19 mai 2014 / 10:39 / il y a 3 ans

Dassault lance le "8X", son 2e nouveau jet depuis l'automne

Dassault Aviation a dévoilé au salon de l'aviation d'affaires Ebace, à Genève, le 8X, version améliorée du 7X, son avion le plus haut-de-gamme. Ce nouveau modèle est capable de voler 14 heures sans escale sur près de 12.000 kilomètres, soit la plus longue portée de sa gamme. /Photo prise le 10 janvier 2014/REUTERS/Benoît Tessier

GENEVE (Reuters) - Dassault Aviation a dévoilé lundi le 8X, version améliorée du 7X, son avion le plus haut-de-gamme, espérant se renforcer sur un segment de marché à la fois prometteur à moyen terme et soumis à la concurrence féroce de constructeurs nord-américains performants et aidés par la faiblesse du dollar.

L‘avionneur tricolore, également fabricant de l‘avion de combat Rafale, a dégainé au salon de l‘aviation d‘affaires Ebace à Genève ce nouveau modèle capable de voler 14 heures sans escale sur près de 12.000 kilomètres, soit la plus longue portée de sa gamme, quelques mois après avoir lancé le 5X, doté, lui de la plus grande cabine qu‘il ait jamais construite.

Dassault Aviation a investi un montant cumulé de 1,5 milliard d‘euros dans ces deux modèles prévus pour être disponibles en 2017, pariant sur une reprise d‘un secteur qui ne s‘est pas encore vraiment remis de la crise de 2008, malgré le dynamisme des marchés à forte croissance comme la Chine ou le Brésil.

“Nous avons une conviction totale, forte, à 100%, que le marché va reprendre”, a assuré le PDG Eric Trappier à des journalistes. “Nous avons donc anticipé la sortie de crise”.

Dassault Aviation a commencé à assembler des morceaux des deux avions dans ses usines, notamment à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), et compte démarrer ses vols d‘essais à la fin du premier trimestre 2015.

POUR UN PEU PLUS DE 50 MILLIONS DE DOLLARS

Le prix de lancement du 8X, qui pourra transporter 19 passagers, sera supérieur de 10% à celui du 7X, le “best seller” de Dassault Aviation qui se vend à un peu moins de 50 millions de dollars. Le 5X, lui, est proposé à 45 millions.

L‘arrivée du 8X et du 5X, qui fait l‘objet selon Dassault de solides commandes, permettent d‘attendre plus sereinement un “grand démarrage du marché” sur lequel sont aussi positionnés l‘américain Gulfstream, filiale de General Dynamics, et le canadien Bombardier, qui bénéficient de la faiblesse du dollar contre l‘euro.

“Pour être compétitif face à nos concurrents, qui sont américains, nous devons déjà compenser le handicap d‘une parité euro/dollar très défavorable”, a dit à Reuters Eric Trappier. “Les Etats-Unis d‘Amérique sont pour moi un pays ‘low cost’ - sauf qu‘ils ont la technologie.”

Dassault Aviation investit d‘ailleurs 60 millions de dollars dans son usine américaine de Little Rock (Arkansas), spécialisée dans l‘aménagement intérieur des avions, afin de porter sa capacité de 70 à au moins 100 avions pour accompagner l‘arrivée des 5X et 8X dans sa gamme.

Le 8X ne présente pas à première vue de différence flagrante avec le 7X - un hublot de plus. Mais Dassault met en avant les coûts d‘exploitation réduits du 8X comparé à ses concurrents frontaux, le Gulfstream 550 et le Global 6000 de Bombardier grâce à une nouvelle voilure, plus aérodynamique, et à un moteur plus puissant produit par l‘américain Pratt & Whitney, filiale de United Technologies.

Dassault Aviation a consenti un gros effort d‘autofinancement pour compléter sa gamme, portée de quatre à six modèles. (voir)

“Ceci nous est rendu possible parce que nous sommes une société profitable, ce qui permet de réinvestir, et que nos actionnaires ne demandent pas un retour (...) important”, a souligné Eric Trappier.

Dassault Aviation, qui a dégagé une marge nette de 10,6% en 2013, a réduit son dividende à 8,90 euros par action contre 9,30 euros pour 2012. La part de son chiffre d‘affaires réinvestie dans la recherche et développement a parallèlement augmenté à 10,5% l‘an passé.

Airbus Group, ex-EADS, détient 46% de Dassault Aviation, dont l‘actionnaire majoritaire est le Groupe industriel Marcel Dassault (GIMD), la holding familiale, avec 50,55%.

Edité par Jean-Michel Bélot

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