4 novembre 2016 / 08:22 / il y a un an

Richemont restructure sa direction, rassure sur ses ventes

PARIS/ZURICH (Reuters) - Le groupe de luxe suisse Richemont a annoncé vendredi une refonte de sa gouvernance et fait état de ventes “modérement positives” en octobre alors qu‘elles étaient attendues en baisse, ce qui a fait flamber le titre à la Bourse de Zurich.

Le logo de Van Cleef et Arples, un fabricant de bijoux de Richemont. Le directeur général et directeur financier du groupe de luxe suisse démissionnera, avec près du tiers de conseil d'administration, l'an prochain dans un contexte de faiblesse chronique de la demande. /Photo d’archives/REUTERS/Denis Balibouse

Le poste de directeur général sera supprimé après le départ de son titulaire actuel Richard Lepeu à la fin mars 2017, a dit vendredi le président et principal actionnaire Johann Rupert alors que le groupe est confronté au net ralentissement du marché de l‘horlogerie haut de gamme.

Richemont a par ailleurs dit avoir enregistré des “ventes modestement positives” au mois d‘octobre alors qu‘une poursuite de leur baisse était attendue par le consensus des analystes.

Le groupe, propriétaire entre autres du joaillier Cartier et des horlogers Vacheron-Constantin et IWC, a précisé que les tendances en Chine continentale et à Honk Kong s‘étaient améliorées mais qu‘il ne ferait plus de point mensuel sur son activité en raison de la volatilité accrue de ses marchés.

Vers 13h00 GMT, le titre Richement bondit de 8,01% à 68,20 francs suisses à la Bourse de Zurich, la plus forte hausse de l‘indice paneuropéen FTSEurofirst 300.

“Il est impossible de remplacer Richard (Lepeu) et de désigner une nouvelle personne s‘occupant de 35 autres qui lui rapportent directement”, a dit Johann Rupert lors d‘une téléconférence.

“Le conseil d‘administration est vraiment là pour allouer le capital et les ressources humaines, c‘est une structure plus sensée et plus juste.”

Rupert, qui a eu dans le passé un rôle exécutif, a dit qu‘il n‘avait pas vocation à s‘impliquer davantage dans la gestion au jour le jour du groupe et qu‘il entendait rester “la tour de contrôle des égos”.

VOLONTÉ DE DIVERSITÉ

Le groupe a nommé Georges Kern, acutel directeur général d‘IWC Schaffhausen, à la tête de l‘horlogerie, du marketing et du numérique. Jérôme Lambert, directeur général de la marque Montblanc, devient quant à lui responsable des opérations en charge de l‘ensemble des activités hors joaillerie et horlogerie.

Le directeur financier Gary Saage, qui partira à la retraite en juillet, sera remplacé par son adjoint Burkhart Grund tandis que près du tiers des membres du conseil d‘administration démissionneront pour rejoindre un Conseil consultatif international, nouvellement créé.

Alors que la quasi-totalité des membres du conseil d‘administration ont plus de 50 ans et qu‘il ne comporte aucune femme, Rupert a plaidé pour un renouvellement de génération.

“Je veux voir moins d‘hommes grisonnants et moins de Français grisonnants, nous n‘avons pas assez de femmes et pas assez de diversité, pas assez d‘Asiatiques ou d‘Américains”, a-t-il dit, ajoutant que l‘éventualité de voir son fils rejoindre le conseil “n‘avait pas encore été discutée”.

Après plus de deux ans de recul de ses vents, Richemont a racheté des stocks à ses détaillants dans les centres les plus touchés comme Honk Kong. Rupert a dit que ce processus était désormais en grande partie terminé et qu‘il était surpris que ses concurrents ne fassent pas de même car “il y a des excédents de stocks dans tous les produits d‘horlogerie.”

Le groupe s‘est refusé à donner des précisions sur des réductions d‘emploi. Il a dit vouloir gérer les excédents et réduire les effectifs grâce aux départs volontaires. Richemont prévoit aussi de fermer ses boutiques peu performantes, notamment en Chine.

Saage a dit qu‘à fin septembre 25 boutiques avaient été fermées et que 25 supplémentaires le seraient d‘ici à fin décembre.

“Nous devons réduire la voilure non seulement en production mais à travers tout le groupe pour nous assurer qu‘il n‘y pas de gras”, a dit Rupert.

Les fermetures de magasins et les rachats de stocks se sont traduits par une charge exceptionnelle de 249 millions d‘euros.

Le chiffre d‘affaires du groupe au titre du premier semestre a baissé de 12% à taux de change constants, à 5,1 milliards d‘euros, et son bénéfice net a chuté de 51% à 540 millions.

Hors charges exceptionnelles, la chute du profit n‘aurait été que de 25%. Richemont avait fait un avertissement sur résultat en septembre.

Bertrand Boucey et Marc Joanny pour le service français, édité par Patrick Vignal

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below