22 décembre 2014 / 13:17 / dans 3 ans

Un C.A. de Thales mardi pour trancher sur la succession du PDG

PARIS (Reuters) - Thales réunira mardi matin son conseil d‘administration pour introniser un duo constitué de l‘ex-patron d‘EDF Henri Proglio comme président non exécutif et de l‘actuel numéro deux de Thales Patrice Caine au poste de directeur général, ont déclaré lundi des sources proches du dossier.

Le processus de succession à la tête de Thales est à nouveau bloqué, un désaccord entre l'Etat et Dassault Aviation sur la composition du conseil d'administration de l'équipementier d'aérospatiale et de défense menaçant le choix d'un tandem pour remplacer le PDG sortant. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Le conseil d‘administration, initialement prévu ce lundi à 18h00 et reporté à 9h30 mardi, devrait ainsi permettre de trancher sur la succession du PDG Jean-Bernard Lévy, un processus freiné par des différends entre l‘Etat et Dassault Aviation, les deux actionnaires du groupe.

Plus de deux mois après l‘annonce du départ de Jean-Bernard Lévy chez EDF, les discussions avaient de nouveau achoppé lundi, cette fois sur la composition du conseil d‘administration, avaient précisé plusieurs sources plus tôt dans la journée.

Le dernier différend en date portait sur l‘adaptation de la composition du conseil à la modification de la gouvernance de l‘équipementier d‘aérospatiale et de défense révélée dès novembre par Reuters.

Pour Patrice Caine, la situation est simple: il devrait prendre le siège du secrétaire général Philippe Logak, nommé fin novembre PDG par intérim pour éviter une vacance du pouvoir lors de la prise de fonction de Jean-Bernard Lévy chez EDF.

C‘est sur l‘entrée au conseil de Thales d‘Henri Proglio, réputé proche de la famille Dassault, que se sont cristallisées les tensions, ont précisé les sources.

Le ministre de l‘Economie Emmanuel Macron a fini par accepter qu‘Henri Proglio remplace l‘un des cinq administrateurs représentant l‘Etat français au sein du conseil, et non pas l‘un des quatre de Dassault, ont déclaré deux sources.

L‘industriel refusait cette solution, expliquant que cela le placerait en déséquilibre face à l‘Etat au sein du conseil de Thales, qui comporte au total 16 membres.

Le groupe n‘a pas souhaité faire de commentaire, tandis que ni Dassault ni Bercy n‘étaient immédiatement disponibles.

MACRON A LA MANOEUVRE

Le ministre de l‘Economie Emmanuel Macron est directement à la manoeuvre pour l‘Etat dans ce dossier épineux, les deux actionnaires ayant déjà eu du mal à se mettre d‘accord fin 2012 sur la succession de Luc Vigneron, le prédécesseur de Jean-Bernard Lévy, avant de déboucher sur un consensus juste avant Noël.

Le même scénario semble se reproduire cette fois-ci.

L‘Etat avait annoncé la nomination de Jean-Bernard Lévy à la tête de l‘électricien le 15 octobre à la surprise générale, y compris celle de Dassault.

Le processus a dû redémarrer après avoir quasiment abouti sur un choix consensuel, a expliqué mercredi dernier à des journalistes Eric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, lors de la présentation du nouveau jet Falcon 8X.

“C’est le flou total, ça évolue de minute en minute”, a déclaré dans la journée une source proche du dossier.

“Il n‘y a pas de discussion sur le choix d‘Henri Proglio en tant que tel”, a-t-elle toutefois ajouté.

L‘Etat et Dassault Aviation, qui détiennent respectivement 26,4% et 25,3% de Thales, sont liés par un pacte d‘actionnaires qui court au moins jusqu‘au 31 décembre 2016.

“Le pacte d‘actionnaires peut vaciller si les deux parties n‘arrivent pas à se mettre d‘accord, même si c‘est un scénario noir encore prématuré”, ont déclaré deux sources proches du dossier.

La situation chez Thales contraste avec celle de l‘autre grand équipementier français d‘aérospatiale et de défense, Safran.

Ce groupe a, lui, pris les devants en nommant dès début décembre un tandem choisi en interne pour succéder au PDG Jean-Paul Herteman dont le mandat s‘achève fin avril 2015.

L‘action Thales a clôturé en baisse de 1,05% à 44,625 euros et Dassault Aviation en recul de 0,71% à 1.064 euros alors que l‘indice SBF 120 a progressé de 0,35%.

Thales a parallèlement annoncé lundi soir avoir obtenu une ligne de crédit renouvelable de 1,5 milliard d‘euros auprès de 15 établissements bancaires.

Avec Jean-Baptiste Vey et Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Jean-Michel Bélot et Matthieu Protard

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