10 juin 2015 / 09:20 / il y a 2 ans

Le dialogue entre Athènes et ses créanciers reste tendu

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, accueille le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, venu participer au sommet entre l'UE et les pays d'Amérique latine et des Caraïbes. Pour la Commission européenne, les dernières propositions de réformes de la Grèce pour obtenir une nouvelle aide financière ne correspondent pas à ce qui a été convenu il y a une semaine et la balle est clairement dans le camp du gouvernement grec. /Photo prise le 10 juin 2015/François Lenoir

BRUXELLES/ATHENES (Reuters) - Les dernières propositions de réformes de la Grèce pour obtenir une nouvelle aide financière ne correspondent pas à ce qui a été convenu il y a une semaine et la balle est clairement dans le camp du gouvernement d'Alexis Tsipras, a déclaré mercredi la Commission européenne.

La Grèce, dont la situation financière continue de s'aggraver, cherche à conclure un accord avec ses créanciers sur un ensemble de réformes économiques en échange d'une aide pour ne pas faire défaut sur sa dette à la fin du mois, quand elle pourrait devoir rembourser 1,6 milliard d'euros au fonds monétaire international (FMI).

L'Allemagne a fait savoir que tout accord devait recevoir l'assentiment des trois institutions créancières (Union européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international).

"L'Allemagne n'acceptera un accord sur la Grèce que s'il est approuvé par les trois institutions, tout le reste est pure invention", a déclaré un porte-parole gouvernemental en réaction à des informations de l'agence Bloomberg selon lesquelles Berlin serait prêt à assouplir sa position.

Il a ajouté que la chancelière Angela Merkel et le président François Hollande verraient le Premier ministre grec Alexis Tsipras dans la soirée à Bruxelles pour un "échange de vues" sur les négociations sur la dette, une information annoncée au même moment par la France.

Alexis Tsipras a par ailleurs rencontré mercredi le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker pour "un échange de vues détaillé dans un climat constructif", a-t-on appris dans l'entourage du gouvernement grec. Les deux hommes se verront à nouveau jeudi.

Perçu pendant plusieurs semaines comme un intermédiaire privilégié entre la Grèce et ses créanciers européens, Jean-Claude Juncker a accusé dimanche Alexis Tsipras de déformer les propositions de ces derniers et de tromper les parlementaires grecs.

DIJSSELBLOEM GARDE ESPOIR

"Le travail se poursuit au niveau technique pour tenter de surmonter les divergences entre les différentes positions et créer les conditions d'un accord unanime entre les 19 membres de la zone euro", a dit mercredi un porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas.

"Dans cette dernière ligne droite, la Commission est de l'avis que la balle est maintenant clairement dans le camp du gouvernement grec, qui doit donner suite à l'accord conclu lors de la réunion avec le président (Jean-Claude) Juncker mercredi soir dernier", a-t-il poursuivi.

Ce porte-parole a précisé que le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Pierre Moscovici, avait annoncé dès mardi après-midi aux négociateurs grecs que les nouvelles propositions d'Athènes ne reflétaient pas le contenu des dernières discussions avec l'exécutif européen.

Un responsable grec a pour sa part assuré que la représentation grecque à Bruxelles n'avait reçu aucune réaction aux propositions de réformes soumises lundi, accompagnées de "deux documents supplémentaires relatifs à des options alternatives précises en matière de déficit budgétaire et de viabilité de la dette grecque".

Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a qualifié pour sa part d'insuffisantes les dernières propositions d'Athènes tout en ajoutant qu'un accord restait possible d'ici à la prochaine réunion des ministres des Finances de la zone euro, prévue le 18 juin.

D'après un responsable européen, la proposition de trois pages soumise lundi par Athènes a été jugée insuffisante car elle n'aborde pas la question des retraites et celle du marché du travail, deux points jugés cruciaux par les créanciers.

La Grèce semble exiger un engagement de ses créanciers sur un allègement de sa dette avant de signer le moindre accord sur des réformes, tandis que les créanciers adoptent l'approche inverse en réclamant un programme de réformes avant d'envisager des discussions sur la dette.

avec Julien Ponthus à Paris; Nicolas Delame et Bertrand Boucey pour le service français, édité par Marc Angrand et Patrick Vignal

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