4 août 2014 / 09:04 / il y a 3 ans

Le bénéfice semestriel d'HSBC affaibli par le premier trimestre

LONDRES (Reuters) - HSBC a publié lundi un bénéfice imposable en baisse de 12% au premier semestre, conséquence surtout d‘un mauvais premier trimestre où le résultat a chuté de 20% par rapport à la période comparable de 2013, lorsque la première banque européenne avait vu ses revenus dopés par des cessions d‘actifs.

HSBC a enregistré au premier semestre une baisse de 12% de son bénéfice imposable, conséquence surtout d'un mauvais premier trimestre où le résultat a chuté de 20% par rapport à la période comparable de 2013, lorsque la première banque européenne avait vu ses revenus dopés par des cessions d'actifs. /Photo d'archives/REUTERS/Luke MacGregor

Ce fléchissement du solde semestriel résulte également d‘une perte de revenus imputable à la fermeture ou à la cession d‘activités.

Le bénéfice imposable du premier semestre ressort à 12,3 milliards de dollars (9,2 milliards d‘euros) contre 14,1 milliards un an auparavant et un consensus fourni par la banque donnant 12,5 milliards.

Après avoir initialement reculé à la suite de ces annonces, le titre HSBC avançait vers 12h00 GMT de 1,83% à 640,55 pence - faisant mieux que l‘indice regroupant les valeurs bancaires européennes (+1,11%) - en raison, selon les analystes, de la perspective d‘une hausse des taux en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.

Les analystes financiers soulignent que, en raison notamment de son importante base de dépôt et de son bilan liquide, HSBC est mieux placée que d‘autres pour profiter d‘un tour de vis monétaire - attendu au quatrième trimestre 2014 en Grande-Bretagne et au cours du premier semestre 2015 aux Etats-Unis.

Selon HSBC, une hausse de 25 points de base d‘une série de taux est susceptible de se traduire par une hausse de son produit net bancaire annuel de près d‘un milliard de dollars.

HSBC en est à la deuxième étape d‘un plan de redressement initié en 2011 qui vise à simplifier sa structure, à la rendre plus efficace et plus apte à fournir aux actionnaires de meilleurs rendements et dividendes.

Pour ce faire, l‘établissement a supprimé plus de 40.000 emplois et vendu ou fermé 60 filiales, réalisant ainsi, selon ses dires, des économies annuelles dépassant les cinq milliards de dollars.

Mais les ventes d‘actifs ont prélevé leur tribut sur les revenus et couvrir le manque à gagner est l‘un des plus importants défis qui s‘imposent à HSBC, dont le produit net bancaire a fléchi à 31,36 milliards de dollars au premier semestre.

HSBC MET EN GARDE CONTRE L‘AVERSION AU RISQUE

La banque a par ailleurs insisté sur le fait qu‘un corpus réglementaire international toujours plus touffu faisait peser une pression sans précédent sur son personnel et le dissuadait de prendre des risques, sans compter les quelque 800 millions de dollars dépensés en plus annuellement pour se mettre en conformité avec les nouvelles dispositions.

Dans un communiqué où il ne mâche pas ses mots, le président Douglas Flint prie instamment les régulateurs internationaux de dire précisément ce qu‘ils attendent du personnel de la banque après la série récente d‘amendes record infligées à des établissements pour divers manquements.

Le dernier exemple spectaculaire en date concerne BNP Paribas, qui s‘est acquitté fin juin d‘une amende de 8,97 milliards de dollars dans le cadre d‘un accord avec les autorités américaines, qui lui reprochent d‘avoir contourné pendant plusieurs années des règles d‘embargo s‘appliquant aux transactions en dollar, notamment au Soudan et en Iran.

“Il existe un danger bien visible et toujours plus prégnant d‘une aversion au risque démesurée s‘insinuant dans le processus de prise de décision de nos sociétés et de nos salariés, lesquels, se demandant ce qui pourrait bien faire l‘objet de critiques a posteriori et percevant une absence totale de tolérance à l‘erreur, cherchent à protéger la société et eux-mêmes de toute sanction future”, a dit Douglas Flint.

HSBC s‘était vue infliger une amende de 1,9 milliard de dollars en 2012 pour avoir violé les règles américaines concernant le blanchiment d‘argent au Mexique.

La banque a ajouté avoir, par rapport à 2011, augmenté de 800 millions de dollars par an les coûts liés à la l‘observation de la conformité de ses activités avec les lois des 74 pays dans lesquels l‘établissement est présent.

“Le capital humain de l‘entreprise, ainsi que nos capacités opérationnelles et celles de nos systèmes, sont confrontés à des exigences sans précédent”, souligne HSBC.

Douglas Flint dit aussi qu‘il en coûtera des “centaines de millions de livres” par an, ainsi qu‘une charge exceptionnelle “très importante” pour sanctuariser les activités de dépôt de la banque au Royaume-Uni.

Il a ajouté qu‘il restait “beaucoup à faire” pour réaliser cette séparation d‘ici la date limite de 2019.

Steve Slater, Wilfrid Exbrayat et Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Nicolas Delame

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