8 janvier 2015 / 10:24 / dans 3 ans

Veolia veut faire plus d'économies et se développer seul

Antoine Frérot, PDG de Veolia Environnement. Le numéro un mondial du traitement de l'eau et des déchets envisage un nouveau plan pour la période 2016-2018 qui inclura de nouvelles mesures d'économies et reposera sur une stratégie de croissance organique. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer

PARIS (Reuters) - Veolia Environnement envisage un nouveau plan pour la période 2016-2018 qui inclura de nouvelles mesures d‘économies et reposera sur une stratégie de croissance organique, a déclaré à Reuters son PDG Antoine Frérot.

Reconduit dans ses fonctions début 2014 pour un mandat de quatre ans, le PDG du numéro un mondial du traitement de l‘eau et des déchets a déjà lancé sur 2012-2015 un plan de réductions de coûts, de désendettement et de développement de l‘activité auprès des industriels et des pays émergents.

“En 2015, nous allons non seulement finir et parachever le plan de transformation engagé en 2012 mais aussi concevoir un nouveau plan pour les trois années qui suivent”, a déclaré Antoine Frérot lors d‘un entretien accordé à Reuters.

“C‘est ce plan qui précisera tant nos objectifs d‘efficacité ultérieurs à 2015 que nos objectifs de développement et de croissance. Ces derniers seront certainement essentiellement basés sur la croissance organique”, a-t-il ajouté.

Un peu plus de deux ans après avoir étudié un rapprochement avec son grand rival Suez Environnement, Veolia a “mieux à faire” que d‘envisager une fusion ou l‘acquisition d‘un concurrent de taille moyenne, a en outre déclaré Antoine Frérot.

“Une opération de ce type nous ferait grandir en taille et nous ouvrirait peut-être de nouvelles géographies mais ne nous apporterait pas de compétences ou de savoir-faire nouveaux pour faire du développement organique et ne nous propulserait pas non plus sur de nouveaux marchés”, a-t-il estimé.

“Les moyens d‘investissement de Veolia ne sont pas illimités, je préfère les consacrer à de nouveaux marchés (...) Cela n‘exclut pas éventuellement de la petite croissance externe pour acquérir des technologies complémentaires à notre vaste portefeuille existant.”

Alors que Veolia vise toujours pour 2015 des réductions de coûts de 750 millions d‘euros nets en cumulé par rapport à 2011, soit 200 millions de plus qu‘à fin 2014, Antoine Frérot a précisé que le futur programme d‘économies concernerait l‘efficacité opérationnelle des installations du groupe et ses achats, et non plus principalement les coûts des structures.

LA MOITIÉ DES OBJECTIFS DU PLAN SOCIAL DANS L‘EAU ATTEINTS

Veolia met notamment en oeuvre depuis le mois d‘août un plan social dans le secteur de l‘eau en France comprenant environ 800 départs volontaires et 1.400 changements de postes au sein du groupe, qui était précédé du non-remplacement de 900 départs, sur un total de 16.000 salariés de la branche.

“Le plan social se déroule correctement, nous sommes à fin décembre à peu près à la moitié des objectifs”, a précisé Antoine Frérot.

Le PDG a en outre confirmé que Veolia souhaitait réaliser en 2018 de l‘ordre de 50% de son chiffre d‘affaires auprès de clients industriels, contre un tiers en 2011 et environ 39% en 2014, ainsi que la moitié de son activité sur les marchés en croissance, contre 40% à 45% l‘an dernier.

“On constate toujours de très belles opportunités de développement pour Veolia sur ses marchés historiques de l‘eau et de la propreté (...) [qui] viendront au moins compenser l‘érosion naturelle du portefeuille actuel, qui atteint 1% à 2% par an. J‘attends donc pour l‘avenir au moins une stabilisation du chiffre d‘affaires de ces marchés”, a-t-il indiqué.

Antoine Frérot estime que les nouvelles opportunités viendront en 2015 d‘Europe centrale, du Moyen-Orient et dans une moindre mesure d‘Europe du Nord et d‘Amérique du Nord.

Veolia, sur ses nouveaux marchés tels que le traitement des pollutions difficiles, le démantèlement, l‘agroalimentaire ou encore l‘industrie pétrolière et gazière, souhaite en outre développer chaque année des contrats représentant environ 3% de son chiffre d‘affaires, comme en 2014.

“En vitesse de croisière, le Veolia d‘après 2015 devrait pouvoir développer une croissance organique de son chiffre d‘affaires de l‘ordre de 3% par an”, a confirmé le PDG, rappelant également que la capacité d‘autofinancement opérationnelle (Ebitda) du groupe devrait croître plus rapidement.

En 2014, Veolia a réalisé 45% de ses ventes dans la gestion de l‘eau, 35% dans les déchets et 20% dans les services énergétiques, a également indiqué Antoine Frérot, soulignant que le troisième segment devrait croître plus vite que les deux autres au cours des prochaines années.

Edité par Dominique Rodriguez

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