16 janvier 2015 / 06:53 / dans 3 ans

Carrefour boucle 2014 en beauté grâce à la France et au Brésil

Carrefour a vu sa croissance organique s'accélérer au quatrième trimestre et dépasser les attentes des analystes, grâce à une nouvelle amélioration de ses performances en France, malgré un contexte difficile, ainsi qu'au Brésil. /Photo d'archives/REUTERS/Régis Duvignau

PARIS (Reuters) - Carrefour a fait mieux qu‘attendu au quatrième trimestre, accélérant la cadence grâce à une forte progression de ses ventes au Brésil et à de solides performances en France, malgré un contexte difficile.

Le numéro deux mondial de la distribution derrière Wal-Mart récolte les fruits du plan de redressement lancé il y a deux ans et demi par son PDG Georges Plassat, fait de baisses de prix, de rationalisation logistique, de rénovations des magasins et de simplification de l‘offre de produits.

Il boucle ainsi l‘année 2014 sur une croissance organique de 2,8%, marquée par une stabilisation de ses ventes en Europe (hors France) pour la première fois depuis plus de six ans, une performance positive en France dans tous ses formats et une brillante avancée en Amérique latine.

Sur le seul quatrième trimestre, ses ventes ont atteint 22,62 milliards d‘euros, dépassant les 22,47 milliards du consensus Reuters et signant une croissance de 4,1% hors essence, changes et effets calendaires (+2,8% au 2e trimestre).

Fort de ces performances, le distributeur a confirmé sa prévision de résultat opérationnel 2014 (à 2,38 milliards d‘euros), un chiffre resté inchangé depuis mars 2014 malgré d‘importants effets de change négatifs liés à la baisse des monnaies brésilienne et argentine.

“Cela signifie que la rentabilité aurait pu être légèrement supérieure dans un environnement de taux de changes stables”, remarquent les analystes de Raymond James.

Cette confiance contraste avec la révision à la baisse des prévisions de résultat de Casino jeudi soir, le distributeur stéphanois restant à la peine en France et faisant nettement moins bien que Carrefour au Brésil.

Les chiffes de Carrefour, unanimement jugés solides, ont été salués par le marché. Le titre Carrefour gagne 1,2% à 12h05, dans un marché en recul de 0,11%, tandis que celui de Casino décroche de 4,5% au même moment, accusant la plus forte baisse de l‘indice SBF 120.

RÉSISTANCE EN FRANCE

En France, où il réalise 40% de ses ventes, Carrefour est parvenu à faire progresser son chiffre d‘affaires de 1% après une performance quasiment stable au troisième trimestre, malgré un contexte défavorable, marqué par la guerre des prix et une consommation toujours atone.

Selon l‘Insee, l‘indice des prix des produits de grande consommation a baissé de 1% en 2014 dans la grande distribution, avec un recul limité à 0,6% dans l‘alimentation (hors produits frais) et de 2,7% pour la droguerie-parfumerie-hygiène.

Les supermarchés sont repassés en terrain positif, les formats de proximité ont grimpé de 7,5%, tandis que les hypermarchés sont restés en repli de 0,7%.

En Europe du Sud, les ventes ont progressé en Espagne tandis qu‘en Italie, où la crise pèse lourdement sur la consommation, les tendances ont été moins négatives.

Carrefour s‘est surtout distingué au Brésil où sa croissance organique a atteint 10,4% à magasins comparables (après +7,7%) malgré le fort ralentissement économique du pays.

Le groupe, qui compte sur l‘expertise du magnat Abilio Diniz (à qui il a cédé 10% de sa filiale brésilienne) pour se développer dans le pays, profite d‘une exposition relativement faible (20% des ventes) au secteur non alimentaire, le plus touché par la crise et du succès d‘Atacadao, son format “cash & carry” (semi-gros) aux prix très compétitifs.

Interrogé sur la mise en Bourse annoncée des actifs brésiliens, son directeur financier Pierre-Jean Sivignon s‘est contenté de rappeler que le groupe serait prêt à une telle opération en 2015, si les conditions de marché le permettent.

La Chine reste le gros point noir du groupe, avec un recul qui s‘aggrave (-5,3%), dans un contexte toujours difficile pour la consommation d‘alcool et de produits non alimentaires.

Sur l‘ensemble de l‘année, le chiffre d‘affaires du groupe atteint 83,99 milliards d‘euros, signant une croissance organique de 3,9%.

Pascale Denis, édité par Jean-Michel Bélot

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