12 mai 2014 / 15:09 / il y a 3 ans

Pfizer défend son OPA avant de répondre au parlement britannique

People walk past the Pfizer World headquarters in New York, February 3, 2010. Pfizer, the world's largest drugmaker, projected 2010 earnings below analysts' average forecast, saying the strengthening dollar would crimp earnings.Brendan McDermid (UNITED STATES - Tags: BUSINESS SOCIETY) - RTR29SXY

LONDRES (Reuters) - Le groupe pharmaceutique américain Pfizer a défendu lundi la logique économique de son projet d'OPA sur son homologue britannique AstraZeneca, s'interrogeant sur la capacité de ce dernier à rester indépendant encore très longtemps.

Pfizer a également affirmé que ses engagements d'achever l'installation d'un nouveau centre de recherche d'AstraZeneca à Cambridge, de ne pas fermer l'usine de Macclesfield, dans le nord-ouest de l'Angleterre, et de localiser 20% de ses effectifs de recherche en Grande-Bretagne en cas de succès de son OPA étaient légalement contraignants.

Le projet d'OPA de 106 milliards de dollars (76,6 milliards d'euros) de Pfizer serait le plus important jamais monté sur une entreprise britannique. Il suscite l'opposition de nombre de scientifiques et de politiciens, et d'AstraZeneca lui-même. Le Parlement britannique s'est emparé d'un dossier qui ne cesse de fairet les grandes lignes à travers les médias britanniques.

Pfizer affirme qu'AstraZeneca, le deuxième pharmacien britannique, n'a pas les reins assez solides financièrement pour tirer le meilleur parti de ses traitements expérimentaux.

"La tombée prochaine de brevets dans le domaine public et un manque à gagner à court terme remettent en cause sa capacité à exploiter pleinement une gamme très prometteuse", explique-t-il dans un document soumis à une commission parlementaire.

Ian Read, le patron de Pfizer d'origine écossaise, sera soumis mardi au feu roulant des parlementaires britanniques sur une opération qui semble pour une bonne part motivée par des considérations fiscales.

Les parlementaires interrogeront aussi le patron français d'AstraZeneca Pascal Soriot et le ministre des entreprises Vince Cable. Les deux directeurs généraux seront à nouveau interrogés le 14 mai par une autre commission parlementaire, ainsi que le ministre britannique des sciences David Willetts.

Ce dernier devra donner son avis sur les aspects scientifiques de l'opération, Pfizer ayant dit lundi qu'il voulait bâtir une "pépinière scientifique basée au Royaume-Uni".

Les engagements pris par Pfizer vis-à-vis des emplois britanniques suscitent un profond scepticisme, en raison de son passé en la matière et aussi du fait qu'il ait dit lundi que ses engagements pourraient être ajustés si les circonstances évoluaient de manière significative.

Il avait déjà mauvaise réputation en Grande-Bretagne après avoir mis une terme à la plus grande partie des recherches de son site de Sandwich, dans le sud de l'Angleterre, où le Viagra fut inventé, avec 1.700 emplois détruits à la clé.

DIFFICILE D'AUGMENTER LA PART DU CASH

Pourtant, le laboratoire américain a aussi déclaré: "pour assurer que nos engagements sont légalement contraignants, nous les avons inclus dans notre proposition d'offre annoncée, en pleine connaissance du fait qu'ils seraient contraignants au regard du droit anglais".

Le Premier ministre David Cameron a dit dimanche que le gouvernement avait bien progressé en vue d'obtenir de Pfizer des garanties en matière de recherche et d'emploi, encore que les dernières déclarations du pharmacien américain ne contiennent rien de neuf.

On pense généralement que Pfizer fera une nouvelle offre cette semaine mais des sources proches du dossier pensent qu'elle attendra après les auditions parlementaires.

La stratégie d'indépendance de Pascal Soriot lui a valu le ralliement d'actionnaires de poids mais d'autres ont dit à Reuters qu'ils souhaiteraient le voir engager le dialogue avec Pfizer si ce dernier améliorait son offre.

Bon nombre d'analystes pensent que Pfizer devra non seulement augmenter son prix, le portant de 50 à 55 livres environ par action, mais aussi augmenter la proportion de cash de son offre, laquelle est de 32% actuellement.

Cela étant, Pfizer n'a pas les coudées franches pour augmenter le part du numéraire car pour recueillir les avantages fiscaux d'une domiciliation en Grande-Bretagne, il doit faire en sorte que 20% au moins de l'entité issue de la fusion soit propriété britannique.

Suivant le droit britannique, Pfizer a jusqu'au 26 mai pour formuler une offre en bonne et due forme ou se démettre.

Le recul de l'action Pfizer à l'issue de la publication des résultats trimestriels la semaine dernière a réduit la valeur réelle de l'offre du 2 mai à un peu moins de 48 livres. L'action AstraZeneca se traite en hausse de 0,25% à 46,11 livres en fin d'après-midi.

Marc Angrand et Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny

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