1 décembre 2015 / 06:39 / dans 2 ans

Le marché automobile français réaccélère en novembre

PARIS (Reuters) - Le marché automobile français a réaccéléré en novembre et est parti pour terminer l‘année sur un rebond plus vigoureux que prévu, sauf pour la marque Volkswagen qui a fait moins bien que ses concurrents dans le sillage de l‘affaire de manipulation des émissions polluantes de certaines des ses voitures.

LES IMMATRICULATIONS EN FRANCE

Il s‘est immatriculé le mois dernier 150.339 voitures neuves en France, selon des chiffres publiés mardi par le Comité des constructeurs français d‘automobiles (CCFA), soit une hausse de 11,3% en données brutes, après le coup d‘arrêt d‘octobre (+0,6%), et une progression de 5,7% en données corrigées des jours ouvrables, contre +5,1% le mois précédent.

Sur onze mois, le marché affiche désormais une croissance de 6,2% en données brutes, et de 5,7% en données CJO, supérieure à la plupart des prévisions actuelles.

“On reste sur une tendance de croissance régulière solide, la reprise est incontestable et nous finirons l‘année sur une note positive”, commente Flavien Neuvy, directeur de l‘Observatoire Cetelem de l‘automobile.

Il estime ainsi que le marché pourrait enregistrer une croissance de 6 à 6,5% sur l‘ensemble de 2015, alors que l‘Observatoire Cetelem prévoyait jusqu‘ici une hausse de 5,5%.

Le CCFA n‘a pour sa part pas modifié sa prévision d‘une croissance de 4 à 5%.

“On est au-dessus, à un mois de la fin de l‘année, mais nous restons sur notre prévision”, indique François Roudier, porte-parole du CCFA. “C‘est néanmoins de bon augure pour 2016 avec les nouveautés qui arrivent, comme la Renault Megane.”

VERS LA PLUS FORTE HAUSSE DEPUIS 2009

Sauf contre-performance en décembre, le marché automobile français devrait enregistrer en 2015 sa plus forte croissance depuis 2009, année de prime à la casse, et sa première vraie hausse depuis quatre ans.

En Bourse, la réaction est favorable à cette publication, en particulier pour les équipementiers comme Faurecia, qui gagne 2,6% vers 11h10, l‘une des plus fortes hausses de l‘indice SBF 120 (-0,3%). A titre de comparaison, l‘indice Stoxx du secteur automobile avance de 0,88%.

“C‘est un signe intéressant pour le marché automobile européen à l‘heure où on veut jouer la reprise économique dans la zone euro”, commente un gérant à Paris.

Renault, en hausse de 1,5%, est également soutenu par une information du journal Nikkei selon lequel Nissan souhaite porter sa participation dans son partenaire français à 25% ou davantage pour contrer l‘ingérence de l‘Etat dans l‘alliance Renault-Nissan.

Les immatriculations d‘utilitaires légers ont néanmoins reculé de 0,8% le mois dernier en France en données CJO, signe que le frémissement observé dans le BTP ne s‘accompagne pas encore d‘un véritable renouvellement du parc de véhicules par la profession.

PSA Peugeot Citroën a vu ses immatriculations rebondir de 13,1% en novembre, grâce à Peugeot (+16,6%) et à unereprise des ventes de Citroën (+7,8%) ou de DS (+10,9%).

Le groupe Renault a vu les siennes augmenter de 8,3%, une croissance vigoureuse de la marque Renault (+21,5%) éclipsant une forte baisse de la marque low cost Dacia (-33%).

“La performance de Dacia, qui se vend quasi exclusivement aux particuliers, montre que ceux-ci restent plus frileux que la demande des sociétés”, souligne Flavien Neuvy. “Est-ce qu‘il vont reprendre confiance et prendre le relais en 2016 ? Ce sera la clé pour le marché automobile français l‘an prochain.”

Après une baisse de 3% en octobre, un mois après l‘éclatement de la crise des émissions, les immatriculations de la marque Volkswagen ont rebondi de 4,4% mais sous-performent nettement la moyenne des groupes étrangers (+11,6%).

Le verdict des ventes tombera au cours des prochains mois, quand le groupe allemand aura fini d‘écouler son portefeuille de commandes et qu‘il commencera à immatriculer des voitures commandées après la crise de septembre. En novembre, les autres grandes marques du groupe (Audi, Skoda et Seat) ont affiché des progressions comprises entre 3,9% et 7,9%.

La part du diesel, qui baissait sans interruption depuis un an et demi sur fond de développement des moteurs essence à cylindrée réduite et de critiques récurrentes contre la technologie au gasoil, a légèrement remonté en novembre pour atteindre 55% des nouvelles voitures immatriculées sur le mois, contre 54,5% en octobre. Sur onze mois, le diesel recule à 57,5% contre 64,2% un an plus tôt.

Avec Alexandre Boksenbaum-Granier et Bertrand Boucey, édité par Jean-Michel Bélot

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