4 avril 2014 / 19:28 / il y a 3 ans

Suspense sur SFR, Vivendi va continuer à étudier les offres

L'avenir de SFR était toujours en suspens vendredi soir, sa maison mère Vivendi ayant annoncé dans la soirée qu'elle poursuivrait durant le week-end l'examen des offres de reprise présentées par Numericable et son rival Bouygues. /Photo prise le 14 mars 2014/Charles Platiau

PARIS (Reuters) - L'avenir de SFR était toujours en suspens vendredi soir, sa maison mère Vivendi ayant annoncé dans la soirée qu'elle poursuivrait durant le week-end l'examen des offres de reprise présentées par Numericable et son rival Bouygues.

"Les travaux du conseil continuent pendant le week-end", a dit une porte-parole de Vivendi, sans plus de détails.

Les treize membres votants du conseil de surveillance de Vivendi ont commencé à se réunir vendredi en milieu d'après-midi. Ils doivent décider si le groupe scelle un accord définitif avec le câblo-opérateur Numericable dans une transaction de quelque 15 milliards d'euros.

Bouygues a cependant dégainé vendredi matin une nouvelle offre - sa quatrième proposition - dans l'espoir de revenir dans le jeu. Avant ce rebondissement, Numericable, en négociations exclusives avec Vivendi depuis trois semaines, tenait la corde pour remporter la bataille, selon deux sources proches du dossier.

Un porte-parole d'Altice, maison mère de Numericable, s'est refusé à tout commentaire vendredi soir.

Bouygues a notamment surenchéri à deux reprises depuis l'entrée de Numericable en négociations exclusives le 14 mars.

"Cette dernière offre de Bouygues ne change rien. Elle n'est même pas une amélioration de l'offre précédente quant au regard de la valorisation globale de SFR", déclarait dans l'après-midi un porte-parole d'Altice. "Cette dernière manoeuvre ne fait que signaler l'hostilité dans laquelle Bouygues s'est enfermé."

Pour Claudio Aspesi, analyste à Bernstein Research, les deux offres en lice restent au final peu éloignées en termes de valorisation totale.

"Aucun des candidats n'est arrivé avec quelque chose qui a tué le match", a-t-il expliqué. "Les investisseurs s'attendaient à ce que cette bataille des offres conduise à une réévaluation des valorisations. Au lieu de cela, il y a juste eu des changements de la répartition du cash et de la participation".

"Enfin une offre cash crédible de la part de Bouygues", estimaient quant à eux les analystes de Jefferies. "Bouygues a fait en sorte que Vivendi ne puisse pas se précipiter pour accepter l'offre de Numericable."

Vivendi, ajoutaient-ils, devrait inviter les candidats à soumettre leurs dernières propositions puis solliciter le feu vert de ses actionnaires pour se protéger de recours probables du candidat qui ne sera pas retenu.

Selon deux sources au fait du dossier, le dirigeant d'Altice Patrick Drahi, dont l'offre expirait ce vendredi, s'est rendu chez Vivendi dans la journée.

DERNIÈRE LIGNE DROITE

Bouygues, qui a bataillé pour rester dans la course, a tenté le tout pour le tout en remettant vendredi 1,85 milliard d'euros au pot pour porter à 15 milliards le volet en numéraire de son offre grâce au soutien de nouveaux partenaires.

Le groupe, qui avait déjà enrôlé la Caisse des dépôts ou encore la famille Pinault, a également obtenu l'implication entre autres de l'assureur Axa, de la famille Dassault et du fonds souverain de Singapour.

Vivendi détiendrait 10% du nouvel ensemble constitué de Bouygues Telecom-SFR, représentant une valeur d'un milliard d'euros avant synergies.

La nouvelle offre valorise SFR à 16 milliards d'euros avant synergies et en excluant un éventuel complément de prix d'un demi-million d'euros que Bouygues se dit prêt à verser.

La dernière proposition connue de Numericable - 11,75 milliards d'euros en cash et une participation de 32% pour Vivendi - valorise, elle, l'opérateur à 15,3 milliards d'euros, selon deux sources au fait du dossier.

Vivendi est depuis le début préoccupé par les risques d'obstacles réglementaires et les risques d'exécution que comporte l'offre de Bouygues, qui conduirait le marché français de la téléphonie mobile à revenir à trois acteurs contre quatre actuellement, expliquent des sources proches des discussions.

Vivendi, qui veut recentrer ses activités sur les médias, est aussi plus enclin à signer un accord avec Numericable dont l'offre apporte au conglomérat une sortie plus rapide des télécoms, soulignent encore ces sources.

En Bourse, Bouygues a clôturé sur un gain de 0,64%. Numericable a cédé 5,25%.

La vente de SFR va modifier le paysage du marché français des télécoms fragilisé par deux années de guerre des prix dans la foulée de l'irruption de Free (Iliad) dans la téléphonie mobile.

Pour Vivendi, la vente de SFR, qui représente plus de la moitié de ses revenus et de ses bénéfices, constituera le dernier acte majeur d'une revue de portefeuille entamée en 2012 et qui doit aboutir à un recentrage du conglomérat sur les médias et les contenus.

Avec Sophie Sassard, Matthieu Protard et Dominique Rodriguez

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