25 août 2014 / 06:59 / il y a 3 ans

Burger King discute du rachat du canadien Tim Hortons

NEW YORK/TORONTO (Reuters) - Burger King discute du rachat de la chaîne canadienne de restaurants Tim Hortons, ce qui pourrait déboucher sur la création d‘un groupe affichant une capitalisation boursière de 18 milliards de dollars et permettre au spécialiste des hamburgers de se domicilier fiscalement en dehors des Etats-Unis.

Burger King discute du rachat de la chaîne canadienne de restaurants Tim Hortons, ce qui pourrait déboucher sur la création d'un groupe affichant une capitalisation boursière de 18 milliards de dollars et permettre au spécialiste des hamburgers de se domicilier fiscalement en dehors des Etats-Unis. /Photo d'archives/REUTERS/Jean-Paul Pélissier

Vers 15h00 GMT, le titre Burger King grimpe de plus de 16% à Wall Street tandis que l‘action Tim Hortons s‘adjuge près de 20%à la Bourse de Toronto, à de nouveaux records dans les deux cas.

Les deux groupes, dont les capitalisations sont comparables, ont confirmé tard dans la nuit de dimanche à lundi l‘existence de ces discussions qui, en cas de succès, permettraient de créer le numéro trois mondial de la restauration rapide.

Ils ont annoncé que le nouveau groupe serait basé au Canada où la fiscalité des entreprises est globalement moins lourde qu‘aux Etats-Unis, notamment pour les sociétés réalisant une part importante de leurs revenus à l‘étranger.

La fusion pourrait être bouclée dans les jours à venir, selon des sources proches des discussions.

L‘analyste Stephen Anderson de Miller Tabak a déclaré qu‘il ne s‘attendait pas à ce que le projet rencontre des obstacles au niveau antitrust mais a mis en garde contre des réactions politiques hostiles de part et d‘autre de la frontière.

Au Canada, le passage de l‘enseigne bien connue sous pavillon américain pourrait susciter des critiques, tandis qu‘aux Etats-Unis l‘opération relancera le débat sur l‘exil fiscal de grandes multinationales.

Le procédé qualifié d’“inversion” par les fiscalistes est de plus en plus fréquent aux Etats-Unis, à l‘image du rachat au printemps du groupe médical Covidien par Medtronic pour 42,9 milliards de dollars et qui doit se traduire par une délocalisation du siège en Irlande.

Le président américain Barack Obama a récemment dénoncé la “mentalité grégaire” des entreprises cherchant à conclure de tels arrangements.

Les “fusions fiscales” se sont répandues ces derniers mois en raison de taux d‘intérêt très bas qui facilitent les financements d‘acquisitions, a estimé l‘analyste Christopher O‘Cull de KeyBanc dans une note à ses clients à propos des discussions en cours.

LE FONDS 3G CAPITAL RESTERA MAJORITAIRE

Selon Stephen Anderson, un rapprochement serait profitable pour les deux groupes.

“Tims accéderait à un plus large éventail de franchises potentielles aux Etats-Unis, tandis que Burger King reprendrait une entreprise historiquement solide”, écrit l‘analyste de Miller Tabak dans une note.

Selon lui, Burger King pourra ainsi proposer dans ses plus de 7.400 restaurants nord-américains les produits très populaires de Tim Hortons, tout en permettant à la marque de cafés et de donuts de se développer en nom propre.

Les deux groupes ont précisé que 3G Capital, actionnaire majoritaire de Burger King, contrôlerait la nouvelle entité, les actionnaires de Tim Hortons et Burger King en détenant le solde.

3G Capital, un fonds d‘investissement basé à New York et d‘origine brésilienne, a racheté Burger King alors en difficulté en 2010 pour environ 3,3 milliards de dollars. Il a ensuite réintroduit la société en Bourse en 2012, mais détient encore 70% de son capital, selon les données de Thomson Reuters.

Tim Hortons et Burger King doivent chacune poursuivre leurs activités sous leur propre marque, tout en bénéficiant de la mise en commun de leurs services, ont précisé les groupes.

Sous la houlette de son nouveau directeur général Marc Caira, Tim Hortons a récemment publié des résultats meilleurs que prévu, grâce notamment à l‘offre de nouveaux menus, plus chers. La chaîne, qui peine à réussir son implantation aux Etats-Unis depuis quelques années, est confrontée sur son marché intérieur à la concurrence croissante des géants du secteur comme McDonald’s et Starbucks.

Si l‘opération se concrétise, ce ne serait pas la première fois que la chaîne canadienne passe sous contrôle d‘un investisseur étranger. Elle a été rachetée par Wendy’s International en 1995, qui s‘en est séparé par la suite, en 2006, sous la pression de l‘investisseur activiste Nelson Peltz.

Tim Hortons et Burger King ont indiqué qu‘ils ne feraient pas d‘autres commentaires sur le projet de rachat avant la constatation d‘un accord ou d‘un échec des négociations.

Burger King, fondé en 1954 et basé à Miami, en Floride, gère 13.000 sites dans près de 100 pays et territoires dans le monde. Sa capitalisation atteint environ 9,55 milliards de dollars.

Tim Hortons, basé à Oakville, au Canada, gère plus de 3.500 restaurants au Canada et plus de 850 aux Etats-Unis. Sa capitalisation boursière est d‘environ 8,4 milliards de dollars.

Juliette Rouillon et Mathilde Gardin pour le service français, édité par Véronique Tison

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below