14 mai 2014 / 22:19 / il y a 3 ans

Alstom: le nouveau décret obligera à négocier avec l'Etat

Le décret imposant aux groupes étrangers d'obtenir l'autorisation de l'Etat pour prendre le contrôle d'entreprises stratégiques françaises obligera les candidats à l'achat de la branche énergie d'Alstom à négocier avec lui. /Photo prise le 27 avril 2014/Stéphane Mahé

PARIS (Reuters) - Le décret imposant aux groupes étrangers d'obtenir l'autorisation de l'Etat pour prendre le contrôle d'entreprises stratégiques françaises obligera les candidats à l'achat de la branche énergie d'Alstom à négocier avec lui, a-t-on déclaré au ministère de l'Economie.

Publié jeudi, le décret porte sur les secteurs de l'énergie, de l'eau, des transports, des télécoms et de la santé. Il ne vise pas à bloquer le rachat par General Electric ou Siemens des activités énergie d'Alstom, a-t-on précisé.

"Avec ce décret, on est armés pour continuer les discussions et les négociations vis-à-vis des deux sociétés qui ont exprimé leur intérêt", a déclaré une source proche du ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg.

L'autorisation d'une telle prise de contrôle devra être délivrée par le ministre de l'Economie. Un refus empêcherait un rachat et pourrait être contesté devant le Conseil d'Etat.

"Ce texte va nous permettre d'avoir un dialogue et une négociation plus sereine avec GE et Siemens et de faire entendre nos exigences autrement", a-t-on ajouté.

L'arme du refus "n'a pas forcément vocation à être utilisée" mais "s'il n'y avait pas ce poids-là, il n'y aurait pas de place autour de la table".

Alors que la piste d'une entrée de l'Etat au capital d'Alstom a été évoquée de source proche des discussions, notamment pour accompagner une solution avec Siemens, un tel projet n'est "pas à l'ordre du jour", a-t-on ajouté. "On est sur un chemin de discussions qui ne le prévoit pas à ce stade."

Des "réflexions" sont en cours pour faire entrer des investisseurs français dans les activités d'éoliennes en mer et d'hydroélectricité d'Alstom en cas de rachat de sa branche énergie "mais il est trop tôt pour en parler", a-t-on encore expliqué.

"Toute la subtilité des discussions, c'est qu'on a aujourd'hui deux offres sur la table qui sont en concurrence manifeste, ce qui d'une certaine manière peut être la chance d'Alstom", a poursuivi la source.

"C'est la position du gouvernement : tirer le meilleur parti pour notre base industrielle de façon durable des alliances qui peuvent naître."

General Electric a présenté début mai un projet d'acquisition des activités énergie pour 12,35 milliards d'euros, qui a la faveur du groupe français mais a été jugé inacceptable par François Hollande. Alstom s'est donné jusqu'à la fin du mois pour prendre sa décision.

Benjamin Mallet et Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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