5 février 2015 / 12:09 / dans 3 ans

La CE plus confiante sur l'économie, mais garde Paris à l'oeil

LES PRÉVISIONS DE CROISSANCE EN EUROPE

BRUXELLES (Reuters) - Les perspectives économiques de la zone euro sont un peu meilleures qu‘il y a trois mois grâce à la chute des cours du pétrole, à la baisse de l‘euro et au nouvel assouplissement de la politique monétaire de la Banque centrale européenne, a dit jeudi la Commission européenne.

Dans ses prévisions économiques d‘hiver, l‘exécutif communautaire a relevé sa prévision de croissance pour la zone euro à 1,3% pour cette année et 1,9% pour 2016 contre 1,1% et 1,7% respectivement début novembre.

La croissance de la zone euro est ressortie à 0,8% l‘année dernière, a précisé la Commission.

La Commission s‘attend à ce que l‘investissement dans la zone euro augmente de 2% en 2015 puis de 4,4% en 2016 sous l‘effet d‘une politique monétaire encore plus accommodante et du plan d‘investissement de 315 milliards d‘euros initié par l‘Union européenne.

L‘an dernier, l‘investissement dans la région n‘a progressé que de 0,9% par rapport à l‘année précédente.

“La chute des cours du pétrole et un euro plus faible sont un coup de pouce bienvenu pour l‘économie de l‘Union européenne. Dans le même temps, le plan d‘investissement pour l‘Europe et les récentes décisions importantes de la BCE contribueront à créer un environnement plus favorable pour les réformes et des politiques budgétaires judicieuses”, a déclaré Pierre Moscovici, le Commissaire européen aux Affaires économiques et financières.

Les cours du pétrole ont été divisés par deux depuis la mi-2014 tandis que l‘euro a baissé de 18% contre le dollar et que la BCE a annoncé le mois dernier un vaste programme de rachat d‘actifs destiné à prévenir les risques de déflation.

La banque centrale prévoit d‘injecter plus de 1.000 milliards d‘euros de liquidités sur une période d‘un an et demi afin de ramener l‘inflation à un niveau proche de 2% l‘an, conformément à son mandat.

LES PRIX DEVRAIENT BAISSER DE 0,1% EN 2015

Confirmant l‘ampleur de la tâche de la BCE, la Commission européenne a précisé s‘attendre désormais à ce que les prix à la consommation reculent de 0,1% cette année après une hausse de 0,4% seulement en 2014. L‘inflation devrait toutefois remonter à 1,3% en moyenne sur l‘année 2016, selon elle.

Le taux de chômage au sein de la zone euro devrait légèrement baisser cette année à 11,2% après 11,6% en 2014 et l‘accélération de la croissance se traduira par une nouvelle amélioration en 2016 avec un taux ramené à 10,6%.

“Après les choix de politique difficiles qu‘ont dû faire les gouvernements du fait de la crise, les effets des réformes commencent à apparaître”, a déclaré Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission en charge de l‘euro.

“Nous devons accélérer le rythme des réformes pour renforcer la reprise et faire en sorte qu‘elle se traduise en espèces sonnantes et trébuchantes dans la poche des gens”, a-t-il ajouté.

L‘exécutif européen a en particulier accru la pression sur la France pour qu‘elle accentue dès cette année ses efforts de consolidation budgétaire.

En dépit du relèvement de ses prévisions de croissance pour l‘économie française à 1,0% cette année et 1,8% en 2016, la Commission européenne s‘attend à un déficit public de 4,1% du produit intérieur brut (PIB) pour chacune de ces deux années à politique budgétaire inchangée, après 4,3% en 2014.

LA FRANCE APPELÉE À FAIRE PLUS D‘EFFORTS

Paris doit donc accentuer dès cette année ses efforts de réduction du déficit structurel pour respecter les exigences minimales des règles en vigueur au sein de l‘UE, a dit Pierre Moscovici, qui était il y a quelques mois encore le ministre français de l‘Economie et des Finances.

Ces règles imposent une réduction du déficit structurel (hors impact du cycle économique et éléments exceptionnels) d‘au moins 0,5 points de PIB par an jusqu‘au retour à l‘équilibre.

Or selon les prévisions de la Commission, le déficit structurel de la France ne sera réduit que de 0,3 point cette année.

Pierre Moscovici a expliqué que la Commission étudiait les projets de réformes structurelles présentés par Paris et qu‘elle publierait ses conclusions le 27 février.

Le ministre français des Finances, Michel Sapin, a pris acte du relèvement des prévisions de croissance de l‘économie française, une première depuis 2012 selon lui, et de la réduction des prévisions de déficit public pour 2015.

“C‘est le résultat des mesures prises par la France et d‘un travail constructif mené avec la Commission”, a-t-il estimé dans un communiqué.

“S‘agissant du déficit structurel prévu en 2015, dont la mesure statistique est complexe, le gouvernement s‘est engagé à une diminution de 0,5% et s‘y tiendra”, a-t-il ajouté.

Invoquant une croissance et une inflation trop faibles, Paris a unilatéralement renoncé l‘année dernière à atteindre en 2015 l‘objectif d‘un déficit réduit à 3% du PIB, s‘exposant ainsi à des sanctions de l‘UE.

Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand

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