8 avril 2014 / 06:33 / il y a 3 ans

Steria et Sopra veulent créer le nouveau n°3 français des SSII

Steria et Sopra étudient un projet de rapprochement qui donnerait naissance à la troisième société de services informatiques française. Le groupe totalisera un chiffre d'affaires combiné de 3,1 milliards d'euros avec plus de 35.000 salariés dans 24 pays. /Photo d'archives/REUTERS/Lisi Niesner

PARIS (Reuters) - Steria et Sopra ont confirmé mardi étudier un projet de rapprochement qui donnerait naissance à un nouveau numéro trois français des services informatiques (SSII) avec un chiffre d‘affaires cumulé de 3,1 milliards d‘euros.

Les deux groupes, qui totaliseront 35.000 salariés dans 24 pays, prévoient de dégager 62 millions d‘euros de synergies par an à partir de 2017 dans le cadre de leur rapprochement.

L‘opération prendra la forme d‘une offre publique d‘échange (OPE) amicale de Sopra sur les actions de Steria sur la base d‘une action Sopra pour quatre actions Steria.

Réalisée sur la base d‘un prix de 22 euros par action Steria, l‘offre, qui devrait être déposée en mai et s‘achever fin juillet, valorise Steria à quelque 730 millions d‘euros.

Elle représente une prime de 40% sur le dernier cours de clôture de Steria (+49% sur les trois derniers mois).

Sur la base des chiffres d‘affaires dégagés en 2013, la nouvelle société deviendrait le numéro trois français des SSII derrière Capgemini (10 milliards de CA en 2013) et Atos (8,6 milliards) et se classerait parmi les 10 premières entreprises du secteur au niveau européen.

“L‘ambition est de former un groupe capable de générer une croissance organique forte avec pour objectif d‘atteindre un chiffre d‘affaires supérieur à 4 milliards d‘euros et d‘améliorer progressivement la marge opérationnelle d‘activité pour s‘approcher de 10%”, indiquent dans un communiqué les groupes, qui auront chacun quatre administrateurs au conseil.

Le nouvel ensemble, qui prendra le nom de Sopra-Steria Group, sera présidé par Pierre Pasquier, actuel président et fondateur de Sopra, tandis que François Enaud, actuel gérant exécutif de Steria, assurera la direction générale.

PACTE D‘ACTIONNAIRES

Les deux entreprises réfléchiront à un éventuel changement de nom dans un an.

“Une telle opération aurait le mérite de mettre en lumière le besoin impétueux de consolidation du marché des services IT, et elle pourrait inciter d‘autres acteurs européens de taille moyenne (...) à se rapprocher entre eux ou à s‘adosser à des acteurs internationaux”, soulignent les analystes d‘Aurel BGC, dans une note de recherche.

“Le gros (des) synergies de coûts devrait s‘observer en France où les deux groupes affichent quelques redondances”, poursuivent-ils.

Suspendus depuis lundi matin, les titres Sopra et Steria reprendront leur cotation mercredi matin à la Bourse de Paris, a fait savoir une porte-parole des deux SSII.

L‘action Sopra a clôturé vendredi soir à 86,16 euros et Steria à 15,74 euros. A ces derniers cours, le nouvel ensemble Sopra-Steria affiche une capitalisation boursière combinée de 1,5 milliard d‘euros.

Le capital sera également verrouillé par un pacte liant les actionnaires de référence des deux groupes (39% du capital).

Ce rapprochement devrait permettre à la nouvelle société de bénéficier davantage de la croissance du numérique et de profiter des complémentarités géographiques de Sopra, bien ancrée en France et de Steria, très présente au Royaume-Uni et le reste de l‘Europe, ainsi qu‘en Asie.

Jean-Michel Bélot, Matthieu Protard et Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Benjamin Mallet

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