29 avril 2015 / 07:28 / il y a 2 ans

Barclays constitue pour 800 millions de livres de provisions

Barclays a constitué de nouvelles provisions d'un montant de 800 millions de livres (1,12 milliard d'euros) destinées à couvrir des amendes et règlements amiables liés à une manipulation présumée du marché des changes et à d'autres errements passés, ce qui a eu pour effet de réduire le bénéfice trimestriel d'un quart. /Photo d'archives/Toby Melville

LONDRES (Reuters) - Barclays a constitué de nouvelles provisions d'un montant de 800 millions de livres (1,12 milliard d'euros) destinées à couvrir des litiges liés à une manipulation présumée du marché des changes, attestant des difficultés de la banque à résoudre une fois pour toutes ses problèmes du passé.

Barclays a précisé mercredi qu'elle avait à présent provisionné 2,05 milliards de livres (2,87 milliards d'euros) en vue de règlements amiables éventuels, contre 1,25 milliard l'an passé à la même époque.

Le directeur financier, Tushar Morzaria, a expliqué à la presse que le supplément de provisions s'expliquait par l'évolution des discussions avec différentes autorités de régulation. Selon lui, il "reflète de notre part la meilleure estimation du coût total des dossiers afférents".

Il a ajouté que Barclays souhaitait transiger avec les autorités le plus vite possible mais que la question n'était pas de son ressort. "Nous ne maîtrisons pas le calendrier mais nous faisons tout notre possible pour résoudre ces questions".

Barclays n'avait pu être partie prenante d'un accord entre les autorités américaines et britanniques et six autres banques négocié en novembre dernier pour mettre un terme aux enquêtes liées aux manipulations présumées des changes, faute d'être parvenue à s'entendre avec le régulateur bancaire de l'Etat de New York.

Ce dernier a dit qu'il pourrait parvenir à un compromis avec la banque britannique le mois prochain s'il faisait abstraction de la procédure portant sur une manipulation présumée des taux de change par le biais de programmes informatisés. Dans le cas contraire, un règlement pourrait être repoussé de plusieurs mois.

Barclays a également constitué 150 millions de livres de provisions pour dédommager les clients britanniques auxquels elle avait vendu des produits d'assurance dans des conditions douteuses. Ce contentieux coûte à présent à l'établissement 5,4 milliards de livres et plus de 26 milliards de livres à l'ensemble du secteur bancaire britannique.

CORE ET NON-CORE

Le règlement des litiges provenant de manquements passés empêche le groupe de se consacrer pleinement à son activité de banque d'investissement et à son objectif d'améliorer la rentabilité.

Barclays a sinon fait état mercredi d'un bénéfice imposable en baisse de 26% de 1,3 milliard de livres au premier trimestre.

Le même bénéfice imposable hors provisions ressort à 1,85 milliard de livres, en hausse de 9% et un peu au-dessus du consensus Reuters qui le donnait à 1,81 milliard.

Les revenus du segment banque d'investissement sont en hausse de 2% à 2,2 milliards de livres, ce qui est conforme au consensus. Ces revenus sont en progression de 30% sur le trimestre précédent.

Sous la férule du directeur général Antony Jenkins, Barclays a renoncé à être l'un des fleurons de Wall Street, réduisant la voilure dans la banque d'investissement au profit de la banque de détail. L'établissement supprime 19.000 emplois et cède des actifs dont il ne veut plus pour réduire les coûts, améliorer les rendements et renforcer ses fonds propres.

Le bénéfice du coeur de métier de la banque (Barclays Core), c'est-à-dire hors les actifs regroupés au sein d'une structure de défaisance créée à cet effet (Barclays Non-Core), a augmenté de 14% à 2,1 milliards de livres, le résultat de l'activité de banque aux particuliers et aux entreprises ayant progressé de 14%, tandis que les charges ont baissé de 7%.

Le rendement des fonds propres, une mesure de référence de la rentabilité, est ressorti à 10,9% pour Barclays Core.

Le bénéfice du segment banque d'investissement a augmenté de 37% à 675 millions de livres et le revenu de 2% à 2,2 milliards, ce qui est conforme au consensus des analystes et fait écho à la forte performance des concurrentes américaines.

"La banque d'investissement a réalisé un bon premier trimestre, une performance reflétant plus fidèlement son potentiel après le repositionnement entrepris l'an passé", a expliqué le directeur général.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison

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