7 avril 2014 / 10:25 / il y a 3 ans

Vivendi et Numericable espèrent aboutir fin 2014

Patrick Drahi, le président d'Altice dont la filiale Numericable espère boucler le rachat de la filiale télécoms de Vivendi SFR au quatrième trimestre de cette année. Son offre a été retenue samedi par le conseil de surveillance du conglomérat. Numericable prévoit d'engager mardi les consultations avec les organisations représentatives du personnel. /Photo prise le 7 avril 2014/Philippe Wojazer

PARIS (Reuters) - Vivendi et Numericable espèrent boucler la cession de l'opérateur SFR d'ici la fin de l'année dans le cadre d'une opération à 17 milliards d'euros vue comme une bonne affaire pour le géant des télécoms et du divertissement.

Le conglomérat a annoncé samedi qu'il retenait l'offre de câblo-opérateur soutenu par son actionnaire majoritaire Patrick Drahi, mettant fin à un feuilleton qui a tenu en haleine le monde des télécoms depuis plus d'un mois.

"C'est le choix logique qui l'a emporté", a estimé Patrick Drahi lors d'une conférence de presse organisée au même endroit que le premier point presse qui avait suivi l'entrée en négociations exclusives avec Vivendi.

Dans les jours qui suivaient, Bouygues surenchérissait, déclenchant un bras de fer qui a finalement tourné à l'avantage du câblo-opérateur.

"Ce qui nous a fait gagner, je crois, c'est la préparation", a-t-il dit, en se livrant à une métaphore footballistique. "Si vous allez à la finale de Coupe du monde en sélectionnant l'équipe deux semaines avant le coup d'envoi c'est difficile de gagner. Moi, mon équipe ça fait sept ans qu'elle tourne sur ce projet."

L'entrepreneur milliardaire a indiqué qu'il rencontrerait mardi le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg qui avait affiché publiquement son soutien à l'offre concurrente de Bouygues. Le ministre a prévenu dès samedi qu'il se montrerait vigilant sur les conséquences de l'opération.

Numericable a dit tabler sur une clôture de l'opération au quatrième trimestre de 2014, estimant que son examen devant les autorités de concurrence ne devrait pas poser de problème particulier, ce qui a été d'ailleurs été l'un de ses principaux points forts pour convaincre le conseil de Vivendi.

Lors d'une réunion téléphonique avec des analystes, le directeur financier de Vivendi Hervé Philippe a lui évoqué une échéance à fin 2014, voire début 2015 si l'examen prend plus de temps que prévu, ce qui devrait permettre au conglomérat "de franchir une étape majeure dans son recentrage sur les médias et les contenus".

A 16h05, l'action de Numericable bondissait de 14,73% à 30,33 euros. A contrario, Bouygues cédait 5,48% à 29,14 euros et Free (Iliad), qui aurait pu récupérer le réseau et des fréquences mobiles de Bouygues Telecom s'il s'était marié avec SFR, perdait 4,93% à 199,70 euros.

LE RETOUR AUX ACTIONNAIRES SE PRÉCISE

Vivendi, de son côté, gagnait 1% à 20,75 euros, le marché estimant que le conglomérat, dont le projet original était de mettre en Bourse SFR, a réussi une bonne affaire en faisant monter les enchères entre Bouygues et Numericable.

Le conglomérat recevra 13,5 milliards d'euros en numéraire, 20% de l'entité SFR-Numericable ainsi qu'un complément de prix éventuel de 750 millions conditionnée aux performances futures du duo, soit au total quelque 17 milliards d'euros.

"Et le vainqueur est Vivendi", estiment les analystes d'Exane BNP Paribas dans une note. "Dans l'ensemble, nous pensons que Vivendi a fait du bon travail en vendant SFR pour une valeur de près de 16 milliards", ajoutent les analystes qui déduisent le complément de prix et ramènent à 5 milliards les synergies potentielles contre dix milliards prévus.

"Cela correspond à 7,5 fois l'Ebitda 2015 avant synergies. C'est un milliard de plus que nos estimations après l'offre initiale d'Altice et environ quatre milliards d'euros de plus que notre valorisation de l'activité seule".

La cession de SFR constitue le dernier grand acte de la revue de portefeuille engagée au printemps 2012 par le conglomérat, qui à coup de cessions, a fait fondre sa dette et devrait se retrouver avec une trésorerie de près de 5 milliards.

Une partie de cet argent sera redistribué aux actionnaires sous la forme de rachats d'actions ou d'un dividende exceptionnel, a déclaré Hervé Philippe, faisant échos aux déclarations la veille du président du conseil de Vivendi.

Dans un entretien aux Echos, Jean-René Fourtou a déclaré que des précisions seraient apportées lors de la publication des résolutions de l'assemblée générale du 24 juin.

Le conglomérat prévoit également d'utiliser une partie des fonds pour rembourser la dette et réaliser des acquisitions destinées à conforter les ambitions du nouveau Vivendi.

"Clairement, notre politique est d'être en position d'investir. Le but est de développer Vivendi dans les médias et les contenus et de faire certains investissements", a expliqué le directeur financier.

Edité par Jean-Michel Bélot

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