23 mars 2015 / 11:09 / dans 3 ans

Psam réclame 9 milliards d'euros à Vivendi pour les actionnaires

PARIS (Reuters) - Le fonds P. Schoenfeld Asset Management (Psam) a annoncé lundi le dépôt de deux résolutions destinées à l‘assemblée générale de Vivendi pour réclamer la distribution de dividendes spéciaux d‘un montant total de 9,0 milliards d‘euros susceptibles de doper un titre qu‘il juge sous-évalué.

Vincent Bolloré, président du conseil de surveillance de Vivendi et premier actionnaire. Le fonds d'investissement américain P. Schoenfeld Asset Management envisagerait de contester lors de la prochaine assemblée générale de Vivendi la stratégie de Vincent Bolloré à la tête du groupe de médias. /Photo prise le 24 juin 2014/REUTERS/Benoit Tessier

Le fonds, qui détient un peu moins de 1% du capital du groupe de communication, propose que 2,86 milliards d‘euros soient prélevés au titre des bénéfices distribuables pour l’exercice 2014 et que 6,14 milliards le soient au titre des primes d‘émission, de fusion et d‘apport.

Psam, qui évalue la valeur intrinsèque de Vivendi entre 25,00 et 27,50 euros par action, estime que le groupe doit revoir sa stratégie d’allocation de capital afin de mettre un terme à sa décote de holding.

A la Bourse de Paris, le titre a fini à 22,89 euros lundi.

“La trésorerie excédentaire au bilan de Vivendi fausse le retour potentiel des investisseurs sur la société”, plaide-t-il, ajoutant que Vivendi pourrait utiliser sa trésorerie excédentaire “pour élargir son champ d’action”.

Il ajoute qu‘un potentiel de hausse supplémentaire pourrait venir de la cession de Universal Music Group et Canal+.

Interrogé par Reuters, Vivendi, qui réunit son assemblée générale le 17 avril, s‘est refusé à tout commentaire.

Dans la matinée, le groupe a dénoncé des “tentatives de démantèlement” et a déclaré qu‘il s‘était opposé à la demande d‘un fonds réclamant la vente d‘UMG.

Il a assuré disposer du soutien de ses investisseurs pour sa stratégie de recentrage sur les médias et les contenus.

“Le directoire dénonce les tentatives de démantèlement (...) et réaffirme sa volonté de construire un groupe industriel mondial, champion français des médias et des contenus”, a-t-il fait savoir à la mi-journée après des informations de presse faisant état de la volonté d‘un actionnaire de contester sa stratégie lors de la prochaine assemblée.

FRUSTRATIONS

Dans son communiqué, Vivendi a indiqué que Psam lui avait déjà adressé une lettre en décembre lui demandant de vendre un de ces deux principaux actifs, la maison de disques UMG.

“Aujourd‘hui, Psam semble formuler de nouvelles demandes. Elles seront, comme les précédentes, examinées par le directoire.”

Vivendi a enchaîné les cessions depuis mi-2013 dans le cadre de sa sortie du secteur des télécoms, amassant un trésor de guerre qu‘il a dit vouloir utiliser pour récompenser ses actionnaires et financer sa stratégie d‘expansion dans les médias, potentiellement via des acquisitions.

Lors de la publication de ses résultats annuels en février, la société a annoncé qu‘elle prévoyait de retourner quelque 5,7 milliards d‘ici mi-2017 à ses actionnaires tout en restant peu diserte sur sa stratégie dans les médias, ce qui a provoqué la frustration d‘une partie de ses investisseurs.

Pour les analystes de Liberum, l‘offensive de Psam a peu de chances d‘aboutir, “à moins de convaincre des actionnaires français majeurs de se joindre au mouvement”.

“Ce que cette initiative met en lumière toutefois, c‘est que les actionnaires attirés par un retour de cash conséquent pourraient devoir ronger leur frein”, ajoutent-ils.

Vivendi a pour principal actionnaire l‘industriel milliardaire Vincent Bolloré, nommé à la tête de son conseil de surveillance en juin dernier. Le dirigeant du groupe industriel diversifié Bolloré s‘est renforcé début mars au capital, portant sa participation de 5,15% à 8,15%.

Dans son communiqué, Vivendi assure “que la plupart des actionnaires rencontrés récemment par le management (...) privilégie une stratégie de moyen terme permettant au groupe de créer de la valeur à travers une politique de développement interne et externe ambitieuse”.

Il ajoute que la politique de redistribution récemment annoncée par le groupe “apparaît bien calibrée” aux yeux de ces mêmes actionnaires.

Les actionnaires ont jusqu‘à ce lundi minuit pour soumettre des résolutions en vue de l‘assemblée générale.

Leila Abboud avec Gwénaëlle Barzic, Benjamin Mallet et Alexandre Boksenbaum-Granier et Pascale Denis, édité par Bertrand Boucey

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