24 juin 2014 / 10:06 / il y a 3 ans

Vincent Bolloré livre quelques pistes sur le nouveau Vivendi

PARIS (Reuters) - Le président du conseil de surveillance Vivendi Vincent Bolloré a levé, mardi, une petite partie du voile sur ses intentions pour le conglomérat qu‘il ambitionne de transformer en un groupe industriel intégré dans les médias.

Lors d'une assemblée générale, le président du conseil de surveillance de Vivendi, Vincent Bolloré - dont c'était la première prise de parole en public- , a levé, mardi, une partie du voile sur ses intentions pour le conglomérat. Le nouveau dirigeant ambitionne de transformer le géant français en un groupe industriel intégré dans les médias. /Photo prise le 24 juin 2014/REUTERS/Benoît Tessier

Vincent Bolloré, jusqu‘alors vice-président de Vivendi dont il est le principal actionnaire avec environ 5% du capital, a été nommé président du conseil de surveillance à l‘issue d‘une réunion de son conseil dont les membres viennent d‘être renouvelés lors d‘une assemblée générale.

“La stratégie a été fixée clairement”, a déclaré Vincent Bolloré lors de sa première prise de parole devant les actionnaires de Vivendi.

“Il s‘agit de transformer cette société qui était une holding financière en un groupe industriel intégré dans les contenus”.

Pour écrire cette nouvelle page de son histoire, Vivendi pourra compter sur une situation financière assainie, a-t-il expliqué, mais le défi n‘en reste pas moins ambitieux face à des concurrents étrangers plus puissants “à l‘affût”.

Vincent Bolloré a livré peu de détails concrets sur la manière dont il entendait mener cette stratégie, notamment sur le front des acquisitions.

Mais il a dit sa conviction que les derniers résultats en demi-teinte de la société masquaient le potentiel réel de ses trois divisions - la maison de disque Universal Music Group, le groupe de télévision Canal+ et le “Free brésilien” GVT - si elles parvenaient à unir leurs forces, ce que Vivendi n‘a jamais réussi à faire jusque-là.

“Il y a une valeur cachée, c‘est toutes les convergences, toutes les synergies qui peuvent être dégagées entre ces valeurs”, a souligné Vincent Bolloré.

Il a ainsi expliqué que Canal+, qui outre la France est également présent en Pologne, au Viêtnam et en Afrique, pourrait s‘appuyer sur Universal, “une légende de l‘Amérique”, pour se développer sur le marché anglo-saxon, “l‘endroit principal”.

GVT a déjà commencé à collaborer avec la maison de disque pour diversifier ses activités au Brésil, a-t-il souligné.

PASSAGE DE RELAIS

Les analystes se sont cependant jusque-là montrés sceptiques sur le potentiel de synergies chez Vivendi.

“Les investisseurs préfèreraient ne pas assister à un retour du vieux scénario - Vivendi en quête de synergies”, soulignait Claudio Aspesi, analyste à Bernstein, dans un entretien réalisé avant l‘AG de Vivendi.

“Par le passé, les dirigeants ont tenté de démontrer qu‘il y avait de la valeur à détenir des actifs ensemble mais les synergies opérationnelles n‘ont jamais été trouvées”.

Vincent Bolloré, qui est monté à la tribune pour répondre aux questions des actionnaires, a en revanche clairement annoncé la couleur quant au rôle actif qu‘il jouerait à Vivendi où il possède déjà un bureau.

Le futur président du directoire Arnaud de Puyfontaine n‘a pas une seule fois pris la parole lors des débats.

L‘arrivée annoncée du flamboyant entrepreneur, qui a mené par le passé plusieurs coups en Bourse, a suscité quelques rares protestations auprès des actionnaires.

“J‘assume puisque je suis allé le chercher”, a répondu l‘actuel président du conseil de surveillance Jean-René Fourtou qui a dépeint l‘homme d‘affaires avec lequel ses relations n‘ont pas toujours été au beau fixe comme “un industriel entreprenant imaginatif, tenace, qui a le sens de l‘intérêt de l‘actionnaire”.

Vincent Bolloré a pour sa part proposé de nommer Jean-René Fourtou, qui a présidé aux destinées du groupe pendant plus d‘une décennie, comme président d‘honneur de Vivendi.

Il a également montré patte blanche en précisant que le conseil proposerait que sa rémunération soit fixée à 400.000 euros, contre 700.000 euros pour son prédécesseur, et assortie de conditions de performances.

“Je ne suis pas la uniquement que pour prendre de l’argent”, a-t-il assuré.

Vers 14h35, le titre Vivendi progressait de 0,5% à 19,2 euros alors que l‘indice CAC 40 progressait de 0,2%.

Edité par Jean-Michel Bélot

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