8 juin 2015 / 08:55 / dans 2 ans

La chute des importations chinoises appelle une relance

Le port de Lianyungang, dans la province chinoise du Jiangsu. Une chute plus forte que prévu des importations chinoises en mai tend à renforcer la conviction que de nouvelles mesures de relance pourraient s'avérer nécessaires afin d'éviter un ralentissement brutal de la deuxième économie mondiale. /Photo prise le 23 janvier 2015/ REUTERS/China Daily

PÉKIN (Reuters) - Une chute plus forte que prévu des importations chinoises en mai tend à renforcer la conviction que de nouvelles mesures de relance pourraient s‘avérer nécessaires afin d‘éviter un ralentissement brutal de la deuxième économie mondiale.

Les économistes jugent que la faiblesse persistance des importations reflète le ralentissement de la demande intérieure, alors même que les fluctuations erratiques de la demande mondiale et la relative fermeté du yuan freinent les exportations et remettent en cause la capacité du pays à atteindre son objectif de croissance de 6% de la valeur de son commerce extérieur.

Selon des données publiées lundi par les services de douanes, les exportations ont reculé moins que prévu, tandis que les importations ont baissé beaucoup plus qu‘attendu, ce qui s‘est traduit par un excédent commercial supérieur aux attentes.

Libellées en dollars, les exportations ont baissé de 2,5% par rapport à mai 2014 et les importations de 17,6%, Les économistes attendaient, respectivement, -5,0% et -10,7%.

L‘excédent commercial chinois est ainsi ressorti à 59,5 milliards de dollars alors que les économistes interrogés par Reuters tablaient en moyenne sur un surplus de 44,95 milliards.

“Ces données montrent que l‘économie chinoise est encore en train de chercher son plancher. Nous nous attendons à ce que les paramètres du commerce extérieur restent faibles dans les quatre à cinq mois qui viennent, avec de nouvelles mesures de l‘Etat pour stabiliser (l‘économie)”, commente Liu Yaxin, responsable de la stratégie chez China Merchants Securities.

Il ajoute que les entreprises chinoises perdent du terrain sur les marchés mondiaux à cause de la relative fermeté du yuan.

Le yuan a progressé contre les grandes devises hors dollar ces derniers mois, mais le Premier ministre Li Keqiang a écarté toute idée de dévaluation de la monnaie.

Les exportations aux Etats-Unis, leur principal débouché, ont augmenté de 7,8% par rapport à l‘an dernier, tandis que les livraisons vers l‘Union européenne, leur deuxième marché, ont baissé de 6,9%, selon les chiffres des douanes.

Les importations de pétrole et de minerai de fer ont baissé de 11% le mois dernier, victimes de la faiblesse de la demande intérieure et de la surproduction.

Sur l‘ensemble de l‘année 2014, la valeur du commerce extérieur chinois a augmenté de 3,4% par rapport à 2013 alors que le gouvernement avait fixé un objectif d‘une hausse de 7,5%.

Dans une économie ainsi fragilisée de toutes parts, de nombreux analystes anticipent déjà une croissance inférieure à l‘objectif fixé d‘environ 7% pour cette année.

Pékin a abaissé ses taux directeurs en mai pour la troisième fois en six mois -- en plus de deux baisses du montant des réserves obligatoires imposées aux banques -- pour tenter de réduire les coûts d‘emprunt et de relancer l‘économie, qui devrait connaître sa plus mauvaise année en un quart de siècle.

avec Judy Hua à Pékin, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Véronique Tison

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below