'Iran à cette proposition est loin d'être acquis. /Photo prise le 24 octobre 2016/REUTERS/Leonhard Foeger

Trois sources au sein de l‘Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ont déclaré à Reuters que les experts réunis à Vienne avaient décidé mardi de recommander, en vue de la réunion ministérielle du 30 novembre, la proposition algérienne d‘une diminution de 4% à 4,5% de la production.

Une telle limitation équivaudrait à une baisse de plus de 1,2 million de barils par jour (bpj), selon les calculs de Reuters basés sur les chiffres du cartel d‘octobre, et se situe dans le haut de la fourchette des prévisions du marché.

Mais ces sources ont ajouté que les représentants de l‘Irak et de l‘Iran, ainsi que ceux de l‘Indonésie, avaient exprimé des réserves sur leur contribution à cet effort de limitation de l‘offre pendant les discussions lundi et mardi du comité technique de haut niveau en vue de la réunion ministérielle.

Vers 11h00 GMT, le baril de Brent gagnait 0,31% à 49,05 dollars et le brut léger américain était stable.

En septembre, l‘Opep s‘était entendue sur une réduction pour parvenir à une production comprise entre 32,5 millions et 33 millions de bpj, alors que les dernières estimations du cartel faisaient état d‘une production de 33,8 millions de bpj.

L‘Iran, dont la production a été pénalisée par les sanctions occidentales et qui veut désormais gagner des parts de marché, et l‘Irak souhaitent bénéficier d‘exemptions.

Le ministre des Affaires étrangères irakien a déclaré mardi à Budapest que l‘Opep devrait permettre à l‘Irak de continuer à augmenter sa production sans restriction.

ÂPRES DISCUSSIONS

L‘Iran et l‘Irak ont fixé certaines conditions pour souscrire à l‘accord, ont dit des sources préférant rester anonymes, ajoutant que l‘Arabie saoudite et ses alliés du Golfe avaient laissé entendre qu‘ils étaient prêts à réduire d‘un million de bpj au plus leur propre production.

Les pays membres de l‘Opep ont proposé à l‘Iran de diminuer sa production de 4,5% à partir d‘un plafond relevé à plus de 3,92 millions bpi, ce qui l‘amènerait à 3,79 millions de bpj. Cela représente 90.000 bpj de plus que sa production d‘octobre, selon des estimations de sources secondaires de l‘Opep.

L‘organisation demande à l‘Irak de réduire la sienne de 200.000 bpj, le pays se demandant par ailleurs si cette réduction s‘appliquerait aux estimations du cartel ou à ses propres chiffres, qui sont plus élevés.

“Environ 85% des baisses demandées par l‘Opep touchent les pays du Golfe, mais l‘Iran discute toujours”, a déclaré une source.

La Russie, qui n‘est pas membre de l‘Opep, prône elle un gel plutôt qu‘une baisse de la production, a indiqué un délégué de l‘organisation.

“Cela rend plus difficile pour l‘Opep de parvenir toute seule à rééquilibrer le marché et à faire remonter les prix”, a dit la source.

Marc Angrand et Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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