5 juin 2014 / 06:28 / il y a 3 ans

Hollande demande le respect des Etats-Unis dans le dossier BNP

BRUXELLES (Reuters) - François Hollande a estimé mercredi que des sanctions disproportionnées de la justice américaine contre la banque française BNP Paribas pourraient avoir des conséquences sur les relations entre la France et les Etats-Unis.

François Hollande a estimé mercredi, en marge du sommet du G7 à Bruxelles, que des sanctions disproportionnées de la justice américaine contre la banque française BNP Paribas pourraient avoir des conséquences sur les relations entre la France et les Etats-Unis. /Photo d'archives/REUTERS/Jacky Naegelen

“Je suis également informé de ce qu‘est la justice américaine, je la respecte, elle est indépendante, mais en même temps nous avons des relations entre les Etats-Unis et la France, un partenariat, et rien ne doit pouvoir le compromettre”, a déclaré le président français en marge du sommet du G7 à Bruxelles.

“Nous sommes aussi engagés dans d‘autres discussions et nous attendons la réciprocité et le respect”, a dit le chef de l‘Etat, interrogé sur un possible impact des déboires de la banque française sur la négociation du traité de libre-échange entre l‘Union européenne et les Etats-Unis.

“Nous sommes dans des négociations, c‘est vrai, nous avons de bons rapports avec les Etats-Unis et nous souhaitons les garder”, a ajouté François Hollande qui s‘entretiendra de cette question avec Barack Obama ce jeudi soir à Paris lors d‘un dîner de travail.

Selon des sources proches du dossier, la pénalité qui vise BNP pourrait atteindre 10 milliards de dollars (7,3 milliards d‘euros) et la banque pourrait aussi se voir interdire temporairement de régler des transactions en dollars, une décision qui inquiète particulièrement les autorités françaises.

François Hollande n‘a pas évoqué spécifiquement la nature des sanctions qui menacent la banque mais a averti qu‘elles pourraient avoir des “conséquences économiques et financières sur l‘ensemble de la zone euro”.

BNP Paribas indique pour l‘heure être en discussions avec les autorités américaines au sujet de “certains paiements en dollars US impliquant des Etats ou des personnes morales ou physiques qui pouvaient être soumises à des sanctions économiques édictées par les lois des Etats-Unis”.

La banque a déclaré que la pénalité qu’elle pourrait devoir payer pourrait “excéder très significativement” la provision de 1,1 milliard  de dollars déjà constituée dans ses comptes fin 2013.

Elle a également précisé avoir fait évoluer son dispositif de contrôle afin de s’assurer qu’une telle situation ne se reproduise pas.

Selon le Wall Street Journal, la banque française songerait en outre à se séparer de certains de ses dirigeants pour apaiser la justice américaine.

Julien Ponthus, édité par Patrick Vignal

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