10 avril 2014 / 08:09 / dans 4 ans

L'Autorité de la concurrence enquête sur Roche et Novartis

PARIS (Reuters) - L‘Autorité de la concurrence française enquête sur les laboratoires suisses Roche et Novartis, soupçonnés d‘entente illicite, a-t-on appris jeudi auprès des deux groupes pharmaceutiques.

L'Autorité de la concurrence française enquête sur les laboratoires suisses Roche et Novartis, soupçonnés d'entente illicite. /Photo d'archives/REUTERS/Arnd Wiegmann

Dans un communiqué publié mercredi, l‘Autorité indiquait avoir mené des perquisitions mardi dans les locaux d‘entreprises “suspectées d‘avoir mis en oeuvre des pratiques anticoncurrentielles dans le secteur de la commercialisation des traitements” de certaines maladies de l‘oeil liées à l‘âge (dégénérescence maculaire liée à l‘âge, DMLA).

Elle ne nommait toutefois pas les deux entreprises, soulignant qu‘à ce stade, “ces interventions ne préjugent bien évidemment pas de (leur) culpabilité.”

“Nous confirmons que l‘Autorité de la concurrence française a lancé une investigation sur les produits Avastin (laboratoire Roche) et Lucentis (laboratoire Novartis)”, a déclaré jeudi à Reuters un porte-parole de Roche.

Un porte-parole de Novartis a par ailleurs indiqué que la compagnie était “au courant de l‘enquête menée par l‘Autorité de la concurrence”.

Les deux groupes ont indiqué “coopérer” avec les autorités françaises dans le cadre de cette enquête.

Novartis est actionnaire de Roche.

L‘Autorité de la concurrence italienne a infligé début mars aux groupes pharmaceutiques Novartis et Roche une amende de 182,5 millions d‘euros pour avoir tenté, selon elle, d‘empêcher l‘usage du traitement oncologique Avastin pour soigner une grave maladie oculaire.

Selon le régulateur italien, les deux groupes bâlois se sont entendus pour empêcher la distribution de l‘Avastin de Roche comme traitement de la dégénérescence maculaire liée à l‘âge en faveur du Lucentis de Novartis, un médicament plus cher.

Novartis et Roche ont fermement rejeté les accusations du régulateur et ont annoncé leur intention de faire appel.

Le parquet de Rome a également ouvert une enquête préliminaire à ce sujet, ont dit des sources judiciaires à Reuters. Il soupçonne les deux groupes d‘escroquerie et de manipulation du marché des médicaments.

Chine Labbé, avec Andrew Callus à Paris et Caroline Copley à Zurich, édité par Jean-Michel Bélot

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