29 mai 2015 / 06:08 / il y a 3 ans

Athènes espère un accord rapide, la BCE et le FMI sont prudents

ATHENES (Reuters) - Le gouvernement grec espère conclure un accord financier avec ses créanciers d‘ici dimanche, a déclaré son porte-parole jeudi, mais la BCE et le FMI restent très prudents sur les chances d‘une issue rapide des discussions en cours.

Le gouvernement grec espère conclure un accord financier avec ses créanciers d'ici dimanche, mais la BCE et le FMI restent très prudents sur les chances d'une issue rapide des discussions en cours. /Photo prise le 28 mai 2015/REUTERS/Alkis Konstantinidis

“L‘équipe grecque est à Bruxelles avec pour objectif de conclure un accord dans les jours qui viennent”, a dit Gabriel Sakellaridis lors d‘une conférence de presse.

Il a confirmé les propos tenus mercredi par un haut fonctionnaire gouvernemental selon lesquels un projet d‘accord était en phase de rédaction, pourtant rapidement démentis par des responsables de la zone euro.

Gabriel Sakellaridis a précisé que les négociateurs grecs avaient présenté des propositions très précises et que les équipes techniques les avaient encore améliorées.

La Commission européenne estime de son côté que les négociations de la dette avec la Grèce doivent encore progresser.

Pierre Moscovici, commissaire européen chargé des Affaires économiques et monétaires, a jugé qu‘un accord est encore possible, mais qu‘il travailler nuit et jour pour y aboutir.

“Les discussions avancent, elles ont davantage progressé au cours des trois dernières semaines que lors des trois derniers mois (...) mais nous n‘y sommes pas encore et nous avons peu de temps pour trouver l‘accord nécessaire”, a-t-il dit à des journalistes.

Quant au vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), Vitor Constancio, il a souligné la gravité de la situation en excluant pour l‘instant tout allégement des contraintes imposées à la Grèce en matière d‘accès aux liquidités.

“Ce n‘est que lorsque la revue définitive (...) du programme sera achevée et réussie que nous, le Conseil des gouverneurs, pourrons envisager de modifier cela. Mais pas avant”, a-t-il dit à la presse.

S‘il a exclu une sortie de la Grèce de la zone, il a évoqué la possibilité d‘un défaut.

LAGARDE N‘EXCLUT PAS UNE SORTIE DU PAYS DE LA ZONE EURO

“Le résultat final (...) c‘est que la sortie de la Grèce n‘aura pas lieu”, a-t-il dit avant d‘ajouter: “Cela n‘exclut pas que puissent se produire plusieurs événements qui ne seraient pas agréables.”

Christine Lagarde, directrice générale du FMI, s‘est montrée plus pessimiste en disant qu‘une sortie de la Grèce de la zone euro était possible, tout en ajoutant que cela ne signifierait probablement pas la fin de la monnaie unique.

“Une sortie de la Grèce est une possibilité”, a-t-elle dit selon des extraits d‘un entretien à paraître vendredi dans le journal Frankfurter Allgemeine Zeitung. Une telle mesure ne serait “pas une promenade de santé” mais ne signifierait “probablement pas” la fin de l‘euro, a-t-elle ajouté.

Les discussions entre Athènes et ses créanciers du Groupe de Bruxelles ont repris mercredi soir et elles se poursuivront dans les jours qui viennent, a dit la porte-parole de la CE Annika Breidthardt.

“De nouveaux progrès s‘imposent dans ces discussions”, a-t-elle déclaré lors du point de presse quotidien de l‘exécutif européen. “Nous n‘y sommes pas encore; des questions ouvertes restent à résoudre”.

Sans accord entre la Grèce et ses bailleurs de fonds sur un programme de réformes, Athènes risque le défaut de paiement. Elle doit rembourser 300 millions d‘euros au Fonds monétaire international (FMI) le 5 juin et plusieurs responsables gouvernementaux disent qu‘elle n‘en a pas les moyens.

Un responsable de la zone euro a réaffirmé que la Grèce ne recevrait pas le solde du programme d‘aide dont le pays bénéficie depuis 2010 s‘il n‘y a pas d‘accord avec ses créanciers d‘ici la fin de la semaine prochaine.

Les discussions entre les deux parties achoppent sur le système de retraites de la Grèce, sur la libéralisation du marché du travail et sur le contenu d‘un programme de privatisations.

Dans la journée, Christine Lagarde, qui participe à la réunion des ministres des Finances et banquiers centraux du G7 à Dresde, en Allemagne, avait dit que le chemin à parcourir avant un accord était encore long.

“Nous sommes tous en train de travailler à une solution pour la Grèce et je ne dirai pas que nous avons déjà enregistré des résultats substantiels”, a-t-elle dit à la chaîne de télévision allemande ARD. “La situation a évolué mais il y a encore beaucoup de travail à faire.”

La probabilité d‘une sortie de la Grèce de la zone euro cette année est de 30% selon la médiane des estimations de près de 70 économistes interrogés par Reuters, qui s‘échelonnent de 5% à 60%.

Un défaut d‘Athènes sur sa dette n‘aboutirait pas automatiquement à la sortie du pays de l‘union monétaire.

Angeliki Koutantou et Adrian Croft, Wilfrid Exbrayat et Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison

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