13 mai 2015 / 11:55 / dans 3 ans

Le risque de saturation du marché pétrolier s'accentue

LONDRES (Reuters) - Le marché pétrolier mondial est en voie de saturation car l‘Opep maintient sa production non loin de ses records historiques dans le but de gagner des parts de marché, a déclaré mercredi l‘Agence internationale de l‘énergie (AIE).

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a déclaré que le marché pétrolier mondial était en voie de saturation car l'Opep maintenait sa production non loin de ses records historiques dans le but de gagner des parts de marché. Il semble que la situation de saturation observée pour le pétrole brut soit en train de gagner le raffinage, ce qui suggère que la remontée rapide des cours du baril observée ces derniers jours ne serait qu'un feu de paille. /Photo d'archives/REUTERS/Andrew Cullen

Dans son rapport mensuel, l‘AIE explique que même si une demande plus élevée que prévu contribue à limiter l‘engorgement du marché, la croissance de la consommation mondiale n‘a rien d‘exceptionnel.

En conséquence, il semble que la situation de saturation observée pour le pétrole brut soit en train de gagner le raffinage, ce qui suggère que la remontée rapide des cours du baril observée ces derniers jours ne serait qu‘un feu de paille.

La production mondiale dépasse la demande de quelque deux millions de barils par jour (bpj), soit de plus de 2%, en raison de la croissance spectaculaire de la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis et de la décision prise par l‘Opep en novembre de ne pas réduire sa production dans le but de contraindre les producteurs américains, dont les coûts d‘extraction sont plus élevés, à le faire à sa place.

Le Brent de mer du nord a vu son cours chuter de plus de moitié depuis juin 2014 pour revenir à 46 dollars le baril en janvier. Mais il a rebondi depuis autour de 65 dollars, le marché craignant un coup d‘arrêt à la croissance de la production américaine.

LA PRODUCTION HORS-OPEP DYNAMIQUE

Ce récent rebond est bienvenu pour les producteurs américains au point qu‘il serait “prématuré de laisser entendre que l‘Opep a remporté la bataille des parts de marché; en fait, elle ne fait que commencer”, dit l‘AIE.

Malgré le ralentissement de la production américaine, l‘offre mondiale a augmenté de 3,2 millions de bpj en avril en glissement annuel, portée par l‘Opep mais aussi par des pays extérieurs au cartel comme la Russie, le Brésil, la Chine, le Vietnam et la Malaisie.

L‘AIE a donc revu en hausse de 200.000 bpj, par rapport à avril, sa prévision de croissance de la production hors Opep cette année, à 830.000 bpj.

Elle confirme sa prévision d‘une croissance de 1,1 million de bpj de la demande mondiale cette année, à 93,6 millions. En 2014, la croissance de la demande avait été de 700.000 bpj.

L‘AIE pense enfin que l‘Opep conservera un rythme de production de l‘ordre de 31 millions de bpj ce mois-ci.

“Contre la tendance mondiale, le Koweït, l‘Arabie saoudite et les EAU (Emirats arabe unis) augmentent tous leurs forages et développent leurs programmes en ce sens. L‘Irak et la Libye, pendant ce temps, continuent d‘augmenter leur production contre toute attente. Et l‘offre iranienne est au plus haut depuis juillet 2012”, constate l‘AIE.

L‘AIE dit enfin qu‘elle réduit de 300.000 bpj, à 30 millions, sa prévision de demande pour le brut de l‘Opep au second semestre en raison de la révision à la hausse de la croissance de l‘offre hors Opep.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand

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