26 avril 2014 / 13:28 / il y a 3 ans

Arnaud Montebourg va rencontrer GE, offre imminente sur Alstom

Arnaud Montebourg doit rencontrer dimanche le président de General Electric alors que le conseil d'administration d'Alstom se réunirait le même jour pour discuter d'une offre de rachat de 13 milliards de dollars (9,4 milliards d'euros) de ses activités dans l'énergie par le géant américain. /Photo prise le 26 mars 2014/Charles Platiau

PARIS (Reuters) - Le président de General Electric, Jeffrey Immelt, est attendu dimanche à Paris où il devrait rencontrer Arnaud Montebourg, au moment où le géant américain semble en passe de lancer une offre sur le pôle énergie d'Alstom.

Un conseil d'administration du groupe français est également prévu dimanche pour étudier cette offre d'un montant de 13 milliards de dollars (9,4 milliards d'euros), a-t-on appris de sources proches du dossier.

"Ce n'est pas encore certain mais c'est très probable", a-t-on déclaré au cabinet du ministre de l'Economie et du Redressement productif à propos d'une rencontre avec le président de GE.

Un rendez-vous avec François Hollande, annoncé par une information de presse, a été démenti à l'Elysée. Quant à une éventuelle entrevue avec Manuel Valls, elle paraît incertaine, le Premier ministre étant en déplacement à Rome pour assister à la canonisation des papes Jean XXIII et Jean Paul II.

"Le Premier ministre suit de près le dossier. Quant aux contacts, il a chargé Arnaud Montebourg d'assurer les premiers échanges", dit-on à Matignon.

Le ministre de l'Economie et du Redressement productif, ardent promoteur du patriotisme économique, a indiqué vendredi qu'il disposait d'un "certain nombre d'autres solutions" qu'un accord avec GE pour éviter un démantèlement d'Alstom, fleuron de l'industrie française en difficulté.

Le Figaro rapporte samedi soir sur son site internet, sans citer de source, que le gouvernement a demandé à l'allemand Siemens de plancher sur le sujet. Le grand rival d'Alstom s'est refusé à tout commentaire et le ministère de l'Economie n'a pu être contacté dans l'immédiat pour commenter l'information.

Arnaud Montebourg a estimé vendredi que l'affaire devait être traitée "avec calme et sérénité", mais GE comme Alstom sont apparemment décidés à aller vite.

"TOUT EST PRESQUE PRÊT"

"Le dossier est si avancé qu'il pourrait être accepté par un conseil d'administration d'Alstom convoqué ce dimanche en fin de journée", a indiqué Le Figaro. Le Monde écrit de même que le conseil de dimanche "pourrait s'avérer décisif".

"Les discussions avancent à grands pas, la structure du 'deal' est définie et tout est presque prêt", déclarait vendredi une source industrielle à Reuters.

La branche Energie d'Alstom, qui représente près de 70% de son chiffre d'affaires, regroupe des activités telles que l'éolien, les turbines pour centrales électriques, les systèmes de transmission et de distribution d'énergie. Le pôle Alstom Transport, qui fabrique le TGV, ne serait pas concerné.

Le Monde croit savoir que le directeur général de l'Agence des participations de l'Etat, David Azéma, tenterait en urgence de réactiver des pistes explorées ces derniers mois par Bercy, qui s'inquiète depuis un certain temps de la situation d'Alstom.

Parmi celles-ci, une alliance ou une fusion de certaines activités avec son grand rival Siemens donnerait corps à cet "Airbus franco-allemand de l'énergie" que François Hollande a appelé de ses voeux lors de sa conférence de presse de janvier.

Mais "la solution Siemens a été rejetée il y a longtemps, notamment parce qu’elle entraînerait un bain de sang social et serait donc inacceptable pour le gouvernement français", a souligné une source industrielle au fait du dossier.

Parmi les autres pistes, l'activité "réseaux et distribution d'électricité", qui représente 19% des 20,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires d'Alstom, pourrait être proposée à Schneider Electric ou la division éoliennes off-shore à Areva .

CHEVÈNEMENT ÉCRIT À VALLS

En quête de solutions, le gouvernement français devrait chercher parallèlement à obtenir des assurances de GE sur des sujets comme l'emploi, la localisation des activités et le maintien des centres de décision.

"Le gouvernement, dans un jeu de négociation classique, va demander des engagements à GE et inversement, GE va essayer de ne pas trop s’avancer", prédit une source.

L'affaire pourrait prendre une tournure politique. Le sénateur du Territoire de Belfort, Jean-Pierre Chevènement, a écrit à Manuel Valls pour lui demander "de bien vouloir faire valoir aux actionnaires et aux dirigeants des groupes concernés que ce transfert de propriété est hors de question".

Outre la question de la perte par la France d'un nouveau centre de décision, l'ancien ministre estime que la reprise de la branche énergie d’Alstom "porterait un coup fatal à l’indépendance de notre filière électronucléaire".

Le député UMP des Yvelines Jacques Myard a déclaré de son côté dans un communiqué qu'"il n'est pas acceptable que ce fleuron de notre industrie passe sous contrôle américain".

"Le gouvernement doit mettre son veto à ce projet néfaste, mais il doit aussi se donner les moyens de contrer ces ventes à l'encan au gré des marchés qui font fi des intérêts nationaux et de notre avenir", a-t-il ajouté.

Yann Le Guernigou, avec Elizabeth Pineau, Benjamin Mallet et Matthieu Protard; édité par Henri-Pierre André

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below