22 décembre 2014 / 11:04 / dans 3 ans

La valeur des fusions et acquisitions au plus haut depuis 2007

LONDRES (Reuters) - La valeur des fusions et acquisitions (M&A) dans le monde a été cette année la plus élevée depuis 2007 mais la chute des cours du pétrole et la crise économique russe soulèvent des interrogations pour 2015.

La valeur des fusions et acquisitions (M&A) dans le monde a été cette année la plus élevée depuis 2007 mais la chute des cours du pétrole et la crise économique russe soulèvent des interrogations pour 2015. /Photo prise le 15 décembre 2014/REUTERS/Aly Song

Au 11 décembre, les M&A représentaient 3.270 milliards de dollars (2.665 milliards d‘euros), soit 40% de plus que durant la période comparable de l‘an passé, au plus haut depuis les 4.210 milliards de 2007, selon des données Thomson Reuters.

Télécoms, santé et biens de grande consommation ont été le théâtre de grosses OPA, lesquelles sont annonciatrices d‘autres opérations du même gabarit dans la mesure où les concurrents voudront défendre leur pré carré.

Ainsi, l‘intention de l‘opérateur télécoms britannique de racheter l‘opérateur mobile EE devrait pousser les concurrents à sceller leurs propres alliances dans un mouvement de convergence entre fixe, mobile et télévision payante.

L‘année 2007 avait vu une multiplication des opérations de rachat avec effet de levier (BLO), alors que 2014 aura été une année plus prudente, les transactions étant plutôt financées par des actions que par la dette.

Les entreprises n‘ont pas encore fait totalement table rase du passif hérité de la crise et préfèrent la sécurité plutôt que partir à l‘aventure, à l‘exemple de ce qu‘a tenté Iliad avec T-Mobile US.

“Le besoin de rester compétitif et de renforcer le métier de base est la principale incitation”, commente Wilhelm Schulz (Citi).

“Les sociétés ont davantage confiance et peuvent surmonter les contretemps parce que leurs perspectives sont moins entachées d‘incertitude”, renchérit Chris Ventresca (JPMorgan).

Pour 2015, “le risque géopolitique reste une préoccupation”, constate Gilberto Pozzi (Goldman Sachs). “Si la crise pétrolière empire et les tensions politiques s‘intensifient, l‘activité de M&A pourrait en pâtir, les patrons devenant plus réticents à prendre des risques”.

LES PAYS ÉMERGENTS DANS LA COURSE

Pour l‘heure, l‘envie de faire une grosse acquisition, dans le but de s‘assurer la suprématie sur le marché, ne se dément pas.

L‘OPA de 45 milliards de dollars de Comcast sur Time Warner Cable donnera à la nouvelle entité environ 30% du marché de la télévision payante aux Etats-Unis. De son côté, le géant des télécoms AT&T veut avaler le diffuseur par satellite DirecTV, une opération d‘environ 48,5 milliards de dollars. Les deux OPA sont examinées par les régulateurs américains.

En Europe, Lafarge et Holcim veulent boucler leur fusion l‘an prochain, après avoir obtenu le feu vert de la Commission européenne, créant ainsi le premier cimentier mondial.

D‘autres grosses opérations, en revanche, n‘en sont restées qu‘au stade du projet, comme l‘approche de SAB Miller vis-à-vis de Heineken.

Pour les sociétés européennes, la croissance externe est un impératif pour échapper à l‘atonie des économies locales et les Etats-Unis sont une cible de choix. En septembre, Siemens a ainsi jeté son dévolu sur Dresser Rand.

En revanche, les sociétés américaines regardent l‘Europe avec plus de circonspection, précisément à cause du marasme économique local mais aussi parce que le Trésor entend décourager les opérations d’“inversion” fiscale, soit des M&A qui visent à déplacer le siège social afin de soustraire les bénéfices de la nouvelle entité au fisc américain.

AbbVie a ainsi dû renoncer à racheter l‘irlandais Shire et Pfizer a fait marche arrière face à l‘opposition politique déclenchée en Grande-Bretagne par son offensive sur AstraZeneca.

Les pays dit émergents font leur entrée en scène sur le front des M&A avec quelques acteurs au trésor de guerre bien fourni. L‘année a ainsi été fructueuse pour la Chine, particulièrement intéressée par les firmes industrielles allemandes de taille moyenne et les sociétés en difficulté d‘Europe du sud, observent des banquiers.

“La Chine doit passer par les M&A pour véritablement se développer à l‘international, au-delà de marchés tels que le Brésil ou l‘Afrique, et avoir accès à la technologie”, observe Paulo Pereira (Perella Weinberg).

En définitive, les banquiers prédisent de nouvelles OPA dans les services financiers, la chimie et l‘énergie et une poursuite du mouvement de consolidation dans la santé et dans les télécoms, médias et technologie (TMT).

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny

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