5 juillet 2014 / 10:29 / dans 3 ans

Orange privilégierait l'Espagne pour des fusions-acquisitions

Orange s'intéresserait en premier lieu à l'Espagne pour d'éventuelles opérations de croissance externe et n'exclut pas de rouvrir le dossier Bouygues Telecom à condition d'y être invité, a déclaré son PDG Stéphane Richard en marge des rencontres économiques d'Aix-en-Provence. /Photo d'archives/REUTERS/Jacky Naegelen

AIX-EN-PROVENCE (Bouches-du-Rhône) (Reuters) - Orange s‘intéresserait en premier lieu à l‘Espagne pour d‘éventuelles opérations de croissance externe en Europe tout en n‘excluant pas de rouvrir le dossier Bouygues Telecom à condition d‘y être invité, a déclaré samedi son PDG dans un entretien à Reuters.

Pour l‘opérateur télécoms français, le contexte est plus favorable en Europe pour des opérations de rapprochement suite aux dernières décisions de la Commission européenne concernant, notamment, l‘Irlande et l‘Allemagne.

Les autorités européennes de la concurrence ont donné leur feu vert fin mai au projet de rachat de la filiale irlandaise de Telefonica par Hutchison Whampoa avant d‘autoriser Telefonica à racheter E-Plus, la filiale allemande du néerlandais KPN et l‘offre de rachat de 7,2 milliards d‘euros de Vodafone sur Ono, le premier câblo-opérateur espagnol., et

“On a des sujets importants en Espagne, peut-être en Belgique, peut-être en Pologne, cela peut être le cas en Roumanie. (...) Cela fait beaucoup de théâtres d‘opérations mais s‘il ne fallait en mentionner qu‘un seul comme un peu une priorité pour nous, ce serait l‘Espagne”, a dit Stéphane Richard en marge des rencontres économiques d‘Aix-en-Provence.

Troisième opérateur de télécommunications d‘Espagne, Orange fait régulièrement l‘objet de rumeurs d‘intérêt pour un éventuel rachat de son concurrent local Jazztel.

“BIEN SÛR QU‘ON REGARDERA”

Interrogé sur la consolidation du marché français de la téléphonie mobile, Stéphane Richard a expliqué qu‘Orange pourrait de nouveau étudier le dossier Bouygues Telecom à condition d‘y être invité.

Mercredi, Orange a annoncé renoncer à racheter Bouygues Telecom, l‘acteur le plus affaibli du marché français après l‘accord de rachat de SFR par Numericable.

“Est-ce qu‘on peut revenir dans le jeu ? Oui, bien sûr, mais pas comme architecte, pas comme arrangeur”, a dit Stéphane Richard samedi.

“D‘un point de vue concurrentiel, nous ne prendrons pas le risque de repartir sur ce dossier. Mais si quelqu‘un d‘autre décide de le faire et nous sollicite (...) pour, peut-être, permettre d‘élaborer une offre qui peut satisfaire Bouygues, bien sûr qu‘on regardera”, a-t-il expliqué.

L‘opérateur historique, qui avait publiquement exclu de participer seul à une consolidation en France, a échoué à trouver un terrain d‘entente avec Iliad, l‘autre prétendant possible pour un rachat de Bouygues Telecom, en vue d‘élaborer une proposition commune.

“On a eu un débat avec Iliad sur la répartition des bases clients de Bouygues avec des points de convergence et des points de divergences (...) On n‘a pas trouvé une solution qui permette de ‘matcher’ les deux”, a expliqué le PDG d‘Orange.

“DISCUSSIONS À LA MARGE” AVEC SFR-NUMERICABLE

“Il y a eu un débat effectivement aussi sur les fréquences, nos amis étaient très gourmands, trop à notre goût. Tout ceci étant aussi lié au prix global qu‘ils proposaient et qui était insuffisant pour se donner une chance de déboucher sur une offre susceptible d‘être acceptée par Bouygues”, a-t-il poursuivi.

Le dirigeant a également déclaré avoir discuté à la marge avec SFR-Numericable, mais à la “marge seulement,” rappelant que les deux sociétés étaient encore au milieu de leur processus de rapprochement rendant complexes de telles discussions.

Il a aussi dit qu‘Arnaud Montebourg, le ministre de l‘Economie qui avait plaidé dernièrement pour un retour à trois acteurs sur le marché français du mobile, avait compris la décision d‘Orange sans insister.

Par ailleurs, Stéphane Richard a indiqué s‘attendre à ce qu‘une décision soit rendue vers l‘automne par l‘Autorité de la concurrence saisie par Orange pour contester l‘accord de partage de réseaux conclu entre ses concurrents Bouygues Telecom et SFR tout en restant prudent sur ses chances de succès dans ce dossier.

“Ce que je vois c‘est qu‘il y a une évolution dans le discours (...) les dernières propositions publiques que j‘ai entendues du régulateur et de l‘autorité de la concurrence sont beaucoup plus nuancées. Ils se rendent compte qu‘il y a des vraies questions qui sont soulevées et dont ils ne pourront pas faire complètement l‘économie”, a-t-il dit.

Le PDG ne souhaiterait ainsi pas forcément que l‘accord entre SFR et Bouygues Telecom soit cassé mais que les possibles effets sur la concurrence de cet accord soient bien pris en compte et qu‘ils soient corrigés.

Alexandre Boksenbaum-Granier,; édité par Marc Angrand et Marion Douet

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